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De crise en crise

Le gouvernement Couillard en est 
un qui encaisse et encaisse les 
attaques, jusqu’à être acculé dans 
les câbles avant de réagir.
Photo SIMON CLARK Le gouvernement Couillard en est un qui encaisse et encaisse les attaques, jusqu’à être acculé dans les câbles avant de réagir.

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Rarement un gouvernement du Québec aura connu une portion de session parlementaire aussi chaotique que celle que vient de vivre celui de Philippe Couillard.

Plusieurs indicateurs économiques sont pourtant encourageants. C’est le cas pour la création d’emplois, le taux de chômage et les fruits de la politique d’austérité des deux dernières années: la cote de crédit du Québec a été relevée.

Ces bonnes nouvelles sont pourtant passées sous le radar.

D’une crise à l’autre

Le bureau du premier ministre est en mode de gestion – maladroite – de crise depuis six mois.

Le remaniement ministériel de début d’année qui devait relancer le gouvernement pour la deuxième partie de son mandat a plutôt suscité de la grogne à l’interne chez des députés libéraux d’expérience laissés pour compte.

Le démantèlement du trio économique Leitao, Coiteux, Daoust a aussi créé des interrogations.

Le lien possible du ministre Sam Hamad dans le relèvement inexpliqué de la subvention à Premier Tech, où siégeait Marc-Yvan Côté, a mené au retrait de M. Hamad du Conseil des ministres.

L’arrestation de Nathalie Normandeau a également replongé les libéraux dans les allégations de financement illégal.

Le modèle de l’aide à Bombardier a été largement décrié.

Le registre des armes à feu a divisé les députés.

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a dû retirer la section sur les discours haineux d’une loi qu’elle pilotait.

Le ministre Jacques Daoust s’est enlisé profondément dans les marais de la vente de RONA à l’américaine Lowe’s, Uber et les révélations sur la dérive administrative aux Transports.

Le gouvernement a en plus prêté flanc en abandonnant ses partenaires d’affaires dans l’exploration pétrolière à Anticosti.

Statistiques alarmantes

À tous ces dossiers qui ont empoisonné la conjoncture pour le gouvernement Couillard, il faut ajouter des statistiques alarmantes.

Le Québec détient le record en Occident pour les plus longs temps d’attente aux salles d’urgence.

Le taux élevé d’analphabétisme a aussi sonné une alarme.

Les soins déficients donnés aux résidents des CHSLD, les bains notamment, ont choqué dans la population.

Encaisser

Le gouvernement Couillard en est un qui encaisse et encaisse les attaques, jusqu’à être acculé dans les câbles avant de réagir.

Le meilleur exemple de cette caractéristique est le dossier de la gestion aux Transports.

Robert Poëti avait lancé l’alerte mais ce n’est que lorsque des rapports d’enquête ont éclaté au grand jour que le gouvernement s’est résigné à faire entendre les principaux acteurs.

Il était trop tard pour lui. La population avait rendu son jugement.

Un gros coup de barre devra être donné avant la rentrée de septembre.

La meilleure gestion de crise est celle qui permet d’éviter son déclenchement. Les plus proches collaborateurs du premier ministre et des ministres doivent travailler en amont de celle-ci plutôt que d’être toujours en rattrapage dans l’opinion publique.

Plus de transparence est aussi indispensable. Même les informations les mieux cachées finissent par ressusciter, devraient-ils avoir appris.