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Aux courses à Ville Mont-Royal

15 juillet 1939

Avant Après
Photo courtoisie de BAnQ, Conrad Poirier, Horse Racing. Mt. Royal Race Track, 15 juillet 1939, P48, S1, P4036
Photo Ben Pelosse

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Un jockey léger comme une plume

Photo courtoisie de BAnQ, Conrad Poirier, Horse Racing. Mt. Royal Race Track, 15 juillet 1939, P48,S1,P4036

Franchissant adroitement l’obstacle, le cavalier et sa monture sont en tête de la quatrième course de la journée d’ouverture annuelle de l’hippodrome Mont-Royal, situé sur le flanc sud de Côte-de-Liesse, non loin de l’actuel échangeur Décarie. Course des plus enlevantes, elle bouleverse les calculs des experts. Favori de la compétition, le destrier Rouge Catalan, est largement dépassé par Monocle, habilement mené par le jockey S. Varga. Pour les parieurs déçus, la faute revient à E. Kennedy, le cavalier de Rouge Catalan, qui est beaucoup trop lourd: 158 lb! Pour les amateurs de courses de chevaux, les performances d’une monture dépendent d’abord du poids de son jockey. Après tout, le jockey R. Camp, vainqueur de la cinquième course, ne pèse que 98 lb! Menant des purs-sangs au tempérament vigoureux, il n’est pas rare que le jockey soit blessé, comme l’expérimenta le jeune mexicain Gondalez quand il fut désarçonné par Noisette lors de la deuxième course. Adeptes de vitesse et d’émotion fortes, les jockeys vivent dangereusement.

À l’hippodrome Mont-Royal

Photo courtoisie de BAnQ, Conrad Poirier, Horse Racing. Mt. Royal Race Track, 15 juillet 1939, P48, S1, P4035.

Par un samedi frais et nuageux, 6000 amateurs de courses de chevaux se réunissent à l’hippodro­me de la ville de Mont-Royal. Pour 50 cents, vous pouvez être en première ligne comme ces messieurs et dames, livret de pari et jumel­les en main. Pour une place assi­se, une loge à 1 $ vous attend au pavillon du club de la Back River, à l’arrière-plan. Considérée com­me l’une des plus rapides, la piste en forme de poire fut inaugurée en septembre 1915 par le promoteur sportif Tom Duggan. Les paris étant interdits en temps de guerre, les pistes furent fermées entre 1918 et 1920. Bill Dywer relança les courses en 1924 après la construction du pavillon du club au coût de 200 000 $. Un spectaculaire incendie électrique en 1929 et une expropriation partielle en 1933 pour la construction du boulevard Décarie fragilisèrent les finances et les installations. Vendu à Lou Caruso en 1939, l’hippodrome Mont-Royal vécut alors ses dernières années de gloire. Il fut démoli à l’été 1946, laissant place à des immeubles commerciaux.

À Mont-Royal, dite la Cité jardin

Photo courtoisie de BAnQ, Conrad Poirier, Horse Racing. Mt. Royal Race Track, 15 juillet 1939, P48,S1,P4036

Par-delà champs et forêts se détachent le dôme de l’oratoire Saint-Joseph et le mont Royal. Sur les vastes étendues verdoyantes de l’ouest de l’île sont aménagés des hippodromes - à Mont-Royal, à Saint-Pierre (Blue Bonnets), à Saint-Laurent (King) et à Dorval. Fondée en même temps que son hippodrome, la ville de Mont-Royal doit sa création à la construction du tunnel ferroviaire sous le mont Royal dans les années 1910. Chef-d’œuvre d’ingénierie, le tunnel de la Canadian Northern Railway facilita l’accès au Centre-Ville. Pour financer leur entreprise, les propriétaires du chemin de fer décidèrent de lancer un vaste projet immobilier. Sur les terres où, jadis, la famille Décarie cultivait le fameux melon de Montréal, l’architecte paysagiste Frederick Todd aménagea une somptueu­se Cité jardin. Freiné par les guerres et la crise économique, le développement de la ville modèle prit forme à la fin des années 1940 tout en restant fidè­le au plan initial de Todd.