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Des résidents refusent une mosquée à Ahuntsic-Cartierville

Nicole Vermette qui habite Ahuntsic-Cartierville est une militante active dans le camp du «non».
Photo agence qmi, caroline lévesque Nicole Vermette qui habite Ahuntsic-Cartierville est une militante active dans le camp du «non».

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Les résidents du quartier Ahuntsic-Cartierville ont tranché, et la majorité a voté contre l’usage d’un centre communautaire comme lieu de culte par des musulmans.

«L’islamophobie a gagné» se désole Hassna Laarazi, qui était impliquée dans le camp du «oui» pour le centre communautaire de la rue Legendre, au cœur du référendum de dimanche.

Au total, 291 personnes ont voté contre l’utilisation de l’endroit comme un lieu de culte, contre 190 personnes qui étaient en faveur.

Depuis trois ans, des membres de la communauté musulmane utilisaient le bâtiment comme lieu de rassemblement, mais aussi pour la prière.

Ironiquement, c’est seulement lorsque ceux-ci ont demandé un changement de zonage à leur arrondissement afin de se conformer au règlement municipal que l’endroit a suscité la controverse.

«Nous n’avons absolument pas l’intention d’abandonner et notre plan B sera de trouver un autre endroit avec le bon zonage», poursuit Mme Laazari.

Hassna Laarazi est très impliquée auprès des jeunes qui fréquentent le centre communautaire de la rue Legendre.
Photo agence qmi, caroline lévesque
Hassna Laarazi est très impliquée auprès des jeunes qui fréquentent le centre communautaire de la rue Legendre.

Résidents partagés

Moins de la moitié des citoyens inscrits sur la liste référendaire ont voté, c’est une victoire sans équivoque pour le camp du «non».

«Cet endroit-là se cache depuis trois ans, et c’est illégal», clame Nicole Vermette. Selon cette militante, il était normal de refuser le changement de zonage, «puisque l’arrondissement avait déjà refusé trois églises sous prétexte de zonage commercial».

« C’est une liberté pour eux d’avoir un endroit pour exercer leur religion » – Jessi Menjivar, résident

Rencontrés à la sortie du bureau de vote, certains citoyens trouvaient important de faire valoir leur voix par référendum.

«C’est une liberté pour eux d’avoir un endroit pour exercer leur religion», croit Jessi Menjivar.

Peu importe le résultat, le résident Frédéric Edoukou trouve qu’au moins, le référendum aura permis d’éclaircir la vocation du centre. «Je ne voterai pas contre, mais ça aurait dû être plus explicite de dire que c’est une mosquée qu’on voulait là», souligne-t-il.

Enfin, Guisseppe Fratino, un résident qui vit depuis 50 ans dans le quartier, est choqué que les résidents n'aient pas été consultés avant l'implantation de la mosquée, il y a trois ans.

Cette situation n’est pas sans rappeler celle d’Outremont, où des hassidiques veulent aller en cour contre l’arrondissement ou demander un référendum pour ouvrir de nouveaux lieux sur deux avenues commerciales.

L’arrondissement a dit prendre acte du résultat et compte appliquer les mesures qui s’imposent.

– Avec la collaboration de Caroline Lévesque, Agence QMI

 

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