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L’industrie forestière renaît à Saint-Michel-des-Saints

L’entreprise est relancée grâce à une vingtaine d’actionnaires

La scierie, qui a fait faillite à deux reprises, est relancée sous le nom de Complexe Industriel Forestier de Saint-Michel-des-Saints.
Photo Collaboration spéciale, Michel Harnois La scierie, qui a fait faillite à deux reprises, est relancée sous le nom de Complexe Industriel Forestier de Saint-Michel-des-Saints.

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SAINT-MICHEL-DES-SAINTS | Après deux échecs douloureux, la scierie de Saint-Michel-des-Saints est relancée grâce à une vingtaine d’actionnaires du nord de Lanaudière. Même les futurs employés y mettront une partie de leurs salaires.

Maintenant nommée le Complexe Industriel Forestier de Saint-Michel-des-Saints, la scierie a un passé qui laisse un goût amer à cette communauté.

Tous se souviennent que cette usine a fait faillite à deux reprises, jetant à la rue une centaine des leurs.

«C’est la première fois que les employés et la communauté prennent l’usine en main. Ça va devenir une propriété locale. Fini les investisseurs venant de l’extérieur qui nous laissent tomber», indique Tony Bonneau, le président de la coopérative de travailleurs.

Jean-François Champoux, Président
Photo courtoisie
Jean-François Champoux, Président

Un consortium d’actionnaires de Saint-Zénon et de Saint-Michel-des-Saints, une vingtaine au total, pilote le projet estimé à 13,2 M$. L’acquisition et la modernisation de l’usine créeront 48 emplois dès le mois d’octobre prochain. «On s’est rendu compte qu’on a besoin de la scierie pour avoir une base d’emplois viable pour la survie du village», a dit Jean-François Champoux, le président du nouveau complexe industriel et forestier.

Améliorer pour rentabiliser

Toutes les entreprises et organisations touchées par les revenus et les dépenses de l’usine font partie du groupe d’actionnaires. La coopérative de travailleurs fait sa part et finalise actuellement un prêt de 450 000 $ qui sera injecté dans l’usine. Ce prêt sera remboursé à même des retenues salariales.

«L’amélioration et l’ajout d’une deuxième ligne de sciage permettront de scier des billes de bois plus petites, une plus-value sur le marché et cela fera en sorte de garder, à Saint-Michel-des-Saints, les résidus du sciage qui pourront être récupérés pour développer un autre marché», a précisé Gaétan Morin, préfet de la MRC Matawinie et acteur important dans la relance de l’entreprise.

Soutien du gouvernement

Des prêts pour un total de 5 M$ ont été confirmés par la vice-première ministre Lise Thériault, responsable de la région de Lanaudière. Le prêt sera remboursé par la scierie sur une échéance de huit ans. Avec le prêt vient une garantie de marge de crédit de 500 000 $.

«Si on veut que Saint-Michel-des-Saints continue de respirer, ça lui prend un poumon, et ce poumon... c’est la scierie», a affirmé Lise Thériault.

L’un des rôles les plus importants du gouvernement dans ce dossier aura été la protection de la garantie d’approvisionnement en bois, le temps que le montage financier entre les actionnaires s’organise. Le gouvernement a prolongé la protection des 126 450 mètres cubes de sapin, d’épinette, de pin gris et de mélèze promis à l’usine et qui faisaient l’objet de convoitise de la part de concurrents.

«La protection de notre approvisionnement en bois par le gouvernement a permis de rallier les différents partenaires financiers, sans quoi l’usine n’aurait pas pu rouvrir», a souligné M. Morin.

Après les améliorations

  • Usine de sciage, séchage et rabotage
  • Deux lignes de sciage distinctes
  • Nombre de mètres cubes accordés: 126 450
  • Reprise des activités: Octobre 2016
  • Nombre de salariés: 40 travailleurs – 8 cadres
  • Salaire moyen: 20 $/ l’heure