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La pizza qui séduit les Québécois

L’entreprise a fait sa place parmi les grandes compagnies de ce monde

aliment bégin
photo Éliane Thibault, collaboration spéciale Yanick Bégin et son père Bernard réussissent à faire leur place dans un monde de géants. Absent de la photo, son fils Roby et sa fille Lucie assurent aussi la relève.

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SAINT-LUDGER | Une pizza toute québécoise fait de plus en plus sa place sur les présentoirs des supermarchés. Avec sa Resto Pizz, l’entreprise Aliments Bégin gagne le cœur des Québécois une pointe à la fois.

Cette année, plus de 2,5 millions de pizzas seront produites par Aliments Bégin.

Dans les installations de Saint-Ludger et de Saint-Prosper, en Beauce, la pâte est confectionnée, le fromage est râpé et les légumes et charcuteries sont coupés.

«Nous, ce qu’on vend, c’est de la facilité. On propose une pizza pour les soirées pressées qui a le même goût que si elle avait été faite à la maison», dit le vice-président Yanick Bégin.

Prêts-à-manger

Le père de Yanick, Bernard, et son frère Roby ont lancé les opérations en 1994. À l’époque, le père de famille avait vendu son épicerie de Saint-Ludger. Dans ses locaux vides, au bord de la rivière Chaudière, il s’est lancé dans l’industrie des mets prêts-à-manger.

Trois années de labeur auront été nécessaires avant que l’entreprise vaille la peine d’être officiel­lement incorporée.

«Il a fallu travailler fort pour développer les ventes», se souvient Bernard Bégin.

Parmi les différents produits proposés, la pizza s’est rapidement démarquée.

Elle compte aujourd’hui pour 95 % de la production. L’entreprise produit également de la pâte à tarte, des sous-marins, des sandwichs et des hamburgers.

«Au début, on faisait la pâte le jour, on la congelait et on la garnissait le soir. On faisait cinq à six caisses de pizza comme ça par jour», raconte-t-il.

Se tailler une place

Pour la jeune entreprise, il était difficile de se tailler une place parmi les McCain et Nestlé de ce monde. C’est auprès des marchands propriétaires que Resto Pizz s’est d’abord fait connaître avant d’être distribuée par la chaîne Walmart.

«Le réflexe d’un petit joueur comme on l’était, c’était d’aller vers les grandes chaînes. C’est le jackpot! Mais elles savent bien que quand tu es trop petit tu as de la misère à fournir. Il a donc fallu s’y prendre autrement, magasin par magasin et en organisant des dégustations pour faire connaître notre produit», explique Yanick Bégin.

Acquisition

La croissance des Aliments Bégin a mené, en 2006, à l’acquisition de leur concurrent de Saint-Prosper, l’entreprise Leclerc.

Cette transaction leur a ainsi permis d’accéder à un marché de détaillants pour toute la province et d’envisager désor­mais la distribution des produits ailleurs au Canada.

L’usine de Saint-Prosper a été remise à neuf en novembre dernier pour une somme qui frôle les 6 M$. Avec cet investissement, l’entreprise est prête pour développer de nouveaux marchés.


UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

Acheter l'entreprise Leclerc de Saint-Prosper. Cette transaction a permis à Aliments Bégin d'accéder à un réseau de détaillants qui lui était jusque-là inaccessible.  
 
UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS
 
Augmenter le coût du produit trop drastiquement. En 2008, après plusieurs années sans hausse de prix, l'entreprise y a été d'une augmentation trop forte au goût des consommateurs.

UN CONSEIL AUX JEUNES ENTREPRENEURS

Avoir confiance en son produit et être très persévérant. «Il faut aussi aller chercher les bonnes personnes avec qui s'associer. Lancer une entreprise seul, ce n'est pas facile», ajoute Bernard Bégin.