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Une journée dans la vie d’un combattant de l’UFC

Olivier Aubin-Mercier s’entraîne farouchement pour son combat du 18 juin

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Pour devenir champion du monde de l’UFC et jouir de tous les privilèges rattachés à la ceinture, George St-Pierre a dû travailler comme un forcené et se serrer l’autre ceinture. Sachant que la route s’annonce longue et ardue, le combattant québécois Olivier Aubin-Mercier est prêt à faire tout ce qu’il faut pour lui aussi devenir le meilleur du monde de sa discipline.

Des sacrifices, Aubin-Mercier en fait à la pelletée pour gravir les échelons le plus rapidement possible. À moyen terme, il aimerait percer le top 10 mondial des poids légers de l’UFC.

Photo Le Journal de Montréal, Martin Chevalier

Du moment qu’il ouvre les rideaux le matin jusqu’à ce qu’il les referme avant de se coucher, Aubin-Mercier s’impose une discipline de fer, tant à l’intérieur de l’octogone qu’à l’extérieur.

Les privations sont nombreuses, les choix de vie sont difficiles, les embûches sont récurrentes et la sécurité d’emploi est absente.

Pourtant, il a décidé d’en faire son gagne-pain.

Pas une fortune

Comme bon nombre de combattants qui tentent de se faire un nom au sein de l’UFC, Aubin-Mercier ne roule pas sur l’or.

Pour avoir disputé deux combats en 2015 et les avoir remportés, le Québécois a empoché la somme de 46 500 $ US (environ 60 000 $ canadiens).

«Je vis bien, mais je n’ai pas assez d’argent pour en mettre de côté, souligne le père d’une petite fille de quatre ans. J’essaie de consacrer environ 30 % de mes revenus à mes dépenses connexes.»

Dépenses connexes veut dire que l’athlète de 27 ans doit payer ses entraîneurs, couvrir les autres dépenses relatives à la préparation des combats, assurer les déplacements à l’extérieur de son équipe (billets d’avion, hôtels, taxis, restaurants) et assumer ses dépenses d’affaires (téléphone, voiture, comptabilité et commissions).

Il aurait déboursé aux alentours de 25 000 $ l’an passé dans cette colonne.

«Une fois que l’impôt s’occupe de moi, il ne me reste plus grand-chose», reconnaît-il.

Question de mieux comprendre la réalité dans laquelle patauge le combattant de l’UFC, Le Journal a suivi celui qu’on surnomme le Quebec Kid pendant une journée complète dans son camp d’entraînement, en prévision de son combat du 18 juin, à Ottawa, contre le Français Thibault Gouti.

Aubin-Mercier en bref

Reebok, Joe Beef et cie

Si pour l’instant les bourses ne sont pas astronomiques, Olivier Aubin-Mercier peut néanmoins compter sur l’appui inconditionnel de ses commanditaires Reebok, XPN et le restaurant montréalais Joe Beef, qui jouent un rôle déterminant dans la préparation du Québécois.

«Reebok me fournit mes vêtements d’entraînement, Joe Beef prépare tous mes repas le jour du combat et XPN m’approvisionne en suppléments alimentaires. Ça m’évite beaucoup de dépenses», raconte-t-il.

De plus, tous les repas pendant son camp d’entraînement sont préparés et fournis par Nutrition Fit Plus.

Jusqu’à Six repas par jour

Pendant son camp d’entraînement, qui s’échelonne sur une période de six à huit semaines, Olivier Aubin-Mercier voit toute sa nourriture calculée et pesée au kilogramme près par Nutrition Fit Plus.

Un repas typique ressemble à ceci: 200g de viande, deux tasses de légumes et une tasse de riz basmati.

Il peut manger jusqu’à six repas par jour, pour un total de 3200 calories dans sa journée.

Perdre 10 livres en moins de 24 heures

Olivier Aubin-Mercier évolue dans la catégorie des poids légers, à 155 livres. À trois semaines de son combat, il fait présentement osciller la balance à 173 livres.

«Il va perdre une à deux livres par semaine jusqu’à la veille de la pesée» fait savoir son conseiller en alimentation, J.F. Gaudreau.

JF Gaudreau est consultant en alimentation pour plusieurs combattants, dont Olivier Aubin-Mercier. Il s'occupe également de Patrick Côté, Kevin Bizier et Valérie Létourneau.
Photo Le Journal de Montréal, Jonathan Guay
JF Gaudreau est consultant en alimentation pour plusieurs combattants, dont Olivier Aubin-Mercier. Il s'occupe également de Patrick Côté, Kevin Bizier et Valérie Létourneau.

Dans les 24 heures qui précèdent la pesée, Aubin-Mercier entame sa période de déshydratation, où il doit se priver complètement d’eau et de nourriture.

Au cours de cette période, il parvient à perdre entre huit et dix livres à l’aide de nombreux bains à vapeurs et bains chauds.

Le vendredi à 16 h, lorsqu’il prend place sur le pèse-personne, il doit afficher un poids de 155 livres, sinon sa bourse sera amputée de 20 %.

Une fois la limite respectée, Aubin-Mercier s’empiffre ensuite des repas concoctés par ses amis de chez Joe Beef pour retrouver son poids régulier.

Le samedi soir, lorsque la cloche retentit, il se bat aux alentours de 172 livres.

Deux visites au gym par jour

Si Olivier Aubin-Mercier mange autant, c’est parce qu’il a besoin d’emmagasiner beaucoup d’énergie pour passer au travers de ses nombreuses séances d’entraînement.

Le Quebec Kid s’entraîne six jours par semaine, à raison de deux séances de deux heures par jour, sauf le samedi, où il se limite qu’à un seul entraînement.

Photo Le Journal de Montréal, Martin Chevalier

Il profite de sa seule journée de repos le dimanche pour passer du temps avec sa copine et sa fille. Il lui arrive parfois d’aller courir cette journée-là.

Journée typique dans la vie d’Aubin-Mercier

9 h : Réveil et déjeuner

Le cadran d’Aubin-Mercier sonne toujours aux alentours de 9 h. Se trouvent généralement dans son assiette lorsqu’il s’attable au déjeuner: deux œufs, des fruits, du gruau et parfois une viande. Le tout accompagné d’un café.

11 h : Entraînement 1

La journée d’Aubin-Mercier débute au réputé Tristar Gym, à Montréal. En compagnie d’une pléiade de combattants, dont Rory MacDonald, Alex Garcia et Francis Carmont, Aubin-Mercier s’adonne à un vigoureux entraînement de deux heures axé sur les techniques de boxe. Sous la férule de Firas Zahabi et Lévis Labrie, deux de ses entraîneurs, l’athlète de 27 ans effectue une dizaine de rounds de trois minutes contre des membres du Tristar Gym.

14 h : Visite chez le doc

Une fois l’entraînement complété, Aubin-Mercier ne perd pas une seconde et conduit jusqu’à l’hôpital de Saint-Eustache pour se soumettre à une multitude d’examens médicaux – dont des prises de sang – en prévision de son prochain combat. C’est l’UFC qui exige que ces tests soient dûment effectués avant chaque duel pour assurer la validité d’un athlète à se battre.

16 h : Rencontre avec le consultant en alimentation

Aubin-Mercier quitte ensuite les Laurentides et se dirige au Mansfield Club Athlétique, situé dans le quartier DIX30, à Brossard, pour rencontrer son consultant en alimentation, J. F. Gaudreau, qui compte également Patrick Côté et Kevin Bizier dans son écurie. Gaudreau vérifie entre autres l’indice de masse grasse de son athlète et son poids. Par la suite, il repasse au peigne fin son plan alimentaire et apporte les modifications nécessaires.

Photo Le journal de Montréal, Jonathan Guay

17 h 30 : Arrêt chez Vin Papillon

De retour sur l’île de Montréal, Aubin-Mercier effectue un court arrêt au cœur du quartier de la Petite Bourgogne, chez Vin Papillon, question de bien se remplir la panse avant de retourner dans l’octogone suer à grosses gouttes. Impossible de se fondre dans la masse, les employés des restaurants Joe Beef et Vin Papillon (mêmes propriétaires) s’arrêtent tous à la table du Québécois pour lui serrer la pince et se renseigner sur ses combats à venir.

Photo Le journal de Montréal, Jonathan Guay

19 h : Entraînement 2

Si le premier entraînement est consacré aux techniques debout, le deuxième se déroule toujours au sol. Et vice-versa. Aubin-Mercier profite donc de cette deuxième séance de deux heures au Tristar Gym pour travailler sur son jiu-jitsu brésilien.

Photo Le Journal de Montréal, Martin Chevalier

23 h : Coucher

Après une journée très chargée, Aubin-Mercier regagne finalement son appartement dans le quartier de La Petite-Patrie aux alentours de 21 h 30. Il écoute généralement un film pour décompresser et faire le vide. Il s’assure de ne jamais fermer les yeux après les douze coups de minuit.

Olivier Aubin-Mercier

Photo Le Journal de Montréal, Martin Chevalier

Grandeur: 5 pi 9 po

Poids: 155 livres

Fiche: (8-2-0)

Spécialités: muay-thaï, boxe, jiu-jitsu brésilien, lutte olympique, judo

Ville d’origine: Montréal

Surnom: Quebec Kid