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Broche à foin

Periode des questions
Photo Agence QMI, Simon Clark Le ministre Jacques Daoust nie avoir été au courant de la vente des actions de RONA détenues par Investissement Québec.

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Les dossiers chauds de l’implication de Sam Hamad dans l’aide financière du gouvernement à Premier Tech et de la connaissance ou pas de Jacques Daoust de la vente des actions de RONA détenues par Investissement Québec, illustrent bien le fonctionnement broche à foin souvent du gouvernement du Québec.

La vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, a affirmé que son seul rapport ne peut ni blanchir ni noircir qui que ce soit. Je comprends. On y trouve à boire et à manger pour tout le monde.

Elle affirme d’abord que la demande d’aide financière soumise par Premier Tech a suivi toutes les étapes prévues à cette fin.

Elle écrit aussi que le mémoire soumis au conseil des ministres repose sur des analyses gouvernementales qui établissent la pertinence d’appuyer le projet et de le financer par un prêt sans intérêt de 11,2 M$ et par une subvention de 8,5 M$.

Le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, s’accroche à ces deux points comme un naufragé à une bouée.

L’autre côté de la médaille

La vérificatrice a aussi constaté toutefois que la demande initiale de subvention de 7,5 M$ avait été augmentée à 8,5 M$. Elle ajoute qu’elle n’a pas retracé de document l’expliquant.

Elle a aussi constaté qu’aucune analyse approfondie et documentée de la nature des dépenses du projet de Premier Tech n’a été effectuée par le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation.

De plus, la valeur économique du projet présenté au conseil des ministres, un des facteurs pour sa prise de décision, a été surévaluée.

Je trouve la vérificatrice générale très indulgente à l’égard de ces failles.

Le leader de l’Opposition, Bernard Drainville, s’accroche, lui, au passage de la subvention de 7,5 M$ à 8,5 M$. Il l’attribue à la relation Marc-Yvan Côté et Sam Hamad, et il s’empresse de réclamer la démission de ce dernier, sans attendre les rapports des commissaires à l’éthique et au lobbying.

C’est une pure interprétation personnelle et très partisane.

Attendons au moins.

Daoust savait ou pas ?

Selon la porte-parole d’Investissement Québec, Chantal Leclerc, un membre du C.A. de la société d’État aurait demandé et obtenu du ministre Jacques Daoust, en décembre 2014, par téléphone, l’autorisation de vendre le bloc d’actions de RONA de quelque 100 M$ qu’Investissement Québec détenait. Cette décision faisait passer le quincailler entre des mains étrangères.

M. Daoust nie formellement avoir été dans le coup.

Sauf que Mme Leclerc disait encore en février dernier que le ministre n’avait pas été préalablement informé. Elle n’a pas non plus précisé quel membre du C.A. aurait effectué une démarche d’une telle importance.

Dans ce monde, les acteurs tiennent et conservent des agendas d’une extrême précision dans lesquels tous leurs faits et gestes sont consignés.

La version de la porte-parole d’IQ est broche à foin. Les procès-verbaux sont aussi contradictoires. Réclamer la tête d’un ministre sur de telles bases est une farce partisane.