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Pourquoi détruire le folklore?

3ème séance d' essais libre au circuit Gilles Villeneuve lors du Grand prix du Canada
Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse Année après année, le public montréalais est fidèle à son Grand Prix.

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On a fait tout un plat cette semaine de la nécessité de procéder à la réfection des infrastructures au circuit Gilles-Villeneuve.

Pourquoi au juste?

Le site, dans sa forme actuelle, c’est génial. Il faut arrêter de regarder Abu Dhabi et ce genre d’endroits où des ­milliards ont été dépensés dans ­l’architecture.

On s’en fiche complètement. C’est un Grand Prix affreux. Oui, ça fait une belle image à la télé, mais ça ne sert en rien la course.

Ici, à Montréal, c’est un des seuls Grands Prix où il y a du monde le ­vendredi matin. C’est ça qui compte.

La F1 et la Fédération internationale de l’automobile réclament des changements. C’est devenu une habitude de leur part. Ça permet peut-être d’attirer encore plus de commanditaires.

Jet set

C’est une question d’image jet set qui colle maintenant à la peau de la F1.

Montréal reste à l’américaine, à un ­niveau supérieur, mais pas au niveau de la plupart des Grands Prix de la F1 ­moderne.

Ce serait dommage de partir dans des extrêmes comme on l’a fait ailleurs. Ça détruirait le folklore.

Ici, c’est convivial. Quand tu arrives en Chine, tu es perdu dans le paddock. C’est tellement grand. C’est froid.

Nico, le seul candidat valable

Nico Rosberg sent la menace de son coéquipier Lewis Hamilton, mais comme il doit renouveler son contrat chez ­Mercedes à la fin de la saison, il va tout faire pour gagner le championnat.

Il a dit souhaiter rester chez son ­employeur actuel, mais il ne faudrait pas écarter l’hypothèse de le voir rejoindre Sebastian Vettel chez Ferrari en 2017.

À mes yeux, il représente le meilleur et seul candidat valable pour remplacer Raïkkönen si, évidemment, on montre la sortie au Finlandais.

Rosberg ne serait pas une prise de risque.

On pourrait parler de Carlos Sainz, mais Ferrari doit encore se demander s’il va progresser suffisamment pour ­atteindre le niveau espéré.

Le nom de Sergio Perez est aussi mentionné. Il faut toutefois se souvenir que sa venue au sein d’une grande écurie, McLaren, a mal tourné il y a quelques années.

Daniel Ricciardio, lui, peut faire de bonnes courses, mais sur ­l’ensemble d’une saison, il ne tient pas.

Il Vaut mieux être... stupide

Que pensez-vous de Raïkkönen?

Pour moi, il a perdu son aura. Par le passé, il pouvait faire des saisons lamentables, il était souvent dépassé par ses coéquipiers, mais on l’aimait.

Depuis l’an dernier, il est appliqué, il parle avec ses ingénieurs comme jamais. Il pilote bien, il est rapide et tout le monde veut s’en débarrasser. Comme quoi vaut mieux être stupide et ­méchant.

Dès que tu deviens gentil, les gens ne t’aiment plus parce que tu montres de l’intérêt. Vraiment, je ne comprends pas.

Il commet la moindre petite erreur et c’est un nul. On l’a critiqué à Barcelone pour ne pas avoir réussi à doubler Max Verstappen.

Moi, si j’étais le décideur chez Ferrari, je le garderais, surtout qu’il n’y a personne pour le remplacer à part ­Rosberg. Il pilote mieux qu’en 2008, quand il a gagné le Championnat du monde. Et sa relation avec Vettel est cordiale.

Il a eu un enfant, ça l’a changé. Il a pris conscience de l’importance de son métier. C’est peut-être un pur hasard, mais tout est arrivé en même temps.

Les pilotes ne sont pas des machines, il y a un côté humain chez eux. Tout ce qui t’arrive, même dans la voiture, a une ­importance phénoménale.

– Propos recueillis par Louis Butcher

Hamilton est excusé...pas Rosberg

Du Grand Prix du Canada, je retiens quelques faits saillants, dont la ­manœuvre très discutable de Lewis Hamilton après le départ.

Lui et Nico Rosberg se sont retrouvés côte à côte dans le virage et se sont touchés, mais Hamilton a décidé de ne pas tourner, de s’écarter pour pousser son coéquipier à l’extérieur de la piste.

C’était très limite. Quand Rosberg pose un tel geste, il est critiqué, mais quand c’est Hamilton, il est excusé et on dit bravo.

Ça me fait rire, cette attitude. L’un est applaudi malgré son comportement trop combatif, alors qu’on crache sur l’autre quand il fait la même chose. Je trouve dommage qu’on ne parvienne pas à trouver un équilibre.

14 courses à venir

Hamilton avait été aussi très dur à l’endroit de Ricciardo à Monaco, il y a deux semaines, mais il s’en est tiré ­encore une fois.

Malgré tout, je pense que Rosberg n’a pas dit son dernier mot.

La saison est encore très longue, il reste 14 courses à disputer et, ne ­l’oublions pas, il mène encore le Championnat.

Certains seraient portés à lui ­reprocher d’avoir tenté une ultime ­manœuvre pour doubler Verstappen.

D’accord, ça n’a pas marché, mais sachant qu’il y avait de l’asphalte au dernier freinage, il savait que si ça ne marchait pas, il ne perdrait pas la ­position qu’il occupait auparavant.

Kimi Räikkönen, qui occupait la sixième place, était en effet loin derrière lui. Il n’avait pas à s’inquiéter.

Satanés pneus

J’ai aussi noté de ce Grand Prix qu’il est impossible pour les pilotes d’attaquer avec la gomme Pirelli.

Dès qu’ils se retrouvent dans la ­circulation pour tenter de gagner des positions, ils détruisent leurs pneus.

Les seuls pilotes qui ont été capables d’enchaîner des tours rapides sont Vettel et Hamilton, qui se ­trouvaient devant le peloton.

C’est un gros problème actuellement, en F1, où l’attaque en course est impossible parce que le prix à payer est trop important.

Par contre, magnifique départ de Vettel. Incroyable de constater que Hamilton est incapable d’en faire ­autant. Il en manque souvent.

Vettel doit espérer que les deux pilotes Mercedes continuent à se mettre des bâtons dans les roues. Ils vont lui donner des points et l’écart au ­championnat va diminuer.