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Projet de loi mal foutu

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Il y a ceux qui ont érigé la «libaaarté» d’expression en religion. On les retrouve derrière des micros de radio et parmi les humoristes de bas de gamme, pour qui elle permettrait de dire n’importe quoi sur n’importe qui.

Il y a, à l’inverse, de véritables experts de l’application de ce précieux droit, comme le professeur et chroniqueur Pierre Trudel de l’Université de Montréal.

Le professeur Trudel considérait que, telle que rédigée, la partie 1 du projet de loi 59 de la ministre Stéphanie Vallée constituait une très grave menace à la liberté d’expression.

«Tout propos controversé est à risque d’être l’objet de plaintes de la part de ceux qui confondent le propos qui leur déplaît et celui qui est vraiment de nature à provoquer violence et haine», écrivait-il il y a quelques jours.

En somme, la porte était ouverte à quiconque ressentait un «inconfort» devant des propos qu’il considérait hargneux ou susceptibles d’inciter à la violence. «Rien pour baliser l’interdit!» expliquait-il.

Victoire pour Maltais

La ministre de la Justice a retiré mercredi de son projet de loi le chapitre sur les propos haineux, dénoncé avec une belle détermination par la péquiste Agnès Maltais.

Dans le débat à Ottawa sur la version fédérale du projet de loi Mourir dans la dignité, un sénateur a ­jeté: «Vaut mieux pas de loi qu’un mauvais projet de loi.»

C’était le cas pour le projet de loi 59.

Improvisation

Il est par contre très inquiétant qu’un projet de loi aussi mal fignolé ait été déposé, dans un champ aussi sensible que les droits et libertés.

Il a été improvisé, il y a un an, dans le contexte de la radicalisation de jeunes Québécois attirés par le djihad et fascinés par la lutte armée à laquelle ils étaient conviés par des indésirables. La conjoncture a été mauvaise conseillère. Le gouvernement devra se reprendre.