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Attendre pour mieux courir

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Ma patience a finalement été récompensée hier soir: j’ai été invité à participer à l’épreuve d’un mille à la Diamond League d’Oslo de jeudi.

Ce sera cependant dans le groupe B, durant le programme en après-midi, sauf qu’elle comportera tout de même un bon calibre, ce qui devrait donner une bonne course.

Depuis ma course de 1500 m de jeudi dernier à Rome, je suis basé dans la banlieue de Londres. Jusqu’à hier soir, j’attendais. Je n’apparaissais pas dans la liste initiale des coureurs pour Oslo et mon agent a réussi à convaincre les organisateurs de m’accepter.

Longues journées

L’attente est devenue mon quotidien. Autant je vis des expériences excitantes en compétition, comme lors de la Diamond League à Rome où j’ai couru devant 37 000 spectateurs, autant je passe ensuite beaucoup de temps à attendre entre deux courses. C’est souvent plus «plate» qu’autre chose. C’est comme ça.

Après avoir quitté Rome, j’ai loué un appartement avec Airbnb dans la petite ville de Teddington. C’est moins cher que de loger à l’hôtel et c’est surtout plus pratique parce que je peux cuisiner mes repas au lieu de toujours aller au resto. J’ai choisi cet endroit parce qu’il y a de beaux grands parcs à proximité où c’est agréable d’aller courir.

C’est un beau coin, mais les journées sont longues. La course d’Oslo a lieu dans deux jours et je ne savais pas si j’allais la faire. Je pourrais occuper mon temps en prenant un train pour aller au centre-ville de Londres et visiter un peu, sauf que c’est quelque chose qu’on est moins enclin à faire quand on est seul.

Avoir des entraînements intenses occuperait mes heures, mais je dois limiter mes sorties entre deux courses si je veux arriver à la compétition suivante les jambes fraîches.

J’ai aimé Rome

Peu importe, je vis sur le beau souvenir de mon 1500 m à Rome. Il y avait une belle atmosphère dans le stade. C’était une piste rapide et j’étais content de courir dans un peloton aussi relevé après un hiver où je n’avais presque pas compétitionné en raison de ma blessure au dos. Ça faisait du bien de me remettre le nez là-dedans et d’y aller à fond avec des Kenyans, Éthiopiens et Européens.

Mon chrono de 3 m 36 s m’a enlevé un poids sur les épaules. Je n’ai plus à prouver que j’aurai la forme pour les Jeux de Rio. Par contre, je n’ai pas été aussi compétitif que je l’aurais voulu en terminant 11e et j’ai commis des erreurs tactiques durant la course qui me laissent croire que j’avais une autre seconde plus rapide dans les jambes. Mais je sens que ça augure bien pour le reste de l’été.

Enfin, Oslo!

Maintenant, je suis content de pouvoir courir à Oslo. Durant une saison, s’il y a une épreuve d’un mille à faire, c’est celle-là. C’est la meilleure.

L’an passé, j’y avais aussi été invité. Je devais participer à la course de la section B en après-midi, mais on m’avait plutôt promu dans la grosse course en soirée. C’est là que j’avais pu réaliser le nouveau record du Québec avec mon chrono de 3 m 54 s.

Peut-être que ma patience me vaudra la même surprise...

— Propos recueillis par Alain Bergeron