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«Acheter des services sexuels, c’est criminel»

Prostitution GRC et SPVM
Photo Journal de Montréal, Romain Schué Les policiers ont distribué hier à Montréal des tracts pour sensibiliser la population à la lutte contre l’exploitation sexuelle, particulièrement durant le Grand Prix.

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La police veut essayer de réduire la prostitution durant la fin de semaine du Grand Prix en rappelant aux clients qu'ils peuvent aller en prison.

«Tout événement majeur connaît une hausse, prévient l’inspecteur Martin Roach de la Gendarmerie royale canadienne (GRC). Selon nos informations, ça peut aller jusqu’au double, ou plus, de ce que l’on sait habituellement.»

Selon ce que révélait vendredi Le Journal, les offres sur différents sites de petites annonces pour des services sexuels ont quadruplé à l’approche de cette fin de semaine.

«C’est une question d’offre et de demande. On peut supposer qu’il y aurait aussi plus de mineures impliquées», explique Johanne Paquin, inspectrice-chef du Service de police de la Ville de Montréal.

BANALISATION

Pour la responsable du plan d’action sur la traite de personnes et l’exploitation sexuelle à Montréal, l’intervention des forces de l’ordre s’impose.

«Il faut que les gens cessent de banaliser cet aspect. Acheter des services sexuels, c’est interdit», reprend-elle.

Selon les forces de l’ordre, la population manquerait d’informations. Le tourisme sexuel serait même accepté dans les esprits. «Certaines personnes pensent encore qu’on peut le faire légalement, assure le caporal François Gagnon. Souvent, quand on informe les gens, certains visages changent. Ils ne savent pas.»

L’objectif du porte-parole de la GRC est d’arriver à convaincre au moins un membre d’un groupe. «On le sait, les gens viennent ici pour fêter, explique-t-il. Si on sensibilise une personne, elle pourra dire le soir aux autres que ça n’a pas d’allure de faire ça. Le but est alors atteint.»

TRACTS

C’est avec cet objectif que plusieurs policiers ont distribué vendredi des tracts informatifs à la sortie du métro Peel, à quelques mètres de la rue Crescent et des nombreuses animations pour le Grand Prix.

«Si les citoyens sont témoins de faits ou s’ils ont des doutes, il faut qu’ils fassent appel à nous. On ira sur le terrain, on enquêtera et s’il y a besoin de porter des accusations, on le fera», clame Johanne Paquin.

L’inspecteur Martin Roach assure qu’il y aura «probablement» des arrestations. «On a une présence partout sur le terrain, détaille-t-il. Combattre cette criminalité, c’est une lutte de tous les instants.»

Il explique que la GRC est également présente à différents postes de frontière, en collaboration avec plusieurs organismes américains comme le FBI, pour sensibiliser les touristes.

Toute personne qui paye pour des services sexuels peut être condamnée à une peine minimale de cinq ans.