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Passionné des moustiques, il en a capturé 190 000

Moustiques Christopher Cloutier
Photo Le Journal de Montréal, Améli Pineda Christopher Cloutier a découvert sa passion pour les moustiques avec son père, lorsqu’il était tout jeune. Il veut aujourd’hui faire un portrait des moustiques que l’on retrouve à Montréal.

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Un Montréalais passionné d’insectes a consacré les deux dernières années à capturer 190 000 moustiques pour étudier les espèces qui envahissent la métropole.

Fasciné par les bibittes depuis son jeune âge, Christopher Cloutier a trouvé 35 espèces de moustiques à Montréal.

«J’adore les moustiques. En fait, j’aime les étudier, leur cycle de vie me fascine, mais, comme tout le monde, je déteste me faire piquer», avoue M. Cloutier.

Le chercheur de 33 ans, affilié à l’Université McGill, souhaite établir un panorama de l’habitat des moustiques en milieu urbain.

800 pièges installés

De 2014 à 2015, il a installé 800 pièges à Montréal, dans 20 endroits différents.

Sa plus impressionnante récolte contenait 7000 moustiques. «Ça m’a pris deux jours pour trier chaque espèce. C’était assez impressionnant», confie-t-il.

Le spécialiste qui a grandi à Montréal-Nord raconte qu’il a passé son enfance près du chemin de fer, sur le boulevard Industriel, à capturer un maximum de bibittes comme des araignées, de petites couleuvres, des papillons et, bien entendu, des moustiques.

«J’ai toujours voulu observer leur façon de vivre. Enfant, je gardais des larves dans l’eau pour voir la métamorphose de l’insecte», explique-t-il.

L’humidité ambiante et les averses des derniers jours pourraient annoncer un retour en force des moustiques.

Montréal ne sera pas épargnée, prévient M. Cloutier.

«L’abondance de moustiques n’a pas encore atteint son maximum. En ce moment, les moustiques qu’on retrouve sont plutôt inoffensifs. Ceux qui sont plus agressifs vont commencer à apparaître à la mi-juin», prévient le chercheur au département des ressources naturelles de l’Université McGill.

Jusqu’en avril, la météo a plutôt contribué à limiter l’éclosion des moustiques, dit Richard Vadeboncœur, biologiste et directeur du développement des affaires chez G.D.G Environnement.

«On n’a pas eu un hiver avec beaucoup de neige, mais ce sont les précipitations dans les prochaines semaines qu’il faudra surveiller», indique M. Vadeboncœur.

Même en milieu urbain, les risques de piqûres sont présents, prévient M. Cloutier.

«Sur une terrasse, ce n’est peut-être pas l’endroit [où il est indispensable de] mettre du chasse-moustiques, mais dans tous les grands parcs, comme le mont Royal, le parc Jean-Drapeau ou le parc Maisonneuve, c’est important d’être protégé», souligne M. Cloutier.

Épargnés par le Zika

L’hiver aura tout de même réussi à épargner aux Québécois de retrouver des insectes porteurs du virus Zika, indiquent des spécialistes.

«Les deux types de moustiques qui peuvent transmettre le virus ne pourraient pas survivre toute l’année au Québec. Nous avons un hiver encore assez froid, alors pour l’instant les chances sont minimes», explique Christopher Cloutier.

Le moustique porteur du virus Zika est aux portes du Québec. La zone d’exposition au virus a atteint l’État de New York, aux États-Unis.

 

Prêt pour la saison des piqûres

 

Les moustiques commencent à envahir Montréal et, même en milieu urbain, il est important de se préparer à faire la guerre aux moustiques, disent les spécialistes.

«Il existe des risques de contracter le virus du Nil ainsi que la maladie de Lyme», selon Pierre Pilon, médecin en maladies infectieuses à la Direction de la santé publique de Montréal. Puisque les moustiques se ressemblent tous, il est difficile pour le commun des mortels de savoir lequel peut être porteur d’un virus.

Voici quelques trucs pour se protéger.

Vêtements longs

Un des conseils les plus simples, pour éviter d’être mangé, c’est de porter des pantalons et des chandails à manches longues.

On doit aussi éviter de porter du linge foncé, puisque les couleurs comme le noir, le brun ou le bleu rappellent aux insectes les couleurs de leurs proies.

Chasse-moustiques

Un produit contenant 30 % de DEET, ce produit chimique qui éloigne les insectes, est suffisant pour les adultes, soulignent les spécialistes.

Pour les enfants de moins de 12 ans, il vaut mieux éviter d’aller au-delà de 10 %.

Pour ceux qui choisissent des produits à base de picaridine, peu importe l’âge, il faut opter pour du 20 %.

Enfin, les chasse-moustiques à base d’huile de citronnelle sont à éviter, car leur durée de protection n’est que de 20 à 30 minutes.

Pièges électriques

Les spécialistes s’entendent pour dire que les pièges à moustiques électriques ne sont pas efficaces contre les piqûres.

Ils agissent plutôt comme agents d’attraction et attrapent tous les insectes, dont plusieurs sont inoffensifs, comme les papillons ou les libellules.