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L’envers du décor de 1976

Une exposition présente les coulisses des Jeux olympiques de Montréal

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Avant que la gymnaste Nadia Comaneci ne marque l’histoire aux Jeux olympiques de Montréal, près de 22 000 personnes ont travaillé d’arrache-pied afin de faire de cette fête un grand succès en 1976.

Quarante ans plus tard, les coulisses de cet événement sont ouvertes au public dans le cadre de l’exposition «Les Bâtisseurs des Jeux olympiques de Montréal», présentée à la Maison de la culture Maisonneuve jusqu’au 30 septembre.

Le vernissage, hier, a permis à plusieurs anciens employés du Comité organisateur des Jeux olympiques (COJO) de se replonger dans leurs souvenirs.

«Je pensais que ça ne me ferait rien du tout, mais en le voyant, ça me bouleverse», a admis le réputé chroniqueur Jacques Duval qui a renoué avec une réplique de l’auto-caméra qu’il a pilotée.

«On nous avait demandé de conduire ces voitures qui n’étaient pas exactement dotées d’une grande tenue de route. C’était même un tantinet dangereux quand il pleuvait!»

Parmi ses nombreuses anecdotes, M. Duval se rappelle d’avoir été exclu de la course de cyclisme sur le mont Royal, car il suivait de trop près les coureurs.

«On m’a dit à trois reprises de ralentir. On m’a donc mis hors-course, sorti le drapeau noir comme un mauvais garnement qui n’écoute pas les ordres et on m’a foutu à la porte!»

Plus que du bilinguisme

Pour Sigrid Chatel, responsable des 1047 hôtesses et guides, sa plus grande fierté aura été de dénicher des citoyens canadiens qui parlaient un total de 45 langues.

«C’était une première pour les Olympiques, a raconté celle qui a représenté deux fois le pays aux JO en escrime. Les hôtesses étaient partout, avec les membres du Comité international olympique, les délégations, les athlètes, dans le métro, à l’aéroport...»

«Mon plus beau coup, c’est d’avoir vu les hôtesses participer à la cérémonie d’ouverture. Ce n’était pas prévu alors c’était une surprise. On a pratiqué à minuit la veille.»

Sans internet

L’homme à l’origine de cette exposition, Alain Guilbert, a offert 675 objets de sa collection personnelle.

«Ça fait le tour de tout, des communications aux cérémonies, en passant par le village olympique, la cafétéria, la sécurité, le médical, la radio et la télévision, le graphisme et le design. Tous les services sont représentés en images ou avec des artéfacts. Je ne pensais pas revivre ça 40 ans plus tard. J’ai bien fait de ne pas jeter mes boîtes!, a dit l’ancien directeur de l’information, qui à l’époque devait travailler sans internet.

«Il fallait se déplacer, se rendre sur les lieux et communiquer par téléphone. Ça prenait trois minutes pour transmettre les résultats. Ce fut le “trip” de ma vie!»