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Québec choisit son quatrième grand patron de l'informatique en 17 mois

Benoit Boivin
Photo courtoisie Benoit Boivin
Conseil du trésor 

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Le gouvernement est sur le point de nommer un quatrième grand patron de l’informatique en 17 mois.

Oubliez un candidat du privé. Notre Bureau d’enquête a appris que Québec aurait plutôt choisi Benoit Boivin, numéro deux de l’informatique au Québec depuis plus de trois ans.

Auparavant, il a travaillé trois ans chez Desjardins et près de 20 ans dans la fonction publique québécoise. M. Boivin n’a jamais été associé à un parti politique.

La chronologie des nominations soulève certaines interrogations:

♦ En septembre 2014, le patron informatique Jean-Marie Lévesque part un an avant la fin de son mandat. Sa gestion avait été remise en question par les parlementaires, dont le ministre Martin Coiteux.

♦ En octobre 2014, le nouveau patron Jean-Guy Lemieux quitte le poste à son tour pour éviter toute apparence de conflit d’intérêts. Son frère était vice-président de la firme CGI. Québec nomme alors par intérim Yves Ouellet, économiste réputé de la haute fonction publique. Mais il n’a pas d’expérience en informatique.

♦ En février 2016, le gouvernement est incapable de trouver un candidat pour clore l’intérim, dont Yves Ouellet espère se départir. Cinq personnes auraient été rencontrées, sans succès.

Durant cette période, Benoit Boivin était pourtant là. Son choix était logique dès l’automne 2014, mais on n’a pas opté pour lui avant deux ans. Comme si une équipe de sport décidait, deux ans après le départ d’un entraîneur-chef, de constater que le meilleur candidat est l’entraîneur adjoint.

Soulignons que le salaire pour le poste peut avoir ralenti l’intérêt de certains candidats. La rémunération est loin d’être embarrassante avec environ 180 000 $. Mais ce dirigeant sera tout de même à la tête de dépenses de près de 3,5 milliards $.

Le salaire pour ce pilote de la gestion informatique est deux fois moins élevé que pour celui qui gère nos boissons alcooliques, soit le PDG de la SAQ qui empoche 375 000 $.

Un important projet de loi devait être déposé durant la présente session. Ce ne sera visiblement pas le cas. Le départ de Martin Coiteux à un autre ministère et le retrait de Sam Hamad du Conseil des ministres ont ralenti le processus.