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Faire entrer Postes Canada dans le 21e siècle

Françoise Bertrand tentera de rendre la société de la Couronne rentable

MON-FRANÇOISE BERTRAND
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Françoise Bertrand présidera le Groupe de travail sur l’examen de Postes Canada.

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Françoise Bertrand a choisi de relever un défi colossal, en quittant temporairement la direction de la Fédération des chambres de commerce du Québec pour présider le Groupe de travail sur l’examen de Postes Canada.

Le mandat est simple: rendre la ­société fédérale rentable et la faire entrer dans le 21e siècle. Mais le défi est de taille, car Postes Canada est une ­immense organisation, exploitant le plus grand réseau de détail au pays.

Avec ses 6200 comptoirs postaux, l’institution compte plus de succursales que les réseaux canadiens de Tim Hortons et McDonald’s réunis.

Postes Canada est aussi une société en profonde transformation. Depuis quelques années, les volumes de courrier traditionnel sont en chute libre, ce qui affecte le bilan financier.

Ce déclin des activités historiques survient au moment où la popularité des achats en ligne lui permet de livrer plus de colis.

4 questions à Françoise Bertrand

1. Pourquoi avez-vous accepté ce mandat ?

«Mon intérêt est venu du fait que Postes Canada est une grande institution canadienne. J’ai accepté le mandat pour participer à une transformation comme je l’ai fait au CRTC en étudiant internet et l’intégration verticale dans le secteur des médias (elle a présidé le CRTC de 1996 à 2001, NDLR). Je veux qu’on trouve ce qui va permettre à Postes Canada de perdurer dans le contexte de la réalité de 2016, tout en étant rentable.»

2. Que pensez-vous de l’arrêt de la livraison à domicile ?

«Pour le moment, le gouvernement Trudeau a mis un moratoire sur l’installation des boîtes postales. Mais, comme les deux tiers des Canadiens ne reçoivent pas leur courrier à domicile, on ne peut pas faire l’économie de cette question. Pas plus que du nombre de journées de ­livraison. Certains croient qu’on doit avoir moins de jours de livraison, ­d’autres pensent qu’on a besoin d’une sixième journée, pour livrer des colis plus rapidement. On doit répondre à ces questions, déterminer si c’est avantageux ou pas, si on économise ou pas.»

3. Est-ce que votre équipe va se ­pencher sur le scénario de la ­privatisation ?

«La privatisation ne sera pas abordée. Cette idée ne fait pas partie des ­hypothèses ou des avenues qu’on nous a demandé d’aborder. Ça ne fait pas partie de notre mandat.»

4. Les résidents des régions montent régulièrement aux barricades quand des institutions financières ferment des points de service. On l’a vu avec Desjardins au Québec. Les bureaux de poste pourraient-ils offrir des services bancaires?

«Si on veut créer de vrais revenus ­autonomes, il faut trouver de nouvelles sources de revenus. Nous allons ­examiner l’idée des services bancaires, proposée par le syndicat et des municipalités pour garder une certaine vie dans les ­régions rurales. Il faut déterminer s’il y a de la valeur à aller chercher.»