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Fâchés que leurs profs boycottent le bal

Les enseignants sont en conflit avec la direction

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Photo Le Journal de Montréal, Romain Schué Élèves au Collège Laval, Matthieu Aurelius-Mongeau, Alexis Heuser et Nicholas Bruyère sont tristes, car leurs enseignants ne viendront pas à leur bal des finissants.

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Les élèves du Collège Laval se disent pris en otage parce que leur bal des finissants qu’ils attendent avec impatience se déroulera sans leurs enseignants, en raison d’un conflit avec la direction.

«C’est notre seul et unique bal, clame Alexis Heuser, un élève en colère. Les professeurs et la direction en verront d’autres, mais pas nous. Cette situation m’attriste».

Le bal des finissants, prévu le 23 juin, se déroulera sans les 84 enseignants du Collège Laval. Pour faire pression sur la direction, ils ont voté à la majorité le boycott de cette fête attendue par près de 400 finissants. Ils sont en désaccord avec la nouvelle proposition d’entente de travail présentée. Aucun enseignant n’a voulu commenter cette situation.

Dans cet établissement privé, l’indignation des finissants est collective. Une pétition a même rapidement recueilli 266 signatures en quelques heures.

«On n’a rien demandé, mais ça nous affecte, regrette Matthieu Aurelius-Mongeau. Ce bal, ça devrait être le fun, avec des profs qui boivent du vin avec nous, qui nous félicitent pour notre costume».

Cette absence serait difficile à digérer. «Une des valeurs importantes que l’on nous a apprises ici, c’est l’esprit de famille. On forme tous une grande famille, assure Alexis. Mais pour notre dernier grand moment, certains ne seront pas là. C’est choquant».

Selon les informations rapportées au Journal, les enseignants, qui ne sont pas syndiqués, auraient une plus importante charge de travail dès la prochaine rentrée. Ils auraient plus d’élèves à diriger, donc plus de corrections durant les soirs et les fins de semaine.

Le directeur du Collège Laval ne contredit pas, mais explique que rien ne changera. «Avec plus d’élèves, il y aura peut-être plus de corrections, mais aussi moins de temps de préparation, détaille Michel Baillargeon. C’est un jeu de vases communicants».

Espoir

Il assure que la tâche d’enseignement de ses professeurs est fixée à 1200 minutes par semaine, comme dans le secteur public. «On apporte des aménagements. Une école qui ne change pas enseignerait encore le latin et la dactylographie plutôt que l’informatique. Il faut se moderniser d’année en année», explique le directeur qui garde la porte ouverte à la venue de ses enseignants.

Les finissants espèrent une issue positive. «On aimerait qu’ils trouvent un accord, car c’est une épreuve unique pour nous, précise Nicholas Bruyere. On attend ce moment inoubliable depuis cinq ans. Il y a certainement d’autres solutions».