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Crimes d'honneur et violences conjugales

Les leçons de l’affaire Shafia
Photo d'archives

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Ainsi, le nombre d’adolescentes prises en charge par la DPJ afin de prévenir des crimes d’honneur a triplé à Montréal au cours des cinq dernières années.

 

J’en ai parlé tantôt à CHOI RadioX avec la chercheure Yolande Gadah, qui a rédigé un avis sur la question pour le Conseil du statut de la femme.

 

Pendant l’entrevue, madame Gadah faisait un parallèle entre les crimes d’honneur et les cas de violence conjugale.

 

Pour elle, c’était un peu la même chose... Une femme battue est une femme battue, une femme assassinée par son mari est une femme assassinée par son mari.

 

Ce parallèle me rend très, très mal à l’aise...

 

Voici d’ailleurs l’extrait d’une chronique que j’ai écrite sur la question en novembre 2011...

 

_________________

 

La fondation suisse SURGIR, qui combat la violence contre les femmes, a récemment publié une brochure sur les crimes d’honneur. Voici la définition qu’elle en donne :

« Le crime d’honneur se réfère à un droit de vie ou de mort exercé par les hommes sur les femmes. Plus qu’un permis de tuer, c’est un devoir de tuer quand une femme de la famille a transgressé les codes de conduite dictés par la communauté.

« Ce devoir de venger l’honneur de la tribu est soumis à la pression du groupe d’appartenance. Il s’agit de sauver l’honneur de la famille en faisant couler le sang de la présumée coupable au su et au vu de tous, afin de prouver que l’on est conforme aux codes de sa communauté, que l’on respecte ses règles et que l’on sanctionne les écarts de conduite.

« Le déshonneur est une menace d’exclusion sociale pour toute la famille élargie. »

 

NEUF CRITÈRES

 

On est loin du drame conjugal typique. On parle ici de tribu, de communauté, de règles de conduite dictées par un groupe.

Selon le groupe SURGIR, voici les neuf critères permettant d’identifier le crime d’honneur :

 

1) Le crime est planifié.

 

2) Il est utilisé comme menace afin de contrôler les femmes.

 

3) La planification et l’exécution du crime impliquent plusieurs membres de la famille et peuvent inclure la mère, les sœurs, les frères, les cousins, les oncles, les grands-pères.      

 

4) La famille élargie fait pression sur la famille directe.

 

5) La communauté est complice. Elle dénonce les comportements déclarés répréhensibles et aide parfois la famille à retrouver la femme en cas de fuite.

 

6) Le mobile du crime est que la femme a déshonoré la famille.

 

7) Plus de la moitié des crimes répertoriés font état de pratiques très violentes et barbares : décapitation, éventration, gorge tranchée, brûlure à l’acide, lapidation, étouffement avec tortures, immolation par le feu, coup de hache.

 

8) La famille et la communauté valorisent le crime d’honneur. Les auteurs du crime ne sont pas des criminels mais des héros aux yeux de leurs proches.

 

9) Les meurtriers ne montrent que rarement du remord. Ils se considèrent d’avantage comme victimes du comportement de la femme. Il y a un sentiment de devoir accompli en restaurant l’honneur de la famille.

 

RELATIVISME CULTUREL

 

Cela cadre tout à fait avec l’affaire Shafia. Mais ça n’a rien à voir avec toutes ces femmes qui, chaque année au Québec, sont malheureusement tuées par leur mari ou leur ex conjoint.

Qu’on me comprenne : je ne dis pas que ces « drames conjugaux » sont moins graves, moins scandaleux.

Mais il ne faut pas tout mélanger et tomber dans le relativisme culturel...

 

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