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Rapport accablant sur la gestion de Brossard

Les élus feraient de l’interférence dans les opérations de la Ville

L’administration du maire Paul Leduc est sévèrement critiquée dans un audit portant sur le climat de la Ville de Brossard.
photo d’archives L’administration du maire Paul Leduc est sévèrement critiquée dans un audit portant sur le climat de la Ville de Brossard.

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Des élus qui interfèrent dans le travail des fonctionnaires, un climat «toxique», des employés en état de détresse; un rapport sur la Ville de Brossard soulève plusieurs points inquiétants sur la gestion de la municipalité.

Le contrôle réalisé par la firme Banks & MacKenzie, dont Le Journal a obtenu copie, expose plusieurs faits troublants.

Des employés de la Ville seraient appelés à constamment modifier leur travail pour «satisfaire les plaintes et les requêtes multipliées d’élus».

On observerait aussi une «détresse psychologique» chez plusieurs.

« Point de bascule »

Depuis des mois, les démissions et les congés de maladie s’accumulent à la Ville de Brossard.

Seulement en 2015, huit employés, dont six fonctionnaires occupant des postes stratégiques, ont quitté leur poste. La greffière est en congé de maladie, tout comme le directeur général adjoint.

À la demande de la Ville, la firme Banks & MacKenzie a effectué un audit sur le «climat organisationnel» de Brossard.

On peut y lire que «l’interférence» des élus dans les opérations affecte les employés.

­ «Il en résulte un repli et une démobilisation des ressources humaines [...] Le contexte actuel de la Ville de Brossard est donc à un point de bascule», disent les auteurs de l’audit.

Danielle Pilette, UQAM
Photo d'archives
Danielle Pilette, UQAM

Patriarcal

«Cela s’apparente à un régime personnalisé, patriarcal, où le maire semble vouloir gérer sa ville comme une petite municipalité», observe Danielle Pilette, professeure au Département d'études urbaines et touristiques de l’UQAM.

«Brossard est à une étape cruciale de son développement, avec la construction du pont Champlain. Il faut un bon climat de travail et un plan stratégique solide», dit-elle.

Inquiétude

«Je serais inquiet à la place du maire. Ce n’est pas normal. Le haut taux de roulement du personnel et le nombre élevé de congés de maladie sont des symptômes qui parlent», ajoute Michel Séguin du Département d'organisation et ressources humaines de l’UQAM.

La Ville de Brossard affirme vouloir appliquer ses recommandations. «Le rapport confirme nos appréhensions que certains employés vivent des moments difficiles et nous déplorons la situation. En octroyant ce mandat, nous nous doutions qu’il existait certains problèmes», a indiqué la porte-parole Isabelle Lamy.

Hier, Le Journal révélait qu’une deuxième conseillère, Doreen Assaad, a quitté le caucus de Priorité Brossard, affirmant partir à cause du style de gestion trop contrôlant du maire Paul Leduc.

Un rapport accablant

«Il s’agit là d’une situation maintes fois observée dans le milieu municipal particulièrement lorsque des élus interfèrent directement au niveau des opérations.»
 
«Les directeurs ont alors l’impression d’être en perte de crédibilité face à leurs employés qui sont continuellement appelés à modifier leurs opérations [...] afin de satisfaire les plaintes ainsi que les requêtes multipliées des élus.»
 
«[...] un environnement de travail toxique où les victimes font alliance, non pas pour corriger les situations, mais pour échanger leur désarroi et perpétrer un climat de travail malsain.»
 
«Plus grave encore, on peut observer une détresse psychologique chez les employés [...] le désarroi témoigné par les employés provient du fait qu’ils sont placés dans des conditions d’échec et d’incompétence.»
 
Source: audit, Banks & MacKenzie.