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Le fossoyeur de RONA ?

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RONA était un lilliputien à côté du géant américain de la quincaillerie, Lowe’s.

Ce dernier avait fait une tentative hostile de mettre la main sur RONA, en 2012, pour étendre son réseau de distribution au Canada. Le gouvernement Charest était alors intervenu à travers la Caisse de dépôt et placement (CDPQ) et Investissement Québec (IQ) pour bloquer Lowe’s.

La transaction finalisée en février 2016 est complètement différente. Lowe’s a allongé 3,2 G$ pour obtenir RONA, le double de sa valeur réelle. Les membres du C.A. de RONA avaient décidé à l’unanimité d’accepter cette alléchante offre.

Le fossoyeur ?

M. Daoust aurait été informé de l’offre de Lowe’s et aurait autorisé la vente des actions de la CDPQ et d’IQ, ce qui laissait la voie libre à Lowe’s. Le ministre nie. Si cette contradiction a une importance en parlementarisme, dans les faits le gouvernement ne pouvait rien faire.

Les administrateurs de RONA voulaient vendre. L’entreprise aurait été dangereusement fragilisée par l’envahissement de son marché par Lowe’s, si RONA avait tenté de résister.

Les actionnaires étaient aussi massivement alléchés par le gain possible.

Il aurait par ailleurs été impossible pour le gouvernement Couillard de réunir des acheteurs québécois prêts à «matcher» l’offre de Lowe’s.

Le gouvernement n’allait tout de même pas nationaliser des quincailleries! Il contrôle la vente de l’alcool, des loteries, nous sommes heureux qu’il n’ait pas ajouté des vis.

Engagements à respecter

La perte d’un siège social est toujours un jour sombre. Mais RONA n’appartenait tout de même pas à l’épine dorsale de notre patrimoine. Elle est dans le commerce de détail d’articles de quincaillerie.

Lowe’s a donné des garanties sur le maintien des emplois, des approvisionnements au Québec et la préservation d’un siège social local.

Nous ne pouvons qu’espérer que ces engagements seront respectés longtemps, car les expériences passées sont inquiétantes.