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Une femme autochtone qui a dénoncé un policier affirme avoir toujours peur

autochtone val-d'Or
David Prince

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VAL-D’OR | Une femme autochtone qui a porté plainte lors de l’enquête sur la Sûreté du Québec de Val-d’Or soutient ne plus avoir confiance dans les services de police, tellement qu’elle est déménagée de peur de rencontrer son présumé agresseur.
 
Chantal Wabanonik a décidé de porter plainte au Service de police de Montréal, qui mène une enquête sur les allégations de femmes autochtones qui disent avoir subi des abus de la part de policiers de la Sûreté du Québec à Val-d’Or, en Abitibi.
 
«Dénoncer m’a permis de me libérer et de reprendre ma vie en main et d’aider mon prochain face à ce qui se passe à Val-d’Or», a-t-elle soutenu.
 
Même si elle a porté plainte, elle ne se fait pas d’illusion quant à la suite des procédures. Elle soutient ne plus faire confiance à aucun corps policier, pas plus le SPVM que la SQ. «J’ai tellement eu de mésaventures avec eux. La crainte est toujours là», a-t-elle dit.
 
Mme Wabanonik soutient avoir déménager à l’extérieur de Val-d’Or depuis qu’elle a déposé sa plainte puisqu’elle craint de croiser son présumé agresseur. 
 
«Une grosse machine»
Le Service de police de Montréal a fait le point sur le déroulement de son enquête devant plusieurs organismes locaux, mais n’a pas voulu commenter devant les médias.
 
La semaine dernière, plusieurs dossiers ont été remis à la Direction des poursuites criminelles et pénales qui décidera s’il y a lieu de porter des accusations contre des policiers. 
 
Le SPVM a cependant spécifié que l’enquête n’est pas terminée, mais entre dans une nouvelle phase.
 
La présidente de Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel, s’est dite satisfaite de la transparence de la démarche du SPVM, mais n’a pas voulu s’avancer sur un éventuel dépôt d’accusations.
 
«On a à faire face à des accusations contre une grosse machine. Pour nous l’important est de faire ressortir le côté systémique. C’est important dire quela problématique va au-delà des accusations criminelles», a-t-elle dit.
 
D’ailleurs, Mme Michel a déploré le fait que les gens du DPCP qui devront décider s’il y aura des accusations n’ont pas suivi de formation sur l’histoire et les traditions autochtones, comme ça a été le cas pour les policiers du SPVM.
 
Soutien aux femmes
La vice-chef de la communauté autochtone de Lac-Simon près de Val-d’Or, Pamela Papatie, est contente que l’enquête se poursuive et que le SPVM lui donne régulièrement des nouvelles. 
 
Plusieurs femmes de Lac-Simon font partie des dénonciatrices et Mme Papatie souhaite que celles-ci obtiennent de l’aide et du soutien.
 
Mme Papatie est d’ailleurs en croisade pour lutter contre l’alcool et la drogue qui sont trop présents dans sa communauté, selon elle. «Je suis déterminée. Les marches vont se continuer dans la communauté et tout ce qu’on espère est de toucher beaucoup de personne. C’est une lutte à long terme», a-t-elle dit.
 
Confiance
Le chef de la communauté de Pikogan, près d’Amos, David Kistabish, a confiance dans le processus mis en place pour prendre les plaintes des femmes. Il soutient que le processus est transparent et il fait pleinement confiance aux gens qui sont en place.
 
«Je vois ça d’un bon oeil. On ne peut pas accélérer le processus. C’est normal que ce soit long», a-t-il dit.
 

Ce qu’ils ont dit

«J’encourage les femmes à dénoncer. Encore plusieurs femmes ne l’ont pas fait. C’est important de croire ces femmes dans le processus de dénonciation»
-Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec.
 
«L’enquête est une démarche exhaustive et très méticuleuse. On comprend que ça prend du temps. On nous a demandé d’être patients».
-Pierre Corbeil, maire de Val-d’Or
 
«Je veux m’assurer qu’il y ait quelqu’un autour d’elles. C’est ce que je demande aujourd’hui».
-Pamela Papatie, vice-cheffe de Lac-Simon au sujet des femmes qui ont dénoncé.
 
«Je trouve que l’enquête est floue. Ils ne nous donnent pas assez d’information. J’aimerais des réponses plus structurées, mais on semble marcher sur des oeufs».
-Chantal Wabanonik, présumée victime