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Lise Thibault est sortie de prison

L’ex-lieutenante-gouverneure âgée de 77 ans obtient une sortie préparatoire à la libération conditionnelle

Parmi les conditions à respecter, Lise Thibault devra notamment suivre une thérapie psychologique avec un professionnel reconnu et en faire la preuve à son agent correctionnel.
Photo d'archives, Simon Clark Parmi les conditions à respecter, Lise Thibault devra notamment suivre une thérapie psychologique avec un professionnel reconnu et en faire la preuve à son agent correctionnel.

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L’ex-lieutenante-gouverneure Lise Thibault a quitté la prison hier après seulement trois mois d’incarcération, même si les autorités jugent qu’elle n’assume toujours pas ses fautes.

Après deux ans d’enquête et six ans de procédures judiciaires, la femme de 77 ans a obtenu une sortie préparatoire à la libération conditionnelle de la prison Leclerc de Laval. Et ce, même si les deux commissaires précisent qu’elle a toujours de la difficulté à reconnaître la responsabilité de ses délits.

«Vous avez tendance à nier votre intention frauduleuse», peut-on lire dans la décision rendue hier.

Le 30 septembre 2015, Lise Thibault a été condamnée à 18 mois d’emprisonnement pour fraude et abus de confiance, en plus de devoir rembourser 300 000 $. Le 25 février dernier, elle s’est finalement retrouvée derrière les barreaux après la confirmation de sa peine par la Cour d’appel.

Pour être admissible à cette sortie préparatoire, elle devait avoir purgé le sixième de sa peine. Cette date se situait le 18 mai 2016.

Vendredi dernier, une première audience a eu lieu, mais un des deux commissaires aurait refusé sa demande. Le mardi 31 mai, elle a obtenu l’accord des deux commissaires. Mme Thibault était déjà en route pour la maison hier. Son accompagnateur Réal Cloutier n’a pas répondu aux appels.

Au mois d’août

Dans le pire des cas, elle aurait été libérée au mois d’août prochain puisqu’elle est admissible à une libération conditionnelle au tiers de sa peine. Selon son avocat, la décision n’est pas surprenante.

«La question était plutôt: combien de temps peut-on maintenir en détention une personne de 77 ans sans antécédent qui n’a pas commis un crime de violence?» a commenté Me Marc Labelle.

«C’est tout à fait dans les normes habituelles. Comme chaque personne détenue, elle a le droit aux mêmes bénéfices et avantages de la loi», explique un autre avocat, Richard Philippe Guay.

Le code criminel l’emporte

Ce dernier comprend par ailleurs que le citoyen ordinaire se dise avec dépit: «tout ça pour ça». Évidemment, le Code criminel l’emporte sur la justice populaire.

«Le juge décide de la sentence mais après, ça lui glisse entre les mains. Bien des gens vont écoper d’une peine similaire avec la même permission et personne n’en parlera», termine Me Guay.

 

EXTRAITS DE LA DÉCISION

« L’agent de probation a noté dans son rapport que vous avez de la difficulté à reconnaître votre responsabilité dans vos délits. »

« La Commission doit se demander si le fait de nier ou de vous déresponsabiliser constitue un facteur de risque? La Commission en arrive à la conclusion que ce critère n’est pas déterminant... »

« La question n’est pas de déterminer si vous avez été suffisamment punie ou non. »

« La Commission est d’avis que vous répondez aux critères pour obtenir une permission de sortie... »