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Québec doit protéger ses sièges sociaux

Robert Dutton réclame un fonds d’intervention

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Photo d’archives, Agence QMI L’homme d’affaires et ancien président de RONA, Robert Dutton, pense que le gouvernement pourrait voter des lois pour protéger les sièges sociaux. La province compte peu de grandes entreprises, dit-il.

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Robert Dutton réclame la création d’un fonds d’intervention pour protéger les entreprises québé-coises de prises de contrôle étrangères. Selon l’ancien président et chef de la direction de RONA, il ne revient pas à la Caisse de dépôt et placement du Québec d’assumer un tel mandat.

«Je ne pense pas que la Caisse soit toujours la solution. Pour RONA, je sais que la Caisse n’était pas la solution. Je me suis battu avec le conseil d’administration là-dessus pendant des mois. Mais, à la fin, c’était la décision du conseil», a dit l’homme d’affaires, dans le cadre d’une entrevue accordée à TVA Nouvelles.

«RONA a développé un écosystème économique qui représente 35 000 emplois dans le secteur manufacturier, au Québec seulement. Ces emplois-là sont à mon avis en danger.» — Robert Dutton, ancien président de RONA

Pendant son intervention, Robert Dutton a précisé que ce fonds ad hoc devrait tout de même avoir des objectifs de rendement à remplir. L’homme d’affaires pense aussi que le gouvernement pourrait voter des lois pour protéger les sièges sociaux, par exemple, en accordant plus de droits de vote aux actionnaires de longue date qu’aux spéculateurs ou en octroyant des pouvoirs aux conseils d’administration, qui reçoivent des offres d’achat hostiles.

35 ans chez RONA

M. Dutton, qui a passé 35 ans à l’emploi de RONA, estime que les Québécois doivent protéger leurs sièges sociaux, car la province compte peu de grandes entreprises. Selon lui, une réflexion doit être faite, en dehors des crises d’angoisse provoquées lors d’acquisitions, sur des questions comme la relève entrepreneuriale et la protection des sièges sociaux.

«Dans le cas de Rona, ce qui me préoccupe c’est les fournisseurs. RONA a développé un écosystème économique qui représente 35 000 emplois dans le secteur manufacturier, au Québec seulement. Ces emplois-là sont à mon avis en danger. Les magasins vont demeurer mais il n’y a pas de garantie de Lowe’s de préserver les achats au Québec», a dit M. Dutton.