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Montréal a les mains liées

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Bien qu'elle trouve que la gestion de la circulation près des chantiers par les policiers coûte trop cher, la Ville de Montréal a les mains liées par la convention collective des agents du SPVM. 

Selon cette convention, la gestion de la circulation est une tâche exclusivement réservée aux policiers, qui sont payés à temps et demi, soit en moyenne 60$ de l'heure. En 2014, les Montréalais ont payé 4,4M$ en heures supplémentaires. En 2015, c'était 8M$. 

«Depuis février 2015, notre administration a demandé à  la Fraternité de négocier certains points de leur convention collective. C'est ce qui nous bloque actuellement. Notre proposition elle est très claire, elle est sur la table et la Fraternité la refuse», se désole Anie Samson, Responsable de la sécurité publique au Comité exécutif de Montréal.
 
Surveillance nécessaire
Avec environ 400 chantiers prévus cet été à Montréal, entre 60 et 250 policiers sont affectés quotidiennement à la gestion de la circulation à l'extérieur de leurs heures régulières.
 
«Il y a beaucoup de chantiers, on est en rattrapage, la ville est en chantier constant. On a besoin d'avoir de la sécurité sur nos artères, il y a beaucoup de blocages de rue et de circulation», explique Mme Samson.
 
Solution moins chère
Le conseiller de Projet Montréal Alex Norris, vice-président de la Commission de la sécurité publique, voudrait que l'administration Coderre modifie au plus vite la convention collective pour que cette tâche puisse être attribuée à des civils, payés moins cher.
 
«C'est un gaspillage de ressources, d'expertise et d'argent, c'est inexcusable», croit-il.
 
Il cite en exemple Vancouver, où des civils spécialement formés gèrent la circulation pour un salaire situé entre 22$ et 26$ de l'heure.
 
En arbitrage
«On devra aller en arbitrage sur ce point là et sur d'autres points de la convention collective. On est attachés avec cette convention», explique Mme Samson.
 
Elle ignore toutefois quand ce processus débutera.
 
Du côté de la Fraternité des policiers, un porte-parole s’est contenté d’affirmer que cette tâche est dans la convention et qu’ils ne veulent pas négocier sur la place publique.
 
Mme Samson aimerait toutefois savoir ce que pense la Fraternité de ce projet d’affecter des civils à la surveillance de la circulation. 
 
«C’est beaucoup d'argent, on pourrait faire beaucoup de choses avec ça.»
 
Elle espère que le syndicat acceptera de négocier sur cet aspect précis de leur convention collective.
 
«Si le syndicat est de bonne foi, on ne devrait pas tout prendre en même temps et gérer ce dossier qui traîne depuis 2015. Ça serait bon pour le syndicat et ça serait bon pour tout le monde.»
 
Feux intelligents
En attendant que cette impasse ne se règle, Projet Montréal demande à l'administration Coderre d’accélérer le déploiement des feux intelligents. Cela permettrait d’améliorer  la fluidité du trafic et diminuer le nombre de policiers affectés à la gestion de la circulation.
 
«On ne peut pas les mettre demain matin partout, il faut faire ça correctement», estime Mme Samson.
 

Le même travail pour 2 fois moins cher?

Les signaleurs routiers proposent un projet pilote pour assurer la gestion de la circulation près des chantiers et ainsi couper de moitié la facture des Montréalais.
 
Ces signaleurs sont payés environ 17$ de l’heure au lieu des 60$ versés aux policiers chargés de gérer la circulation.
 
Le président de l'Association des travailleurs en signalisation routière du Québec (ATSRQ), Jean-François Dionne, a rencontré Anie Samson, Responsable de la sécurité publique au Comité exécutif il y a quelques semaines pour lui proposer de diminuer le nombre de policiers affectés à la circulation. «Les signaleurs seraient accompagnés d'un seul policier par chantier», explique-t-il.
 
Mme Samson s’est dite ouverte à explorer cette possibilité, tout en indiquant qu’il devra y avoir toutefois plus de policiers sur les grandes artères, là où il y a plus de danger. 
 
«On pourrait laisser aller les petits chantiers à des civils», croit-elle.