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Labeaume sous surveillance

Le maire sous protection policière depuis qu'il a eu des menaces en raison de l'interdiction des pitbulls

Interrogé sur ce fait, le maire n’a pas voulu commenter.
Photo Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés Interrogé sur ce fait, le maire n’a pas voulu commenter.

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Le maire de Québec bénéficie d’une surveillance policière accrue depuis qu’il a reçu des menaces de mort en raison du règlement interdisant les pitbulls.

Jeudi, l’administration Labeaume a annoncé que dès le 1er janvier 2017, les pitbulls seront interdits sur le territoire de Québec et que les propriétaires actuels devraient se débarrasser de leur animal d’ici là.

Dans les heures qui ont suivi cette annonce, les internautes se sont déchaînés sur les réseaux sociaux. Des menaces ont été proférées envers le maire. Plusieurs énonçaient clairement l'intention de s’attaquer à sa personne.

«Un vrai sans cœur, tu ne mérites pas de vivre», «Ça va te prendre une armée de cochons pour te protéger», «Mon chien va t’manger mon sale trou d’cul», ou «C’est lui qu’on devrait tuer», sont seulement quelques-uns des commentaires qu'on pouvait lire sur la page Facebook du maire quelques heures après qu'il eut publié une vidéo annonçant les intentions de son administration. 

RÉACTIONS HAINEUSES

La police avait alors dit être à l’affut et garder un œil sur la situation. «Je n’ai jamais vu des réactions aussi violentes et haineuses», avait quant à lui réagi le maire, sonné.

Les forces policières ont visiblement pris des mesures exceptionnelles pour réagir à la situation. Le Journal a appris que le maire bénéficie depuis de la protection particulière de huit policiers.

C’était aussi visible, hier, lors des funérailles de l’ex-maire Gilles Lamontagne. Plusieurs policiers en civil accompagnaient discrètement M. Labeaume et surveillaient ses arrières.

Interrogé sur ce fait, le maire n’a pas voulu commenter. À la police de Québec, on nous a recommandés au service des communications de la Ville. Le porte-parole Sylvain Gagné a cependant rappelé que «les menaces ont été prises au sérieux», sans toutefois émettre de commentaire sur les mesures de protection entourant le maire.

DU JAMAIS VU

Mais selon nos informations, il s’agirait d’une situation jamais vue, en raison de l’abondance et de la virulence des menaces.

Deux manifestations sont par ailleurs en train de s’organiser, le 4 et le 16 juillet. Des propriétaires de pitbulls se sont donné rendez-vous le 4 juillet à midi devant l’hôtel de ville pour manifester pour la «conservation du droit de vivre des pitbulls».

Avec la collaboration de Nicolas Lachance

 

Chronologie d’une semaine mouvementée

  • 8 juin: Christiane Vadnais, 55 ans, est attaquée mortellement par le pitbull de son voisin
  • 10 juin:     Le gouvernement du Québec promet d’agir pour réglementer la présence de pitbulls sur le territoire
  • 10 juin: le maire de Québec annonce son intention de bannir la race dans la capitale
  • 15 juin: le comité exécutif de la Ville entérine une modification au règlement sur les animaux domestiques pour interdire les pitbulls à Québec
  • 16 juin: la décision est rendue publique et le maire Labeaume s’attire les foudres des propriétaires de chiens de cette race

 

Une grande marche pacifique se prépare

Une grande marche pacifique contre les lois bannissant certaines races de chiens, prévue pour le 16 juillet à Québec, aura un tout autre sens.

La popularité de l’événement, qui n’était pas spécifique au nouveau règlement sur les pitbulls de la Ville de Québec, a explosé après les propos du maire Régis Labeaume.

Selon Julie Grenier Pruneau, l’une des organisatrices, il est important de démontrer que de bannir une race de chien n’apportera rien.

«On est plus pour la réglementation et l’éducation envers les maîtres. Ce que le maire [Labeaume] a fait, c’est un peu dictateur».

«Dans le fond, on veut montrer que l’on aime les chiens et qu’ils font partie de notre famille.»

Plus de 2000 personnes ont montré de l’intérêt sur Facebook.

La marche se tiendra dans le cadre de la Journée internationale contre la législation spécifique de races canines.