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Emmurés par des travaux

Des commerçants dans Ville-Marie déplorent qu’un entrepreneur complique l’accès à leur magasin

Les commerçants Ali Bahman (photo) et Céline Carbonneau disent qu’ils sont étouffés par des travaux sur l’immeuble à côté de leurs locaux. L’entrepreneur a reçu un permis de la Ville de Montréal pour fermer le trottoir devant leurs établissements, ce qui réduit à zéro le nombre de clients piétons. De plus, l’entrepreneur loue régulièrement la grande majorité des places de stationnement sur rue aux alentours depuis le début du chantier, dit Mme Carbonneau.
photo christopher nardi Les commerçants Ali Bahman (photo) et Céline Carbonneau disent qu’ils sont étouffés par des travaux sur l’immeuble à côté de leurs locaux. L’entrepreneur a reçu un permis de la Ville de Montréal pour fermer le trottoir devant leurs établissements, ce qui réduit à zéro le nombre de clients piétons. De plus, l’entrepreneur loue régulièrement la grande majorité des places de stationnement sur rue aux alentours depuis le début du chantier, dit Mme Carbonneau.

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Des commerçants du boulevard Saint-Laurent sont au bord du gouffre financier à cause d’un chantier qui non seulement chasse les clients, mais qui paralyse parfois tous les stationnements environnants.

Depuis l’automne dernier, difficile de stationner sur la Main montréalaise entre les rues Sherbrooke et Ontario. En effet, le promoteur qui rénove l’immeuble du cirque Les 7 doigts de la main y réserve régulièrement la majorité des parcomètres pour stationner son équipement.

Une situation invivable pour les commerçants établis sur cette portion de l’artère, qui s’étonnent que le chantier réussisse à éliminer le stationnement sans même que des travaux soient faits sur les infrastructures routières.

«J’ai failli fermer durant les travaux dans le secteur, qui ont duré de 2012 à 2013, parce que je ne réussissais plus à payer mon loyer. Je pensais m’en être sorti, mais maintenant je ne suis même pas sûr de survivre à l’été, parce que les gens ne peuvent plus venir ici», s’insurge Ali Bahman, propriétaire de la boutique Body-Conscious.

Céline Carbonneau
photo christopher nardi
Céline Carbonneau

Trottoir fermé

Même son de cloche chez la propriétaire de la pâtisserie Nougat et Nectarine, Céline Carbonneau, qui déplore également le fait que l’arrondissement de Ville-Marie permette à l’entrepreneur de bloquer le trottoir presque au complet à côté de sa boutique pour y placer des conteneurs.

«L’an dernier, j’ai compté de 500 à 1000 passants qui marchaient devant mon commerce tous les jours grâce au métro à proximité. Maintenant, plus personne ne passe, parce qu’il y a des panneaux de trottoir fermé partout, même si c’est ouvert devant chez moi», s’exclame l’entrepreneure.

Celle-ci dit avoir demandé à l’arrondissement de l’aider dans son calvaire en installant un passage piéton temporaire à côté du chantier.

«Si je n’avais pas de commandes corporatives pour mes produits, j’aurais fermé boutique depuis longtemps. Maintenant, je dois survivre avec ce chantier jusqu’en novembre prochain au moins», se lamente celle qui dit avoir perdu 50 % de son chiffre d’affaires depuis le lancement des travaux.

Trottoir impossible

À la Ville, on indique qu’il serait impossible de créer un passage piéton sécuritaire de ce côté de la rue tout en permettant la circulation automobile.

«Pour une question de sécurité publique, il est donc important que les piétons utilisent le trottoir ouest en suivant les indications de la signalisation sur place», écrit par courriel la porte-parole de l’arrondissement de Ville-Marie, Anik de Repentigny.

Celle-ci ajoute que l’entrepreneur a loué trois espaces de stationnement en permanence depuis le début du chantier, mais reçoit parfois des permis pour bloquer davantage de places. La Ville enverra toutefois des inspecteurs pour s’assurer qu’il n’en prend pas davantage sans permission.