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Une controverse blessante

L’idée de renommer un parc d’Outremont en l’honneur de Jacques Parizeau a déchaîné les passions

Lisette Lapointe et Jacques Parizeau lors d’une réception à Montréal en 2013
Photo Agence QMI, GHYSLAIN LAVOIE Lisette Lapointe et Jacques Parizeau lors d’une réception à Montréal en 2013

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À quelques jours d’inhumer son défunt mari, Lisette Lapointe est attristée par la controverse soulevée par plusieurs anglophones qui dénoncent qu’un parc de Montréal soit renommé en l’honneur de Jacques Parizeau.

«Ça me fait beaucoup de peine, car même s’il s’est battu pour que le Québec se prenne en main, il a toujours été respectueux de ceux qui ne partageaient pas son point de vue», déclare la veuve de l’ancien premier ministre, Lisette Lapointe.

Mercredi, les élus de Montréal ont accepté que le parc de Vimy, dans Outremont, soit renommé à la mémoire de M. Parizeau, qui a vécu plus de 30 ans près de l’endroit.

L’arrondissement doit entériner la décision le 20 juin prochain.

Mais déjà, des gens sont montés aux barricades contre la perte d’un symbole canadien pour un homme «qui a failli diviser le pays avec son référendum», comme l’ont décrit des anglophones en colère sur les réseaux sociaux.

Des Montréalais ont exprimé sur Facebook leur frustration envers ce choix.

C’est le quotidien Montreal Gazette qui a parti le bal hier en publiant les critiques du président de la Fondation de Vimy, qui parlait d’«amnésie culturelle».

«Ils n’ont pas à effacer le nom d’un événement aussi important dans l’histoire du Canada», renchérit le directeur général de la Fondation, Jeremy Diamond.

Jeremy Diamond, DG Fondation de Vimy
Photo Twitter
Jeremy Diamond, DG Fondation de Vimy

Inter

À l’aube des 100 ans de la bataille de Vimy de la Première Guerre mondiale, considérée comme la plus importante victoire des soldats canadiens, ce n’est rien pour calmer les détracteurs.

Ministre des Anciens Combattants sous Stephen Harper, Steven Blaney estime qu’il y a d’autres façons d’honorer M. Parizeau.

Encore plus virulent, l’ancien politicien ontarien Bob Rae a même qualifié l’honneur d’«insulte pure et simple» sur Twitter.

Toutefois, sans vouloir jeter de l’huile sur le feu, Mme Lapointe a tenu à rappeler que l’avenue qui borde le parc gardera le nom de Vimy.

«On ne l’efface pas complètement ou on ne lui enlève pas de l’importance», défend celle qui ignorait pourtant tout du projet avant que n’éclate la controverse.

«Que Bob Rae s’occupe de l’Ontario, cela démontre vraiment son manque de savoir-vivre», ajoute quant à lui l’ex-chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.

Ce dernier préfère ignorer les commentaires mesquins émanant des réseaux sociaux et respecter la décision des autorités municipales.

♦ Récemment, le bureau d’affaires de la Caisse de dépôt et placement du Québec est devenu l’édifice Jacques-Parizeau.

– Avec la collaboration de Marie-Christine Trottier

Les cendres de Parizeau inhumées

Patrice Chavegros, Magnus Poirier
Photo Magnus Poirier
Patrice Chavegros, Magnus Poirier

Les cendres de l’ex-premier ministre Jacques Parizeau seront finalement enterrées dimanche, après être restées un an auprès de sa veuve.

«Je voulais le garder avec moi pendant encore un an», confie avec émotion Lisette Lapointe, à l’approche de cette importante cérémonie.

Mais cette décision n’était pas que personnelle, ajoute-t-elle, puisqu’il lui a aussi fallu beaucoup de temps pour trouver un site qui serait dédié à l’ex-premier ministre du Québec.

Le 1er juin 2015, Jacques Parizeau, figure de proue du mouvement indépendantiste, s’est éteint à l’âge de 84 ans.

Celui qui est passé bien près de faire du Québec un pays a été premier ministre de septembre 1994 à janvier 1996.

À Laval

Ce grand homme politique trouvera ainsi son dernier repos au cimetière de Laval, sur le rang du Bas-Saint-François.

Dimanche, ses cendres seront d’abord mises en terre lors d’une cérémonie privée avec ses proches. Ensuite, ce sera au tour du public de lui rendre un dernier hommage en visitant le vaste espace qui lui a été consacré dans le cimetière.

Le vice-président de Magnus Poirier, Patrice Chavegros, qui s’occupe de la cérémonie explique que l’endroit a notamment un bassin d’eau et des bancs pour y accueillir les visiteurs.

«C’est une très grande esplanade avec une terrasse toute paysagée», décrit-il.

Monument

La sépulture inclura aussi un monument consacré à l’ancien premier ministre offert par la Commission de la capitale nationale.

Originaire de Montréal, Jacques Parizeau était établi à Saint-Adolphe-d’Howard avec sa conjointe, qui en est aussi la mairesse, depuis le milieu des années 70.