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Muhammad Ali perd son dernier combat

1. Joe Frazier et Mohamed Ali

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La légende de la boxe Muhammad Ali, hospitalisé depuis jeudi pour un problème respiratoire, se trouve dans un état «très grave», a indiqué à l'AFP une source proche de la famille de l'ancien boxeur.

MONTRÉAL – Muhammad Ali, le plus grand de l’histoire de la boxe et l’idole de milliers de jeunes et de moins jeunes, est décédé vendredi à Phoenix à l’âge de 74 ans.

La légende du sport avait été hospitalisée jeudi en raison de problèmes respiratoires reliés à la maladie de Parkinson dont il était atteint. Un porte-parole de sa famille, Bob Gunnell, avait pourtant mentionné que le célèbre sportif était dans un état jugé satisfaisant et qu’il s’attendait à voir celui-ci obtenir son congé rapidement.

Cependant, des complications sont survenues, incitant plusieurs proches, dont sa fille Laila, à se rendre à son chevet.

Les funérailles d'Ali auront lieu vendredi à Louisville, sa ville natale au Kentucky.

Un vrai

Né Cassius Clay le 17 janvier 1942, Ali a été l’athlète ayant marqué le plus sa discipline sportive, en plus de représenter une icône culturelle, voire politique, à travers la planète. Tant entre les câbles qu’à l’extérieur, il s’est révélé un individu redoutable, déterminé et tenace.

Ali a été trois fois champion mondial linéaire des poids lourds chez les professionnels, tout en remportant la médaille d’or aux Jeux olympiques de Rome, en 1960, dans la catégorie des lourds-légers. En carrière, il a conservé un dossier de 56-5-0, réalisant 37 K.-O.

Le natif de Louisville, au Kentucky, a été synonyme d’invincibilité durant de nombreuses années, du moins, jusqu’à son premier rendez-vous avec le champion des lourds, Joe Frazier, le 8 mars 1971, au Madison Square Garden de New York. Dans le cadre de ce que plusieurs considèrent encore comme le combat du siècle, il s’est incliné par décision unanime des juges, au terme de 15 rounds âprement disputés.

Des combats mémorables

Ali a remporté son premier championnat du monde en disposant de Sonny Liston en 1965. Toutefois, les plus vieux amateurs de boxe se souviennent notamment de ses trois duels face à Frazier (Ali a remporté les deux suivant celui de 1971), ainsi que d’un combat l’opposant à George Foreman le 30 octobre 1974, lors duquel Ali a récupéré les titres qu’il avait échappés auparavant.

D’ailleurs, lors du «Rumble in the Jungle», tenu au Zaïre, Ali a causé la surprise en détrônant Foreman, qui avait précédemment ravi les titres mondiaux des lourds à Frazier. Durant le combat, il a employé sa désormais célèbre stratégie «Rope-a-dope», permettant à son rival de le frapper pendant qu’il se retrouve le dos aux câbles. La ruse a porté fruit, puisque le favori s’est épuisé et Ali a ensuite capitalisé sur la fatigue de son vis-à-vis pour le vaincre par K.-O. au huitième assaut.

L’autre grand combat impliquant Ali fut le troisième rendez-vous l’opposant à Frazier, dans ce que les gens ont nommé le «Thrilla in Manila», le 1er octobre 1975. À cette occasion, les deux boxeurs se sont affrontés sous une chaleur de 38 degrés Celsius et Frazier a dû plier l’échine. Ayant les yeux enflés et complètement fermés, il n’a pu disputer le 15e et dernier round prévu au face-à-face.

Fin en queue de poisson

La fin de carrière d’Ali a été plutôt pénible. Après avoir battu Leon Spinks, qui l’avait surpris quelques mois plus tôt, il a annoncé sa retraite en 1978, seulement pour effectuer un retour deux ans plus tard afin de devenir le premier quadruple champion mondial de l’histoire. Par contre, la tentative a été un échec, Larry Holmes ayant raison de lui en 1980.

De son côté, le Montréalais Trevor Berbick peut se vanter d’avoir été le dernier homme à avoir croisé les gants avec la légende de la boxe. Lors d’un affrontement de 10 rounds aux Bahamas, en 1981, il a vaincu Ali par décision unanime.

Un gagnant dans l’arène et à l’extérieur

MONTRÉAL - Très actif et impliqué socialement, Muhammad Ali était un combattant entre les câbles et hors du ring, il n’avait pas son égal pour défendre des causes à cœur.

Un modèle pour tous, Ali a lutté toute sa vie contre le racisme. Il s’est également insurgé contre la présence des troupes américaines au Vietnam et au milieu des années 1960, il a décidé de changer d’identité pour honorer sa foi musulmane.

Ayant jusque-là disputé tous ses combats sous le nom de Cassius Clay, l’athlète a exigé de se faire appeler Muhammad Ali après la conquête de sa première ceinture, mais les journalistes de l’époque ont mis beaucoup de temps avant de respecter cette volonté.

Cependant, c’est avec les membres de l’armée américaine qu’Ali a connu les démêlés les plus importants. En 1967, celui qui faisait partie des troupes du pays a refusé d’obéir aux ordres des commandants, qui l’appelaient par son nom original. Pour cet incident, il a été reconnu coupable par le tribunal au cours d’un procès où le jury n’a mis que 20 minutes à délibérer. Par conséquent, il est demeuré hors de l’arène durant trois ans, jusqu’où la Cour suprême a renversé la décision précédente.

Les hommages

Depuis quelques décennies, Ali souffrait de la maladie de Parkinson. Malgré ses ennuis de santé, il a continué d’effectuer des sorties publiques pour divers événements d’importance. Le plus marquant d’entre eux fut certes la cérémonie d’ouverture des Jeux d’Atlanta en 1996, lorsqu’il a eu l’honneur d’allumer la flamme olympique.

Preuve de son influence à travers la planète, Ali a reçu de nombreuses récompenses et distinctions. Il a été choisi par le réseau britannique BBC, en 1999, la personnalité sportive du 20e siècle. Aussi, même s’il avait quitté l’arène depuis longtemps, il ne s’est pas contenté de rester chez lui à ne rien faire : le 17 novembre 2002, il a été dépêché à Kaboul, en Afghanistan, par l’Organisation des Nations Unies à titre de messager de la paix pour une mission de trois jours.

Puis, le 8 janvier 2005, il a reçu des mains du président des États-Unis, George W. Bush, la Médaille de la Liberté. Plus tard au cours de la même année, un centre à but non lucratif portant son nom a été ouvert dans sa ville de naissance : l’établissement vise à promouvoir les valeurs de paix, de responsabilité sociale, de respect et de maturité personnelle.