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Une Fête-Dieu grandiose à Griffintown

1956

Avant Après
Photo courtoisie de Claude et Lise Mercier, La Fête-Dieu à Griffintown au coin Ottawa et Colborne vers 1956.
Photo Journal de Montréal, Chantal Poirier

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Les Mercier racontent

Photo courtoisie de Claude et Lise Mercier, La Fête-Dieu à Griffintown au coin Ottawa et Colborne vers 1956.

Vêtue d’une belle robe blanche et d’ailes décorées d’étoiles, Lise Jetté-Mercier sourit timidement sur ce cliché de 1956. Sagement réunies sous l’arche fleurie, les fillettes aux atours angéliques côtoient de jeunes garçons habillés en petit page. C’est lors de cette seule année que les festivités de la Fête-Dieu prennent une telle ampleur à Griffintown. Alors enfants, Lise Jetté-Mercier et Claude Mercier se rappellent cette procession mémorable. Débutant à l’église Sainte-Hélène sur la rue Saint-Maurice, les enfants défilent dans les rues de Griffintown. L’arche splendide de la rue Ottawa est l’endroit tout désigné pour une photographie commémorant l’événement. Remarquez les niches en hauteur: ce sont de véritables enfants qui prennent place, l’une au centre en tant que représentation de la Vierge et ses sœurs à ses côtés en anges. Leur mère ayant fabriqué tous les costumes et leur père ayant élevé l’arche, ces trois sœurs eurent le privilège d’être les vedettes de la Fête-Dieu.

La tradition montréalaise de la Fête-Dieu

Photo courtoisie de Claude et Lise Mercier, La Fête-Dieu à Griffintown au coin Ottawa et Colborne vers 1956.

Cette fenêtre décorée de drapeaux à l’honneur du pape Pie XII rappelle la longue tradition de cette célébration. Soixante jours après Pâques, soit un jeudi ou un dimanche à la fin mai ou au début de juin, les Montréalais saluent le cortège de la Fête-Dieu composé de religieux, de notables, de paroissiens et d’élèves entonnant tous des cantiques populaires. En 1956, le grand défilé se déroule sur le Plateau en direction du parc Lafontaine où le reposoir orné de fleurs et de drapeaux est aménagé. De plus petits défilés ont lieu dans les quartiers avoisinants comme ici à Griffintown. Les Irlandais catholiques se joignent souvent aux francophones lors de la Fête-Dieu. Une initiative de la Congrégation du Très-Saint-Sacrement, en 1893, cet important rituel lié à l’eucharistie perdure dans la métropole jusqu’en 1963. Célébrée plus modestement de nos jours, la procession de Fête-Dieu s’est déroulée sur la rue Sainte-Catherine de la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde à la Basilique Saint-Patrick jeudi dernier.

(Re)vivre sur la rue Ottawa, coin Colborne

Photo courtoisie de Claude et Lise Mercier, La Fête-Dieu à Griffintown au coin Ottawa et Colborne vers 1956.

À travers les drapeaux, le panneau de la rue Colborne se détache discrètement en arrière-scène. Devenue la rue Peel, l’artère croise la rue Ottawa. Ce coin de rue se transforme en fourmilière lorsque les travailleurs se dirigent de bon matin vers les nombreuses fonderies, minoteries, brasseries, usines de produits chimiques et de textile de Griffintown. Mais à la fermeture du canal de Lachine en 1970, les manufactures ferment l’une après l’autre et les ouvriers quittent l’ancien faubourg. Partiellement rasé, Griffintown ne connaît pas toutefois une démolition systématique et programmée comme à Goose Village, au Red Light, au Faubourg à m’lasse, à Hochelaga au sud de la rue Sainte-Catherine et à Longue-Pointe. Bien que des fragments du cadre bâti ancien subsistent, pour ceux qui y ont vécu leur enfance dans les années 1950, c’est un véritable choc de visiter le quartier aujourd’hui. Pourtant la vie renaît, bien qu’un véritable milieu de vie doté de parcs, de garderies et d’écoles tarde encore à se reconstruire à Griffintown.


* Pour en savoir plus sur le vécu de la famille Mercier à Griffintown, visitez cet été l’exposition Dans l’Griff, à l’affiche jusqu’au 4 septembre 2016 au Centre d’histoire de Montréal.