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L’important n’est pas seulement de participer

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photo d’archives, usa today sports

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Ça doit être caractéristique des athlètes qui arrivent à la fin de leur carrière, mais je trouve frustrant de me faire dire de ne pas m’en faire lorsque j’ai fourni une performance moyenne.

Je ne vais pas à Rio juste pour pouvoir dire que j’ai participé à trois Jeux olympiques. Je veux réaliser mes meilleurs chronos aux Jeux.

À ma compétition à Barcelone, il y a 10 jours, ça n’a pas bien été. Sur une course de 200 mètres, c’est toujours frustrant de se faire devancer par un écart de 5 centièmes de seconde qui transforme une médaille d’argent en une de bronze.

Je suis quand même capable d’apprécier une médaille de bronze. Je ne suis pas du genre à croire qu’il n’y a que la victoire qui compte et que, si je ne gagne pas une course, je vais en ressortir de mauvaise humeur.

Mais je ne me suis jamais contentée de niveler par le bas. Je ne pense pas avoir nagé à mon meilleur, tout simplement. Ceci dit, ça agace parfois d’entendre: «Ne t’en fais pas, c’est tellement bon que tu sois encore là.»

Toujours faire mieux

Je suis une athlète et je veux toujours faire mieux. Je suis la nageuse la plus âgée de l’équipe et, puisque ma carrière achève, le personnel apparaît plus relaxe vis-à-vis de mes performances. Mais, d’un autre côté, je dois afficher de la discipline et donner l’exemple.

Je comprends mon entraîneur de me dire que je ne dois pas m’imposer trop de pression et que je dois seulement donner le maximum. C’est frustrant, par contre, d’entendre dire que je ne dois pas m’en faire.

Je ne me gêne pas pour le dire à mon entraîneur lorsque je ne suis pas contente de ma course. Il me connaît et il me laisse le temps de digérer. Il n’essaie pas de me contredire parce qu’il sait que c’est inutile. À cause de mon âge, il sait qu’il y a sûrement un fond de vérité dans mon insatisfaction.

Merci, je n’ai plus faim!

Heureusement, notre séjour en Europe nous donne l’occasion de sortir de notre routine. Après les courses à Barcelone la semaine dernière, on a profité d’une journée de congé et on a pu aller marcher sur la Rambla.

À Rome, nous n’aurons pas le temps de visiter parce que les compétitions se déroulent à la toute fin de notre séjour, en fin de semaine prochaine, mais le complexe d’entraînement où nous logeons dans une petite ville de banlieue est charmant. Il y a plein de cafés et de boutiques, et les touristes n’ont pas encore commencé à envahir les rues puisque c’est encore tôt en saison.

On est très bien ici, mais on doit se raisonner au restaurant! La nourriture est excellente et ils nous servent plein de plats, souvent des mets qu’on n’avait même pas commandés, mais qu’ils tiennent absolument à nous faire goûter. Hier, on a eu des pâtes à la sauce carbonara et ils nous ont servi une assiette de risotto sur le côté. Ensuite, il y avait une viande, mais je leur ai dit, dans mon cas, que c’était trop. Je n’avais plus faim.

La nourriture est bonne, mais riche. Ça nous sert de bonne pratique pour les Jeux olympiques, où il faudra être raisonnable!

- Propos recueillis par Alain Bergeron