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Tourbillons dans le bain

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Il en coûterait 30 M$ par année, semble-t-il, pour offrir trois bains par semaine aux résidents des CHSLD qui le désireraient. C’est de l’argent de poche pour un gouvernement dont le budget est de 102 milliards.

Le nez plongé quelques minutes seulement dans le cahier des crédits du gouvernement et je vous les trouve, ces 30 M$.

L’argument financier ne fait surtout pas contrepoids à l’hygiène, à la dignité, au confort à assurer aux personnes âgées.

Un bain à 40 $

La démarche d’un citoyen de Québec, François Marcotte, 43 ans, atteint de la sclérose en plaques, qui a recouru à une campagne de financement social pour s’offrir plus d’un bain/semaine au CHSLD, a secoué les Québécois. Ils se sont rangés derrière lui à 92 %.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a tenté de réduire ce sondage de TVA à un «jeu journalistique». Les médias feraient du sensationnalisme avec cette question. L’hygiène corporelle quotidienne peut très bien être assurée à la débarbouillette, à son avis.

Il n’est pas partagé par tous les résidents. Le député de la CAQ, François Paradis, dénonce depuis longtemps le «racket des bains». Des résidents de CHSLD déboursent jusqu’à 40 $ pour se faire donner au noir un deuxième bain/semaine par des préposés, en dehors de leurs heures de travail, ou pour acheter ce service d’entreprises privées.

Surcharge consciente

Les arguments du type de ceux utilisés par le ministre servent à défendre une organisation du travail bureaucratique, très déshumanisée.

Chaque préposé(e) est responsable d’un nombre de patients. Ceux-ci sont toujours surchargés consciemment par leurs «p’tits boss», qui composent avec les ressources qui leur sont fournies.

Donner un bain prend en moyenne X minutes. Un petit lavage à la débarbouillette brûle moins de minutes qu’un bain.

Quand mon exigeante génération de boomers envahira les CHSLD, il y aura des tourbillons dans le bain.