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Un bal à 1000 $

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Robe, coiffure, pose d’ongles, maquillage: Laurence Leclerc, 17 ans, dépensera près de 1200 $ pour son bal de finissants. Elle n’est pas la seule. Certaines jeunes filles sont prêtes à dédier des sommes astronomiques à cette soirée. Et c’est souvent les parents qui ramassent la note.

Des milliers de jeunes qui obtiendront leur diplôme dans les prochains jours accordent une importance capitale au bal.

«On planifie ça depuis le secondaire 1. À l’époque, on avait même déjà choisi la couleur de notre robe», raconte Shanna Robichaud-Pasteur, 17 ans, finissante de l’école secondaire Henri-Bourassa, à Montréal, le 27 juin.

Même son de cloche chez son amie Jade Côté-Poirier, 17 ans, qui fréquente aussi l’école Henri-Bourassa. Le bal «est la journée que tout le monde attend».

«Ça marque non seulement la fin de nos études secondaires, mais aussi un nouveau chapitre parce que c’est peut-être la dernière fois qu’on voit certains de nos amis», fait-elle valoir.

Note salée

À elle seule, la robe de Jade Côté-Poirier a coûté 420 $. La facture totale pour l’événement et tout ce qui l’entoure frôle les 1000 $.

Photo courtoisie

«C’est une année très dispendieuse, admet sa mère, Lyne Poirier. Je vais mieux me préparer pour mes deux autres enfants. On oublie souvent, mais il y a beaucoup d’autres dépenses comme l’album, les photos, la collation des grades... Disons que ça grimpe assez rapidement», souligne-t-elle.

Sa fille, qui poursuivra ses études en soins esthétiques, a eu pratiquement carte blanche dans ses dépenses pour se préparer au bal, comptant sur l’appui de sa mère, qui veut que cette soirée soit mémorable.

«Elle a tellement travaillé fort pendant son secondaire. Il y a eu des bouts plus difficiles, mais de voir qu’elle a réussi, je pense que c’est en quelque sorte sa journée et qu’elle mérite de la vivre à fond», confie la mère de Jade, Lyne Poirier.

De son côté, Laurence Leclerc, qui étudie au Collège Saint-Bernard à Drummondville, a été surprise de succomber à la frénésie du bal en achetant une robe à 600 $.

Photo courtoisie

«Je suis choyée, mes parents ont payé mes dépenses, mais, honnêtement, j’ai fait le saut quand j’ai vu combien ça allait coûter», mentionne-t-elle.

La bonne robe

Pour les finissantes, la grande préoccupation demeure le choix de la robe.

Shanna Robichaud-Pasteur a visité une dizaine de boutiques de la Plaza St-Hubert, rue emblématique pour ses magasins de robes de bal, avant de dénicher la bonne.

Photo courtoisie

«Je m’étais fixé un budget de 300 $ que j’avais peur de ne pas respecter, mais, heureusement, j’ai trouvé la robe parfaite pour 210 $», raconte la jeune fille qui a dû commencer à travailler pour payer ­certaines de ses dépenses.

«Je sais que c’est un événement d’une soirée et qu’il faut être raisonnable. Je ne veux pas trop dépenser, mais en même temps je ne veux pas me priver», avoue-t-elle.

Jusqu’à présent, ses dépenses, seulement pour la soirée du bal, s’élèvent à plus de 500 $. Elle partage la facture avec ses parents.

«J’ai hâte, il ne me reste qu’un examen et après c’est notre journée. On est un petit groupe à aller se faire maquiller et coiffer, avant de prendre notre limousine», dit-elle avec enthousiasme.

La totale pour une soirée de rêve

Coûts estimés :

♦ Entrée pour le bal 90 $

♦ Album de finissant 40 $

♦ Collation des grades 30 $

♦ Dîner des finissants 20 $

♦ Pose d’ongles 40 $

♦ Extension des cils 65 $

♦ Location d’une ­limousine 500 $ pour 3 heures

♦ Photographe 25 $

♦ Chaussures 60 $

♦ Coiffure 50 $

♦ Rallonges dans les cheveux 70 $

♦ Maquillage 60 $

♦ Robe 350 $ (en moyenne)

TOTAL DE LA FACTURE: 1400 $

Pas pour toutes les filles

Si toutes les jeunes filles rêvent d’avoir le look parfait, plusieurs ne peuvent malheureusement pas s’offrir une soirée à 1000 $. C’était notamment le cas de Maude Bédard-Prévost, 16 ans, maman d’un bébé de sept mois, qui n’aurait pas pu aller à son bal, le 3 juin, sans l’aide d’une fée marraine.

Maude Bédard-Prévost, qui étudie à l’école secondaire Rosalie-Jetté, à Montréal, a dû changer ses plans il y a un an lorsqu’elle a appris qu’elle était enceinte, à 15 ans.

Photo courtoisie

«C’était hors de question pour moi de dépenser parce que ma priorité, c’est mon bébé. Je ne peux pas m’offrir une robe que je ne vais porter qu’une ­journée», explique-t-elle.

Le 3 juin dernier, grâce au programme de l’organisme Fées marraines, qui offre des robes gratuitement aux jeunes filles dans le besoin, Maude a déniché la robe parfaite en plus de trouver des chaussures, des bijoux et du maquillage.

«Pour moi, ç’a été une soirée encore plus importante que je l’imaginais, parce que j’ai réalisé que j’ai réussi à terminer mes études avec toutes les nouvelles responsabilités de ma vie de maman», confie-t-elle.

Économe

D’autres, comme Karmen Visnjic, qui étudie au collège Laval, choisissent tout simplement, par principe, de ne pas se laisser emporter par la frénésie du bal. La jeune fille de 17 ans a préféré donner une deuxième vie à la robe de la fille d’une collègue de sa mère, qui a terminé ses études il y a quelques années.

Photo courtoisie

«Je pense que c’est un événement ­important, mais je ne trouve pas que ça vaut la peine de payer cher pour une seule soirée», dit-elle.

Karmen ne pense pas dépenser plus de 100 $ pour l’événement. «Je vais me faire coiffer et peut-être poser des ongles, mais pour le maquillage, j’ai regardé des tutoriels sur ­YouTube», souligne-t-elle.

Elle compte aussi utiliser des bijoux qu’elle possède déjà et, après avoir fait le tour de quelques magasins de chaussures, c’est finalement chez sa voisine qu’elle a trouvé chaussure à son pied.

«Je voulais des talons simples et elle en avait une paire qui me fait parfaitement», indique-t-elle.

C’est la tête haute, fière de ses économies, qu’elle célébrera la fin de ses études, jeudi.

5 conseils pour économiser

♦ Établir, dès le départ, un plan des priorités et un budget avec le finissant.

♦ Opter pour une location plutôt qu’un achat. À Montréal, Loue1robe fait la location de robes et de smoking à partir d’aussi peu que 25 $.

♦ S’y prendre à l’avance et ­parcourir différentes friperies à la recherche de la perle rare.

♦ Faire le tour de ses proches ou amis pour voir si certains ont bijoux, chaussures ou autres accessoires qui pourraient être prêtés pour la soirée.

♦ Choisir un mode de transport moins coûteux que la location d’une limousine. Pourquoi ne pas y aller à vélo s’il fait beau?

De bonnes affaires

Aider les finissantes à dénicher la robe parfaite représente des affaires en or pour les commerçants qui peuvent vendre jusqu’à 2000 robes par année.

De janvier à avril, presque la moitié des clientes du Château de la mariée Nadia, sur la Plaza St-Hubert, sont des finissantes.

Dans les boutiques de la Plaza, endroit par excellence pour trouver les robes de bal, les commerçants ne s’étonnent pas des moyens utilisés par les jeunes.

«En moyenne, les finissantes dépensent 350 $ pour leur robe, mais ce n’est pas rare d’en voir repartir avec une robe ­griffée à 700 $. Alors quand tu paies ce prix, c’est normal que tu espères être la seule à la porter», indique Sarah Alouache, propriétaire de la boutique Le château de la mariée Nadia.

Alors que le mariage a perdu en ­popularité, le bal constitue pour plusieurs une des journées les plus importantes.

«Elles veulent que ce soit leur journée. Parfois, j’ai même des clientes qui achètent deux robes: une pour le bal et l’autre pour festoyer à l’après-bal», indique Laura Iannizzi, propriétaire de la boutique Bella dans Westmount.

Facebook à la rescousse

Lors du bal des finissants, c’est connu, toutes les jeunes filles craignent d’avoir acheté la même robe qu’une autre. Mais avec l’avènement des réseaux sociaux, il est désormais possible d’éviter cette honte ultime.

L’idée est simple: on crée une page Facebook où les ­finissantes de chaque classe d’une même école sont invitées à présenter la robe qu’elles ont choisie à leurs camarades. Elles évitent ainsi les situations embarrassantes.

«À notre école, c’est l’initiative d’un groupe de filles, pour éviter qu’on arrive avec le même modèle. Ça nous donne aussi une idée des couleurs que les autres ont choisies», explique Shanna Robichaud-Pasteur, de l’école secondaire Henri-Bourassa à Montréal.

Les pages Facebook pour robes de finissantes abondent sur le réseau social. Une simple recherche rapide montre que des centaines de groupes de finissants planifient présentement leur soirée de fin d’études à l’aide de Facebook.

Sur la page de l’école secondaire Henri-Bourassa, plusieurs se sont empressées de publier une photo de leur robe en espérant que ­personne d’autre ne la choisisse.