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Montréal montrée du doigt par le patron de la F1

Le patron de la F1 remet en question l’entente assurant la tenue du GP du Canada jusqu’en 2024

Bernie Ecclestone craint que les travaux de réfection prévus aux installations du circuit Gilles-Villeneuve avant le Grand Prix de l’an prochain ne soient pas complétés à temps.
Photo Le Journal de Montréal, Martin Chevalier Bernie Ecclestone craint que les travaux de réfection prévus aux installations du circuit Gilles-Villeneuve avant le Grand Prix de l’an prochain ne soient pas complétés à temps.

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Annoncée avec fracas en 2014, l’entente assurant la tenue du Grand Prix du Canada pendant 10 ans est remise en question par Bernie Ecclestone.

Le patron de la F1 a indiqué jeudi au circuit Gilles-Villeneuve que certaines clauses de l’accord signé entre les divers paliers de gouvernement pourraient ne pas être respectées.

«J’ai des doutes, a-t-il fait savoir. Un contrat conclu doit être honoré des deux côtés. C’est la responsabilité de chacun.»

Il était convenu que des travaux prévoyant la rénovation des garages, de la tour de contrôle et du centre médical notamment devaient être complétés avant la présentation de la course en 2017.

Or, cette condition majeure risque, selon Ecclestone, de ne pas être livrée à temps. La pression est donc sur Montréal.

Facture de 35 M$

Ecclestone l’a d’ailleurs fait savoir en montrant du doigt la Ville, qui, selon les modalités de l’accord, a la responsabilité d’effectuer ces travaux et d’en assumer la facture estimée à environ 33 millions $.

«Montréal n’appuie pas son Grand Prix», a-t-il fait savoir.

Quelques semaines plus tôt, nous avions émis de sérieux doutes sur le début de ces travaux essentiels. L’intervention du grand manitou de la F1 vient donc confirmer nos propos.

Sans l’achèvement de ces travaux, c’est donc le retour du grand cirque de la F1 qui paraît compromis l’an prochain.

«Nous avons un contrat avec le promoteur, a insinué Ecclestone. On verra pour la suite des événements.»

Dumontier quitte les lieux

Le promoteur concerné, François Dumontier, s’est pointé discrètement à la conférence de presse de la FOM (Formula One Management), annonçant un nouveau partenariat global avec le groupe brassicole néerlandais Heineken, mais il a quitté les lieux avant la fin.

Allez vous-mêmes lui demander pourquoi il n’est pas ici», a dit Ecclestone.

Comme vous l’avez lu cette semaine dans Le Journal de Montréal, l’arrivée de Heineken en F1 a coupé l’herbe sous le pied à Dumontier, dont le contrat avec Sleeman était pourtant valide pour encore trois ans.

Cette décision prive le promoteur et sa compagnie, Le Groupe de course Octane, de l’une de ses principales sources de revenus sur le site.

Ecclestone a réussi à faire invalider cette entente liant Dumontier et le brasseur ontarien pour paver la voie au nouveau partenaire de la F1, qui ne sera pourtant pas le commanditaire en titre du Grand Prix du Canada tant souhaité par son promoteur.

À cet égard, Heineken s’est associée à d’autres courses, dont le Grand Prix d’Italie en septembre, mais pas l’escale canadienne de la F1.

Coderre calme le jeu

Réagissant aux déclarations d’Ecclestone, le maire de Montréal est venu calmer le jeu en fin d’après-midi, même s’il a reconnu que certains des travaux prévus ne seront pas complétés à temps.

«Des imbroglios [avec le promoteur on suppose] ont retardé le dossier, a dit Denis Coderre sur les ondes de Cogeco. J’ai parlé Ecclestone cette semaine et il est au courant de la situation. J’ai une très bonne relation avec lui.

«Ne vous inquiétez pas, le Grand Prix aura lieu l’an prochain.»

Rare point de presse

Ecclestone n’a pas l’habitude de tenir des conférences de presse de la sorte ni de devancer ses séjours à l’étranger. Or, pour une rare fois, il s’est pointé à Montréal dès mardi.

«J’ai moi-même suggéré d’organiser ce point de presse ici, a indiqué Ecclestone, mais Montréal n’a rien à voir avec Heineken.

«Je pense néanmoins que le Grand Prix du Canada a besoin d’un commanditaire majeur, mais, pour des raisons que j’ignore, on est incapable d’en convaincre un.

Dumontier demeure-t-il l’homme de la situation?

«On verra», a répondu Ecclestone.