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Grand Prix du Canada: sur la piste des retombées

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De tous les festivals et événements culturels et sportifs organisés annuellement au Canada, c’est le Grand Prix F1 du Canada qui génère les plus grandes retombées fiscales.

Mais ces retombées sont deux fois inférieures aux prévisions dévoilées en 2010 sous l’ancien gouvernement Charest. Dans le but de justifier les alléchantes subventions versées à Bernie Ecclestone pour conserver le Grand Prix à Montréal, l’ex-ministre des Finances, Raymond Bachand, avait rendu publique une étude de son ministère sur les retombées fiscales de la course de F1 sur le Circuit Gilles-Villeneuve.

Selon le ministère des Finances, la tenue du Grand Prix devait rapporter annuellement des retombées fiscales de quelque 18 millions de dollars, dont 10,2 millions pour le gouvernement du Québec et 7,8 millions pour le gouvernement fédéral.

Avec de telles retombées fiscales, l’ex-ministre Bachand laissait entrevoir une belle rentabilité pour les subventions annuelles versées au cirque de la F1. Cette année, à titre d’exemple, les quatre bailleurs de subventions du Grand Prix vont verser à Ecclestone 17,1 millions de dollars dont: une somme de 4,6 millions par le gouvernement du Québec; quelque 5,7 millions par Ottawa; un montant de 5,68 millions par Tourisme Montréal; et 1,1 million par la Ville de Montréal.

Révision

Les résultats de la nouvelle étude sur les retombées économiques du dernier Grand Prix du Canada tenu en juin 2015 laissent entendre que la précédente étude du ministère des Finances était carrément dans le champ au sujet des retombées fiscales (impôts, taxes de vente, taxes spécifiques).

Au lieu d’encaisser des retombées fiscales de 18 millions de dollars par année, Québec et Ottawa encaisseraient seulement 8,1 millions, soit même pas la moitié des retombées anticipées. Méchant écart!

Sur ces 8,1 millions de recettes fiscales, Québec en empocherait 5,7 millions (au lieu de 10,2 M$) et Ottawa à peine 2,4 millions (au lieu de 7,8 M$). On notera au passage que Québec entre évidemment dans son «argent» puisqu’il retire plus d’argent qu’il n’en débourse. Ce qui n’est pas le cas d’Ottawa.

Malgré ces décevantes retombées fiscales, ni Québec ni Ottawa n’ont manifesté une quelconque déception.

Il faut dire que le Grand Prix génère à lui seul un impact majeur sur l’économie montréalaise, en plus d’être le fer de lance de la nouvelle saison touristique.

Chiffres clés

Voici les autres chiffres clés de l’étude de l’impact économique du Grand Prix réalisée par la firme Ad hoc, en collaboration avec Tourisme Montréal, Tourisme Québec, la Ville de Montréal et le Groupe de course Octane.

  • Nombre de spectateurs : 93 273
  • Touristes : 34 % hors Canada; 18,1 % autres provinces
  • Emplois créés : 640
  • Valeur ajoutée à l’économie du Québec : 42,4 millions $

Et comme impact médiatique, la diffusion du Grand Prix met évidemment Montréal sur la carte du monde à chaque début de saison touristique. Avec sa diffusion dans 150 pays, et un auditoire de 310 millions de téléspectateurs.

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