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De précieux documents de Jackie Robinson exposés à l’hôtel de ville de Montréal

De précieux documents de Jackie Robinson exposés à l’hôtel de ville de Montréal
Chantal Poirier / JdeM

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Deux précieux documents sont exposés au public jeudi à l’hôtel de ville de Montréal. Leur valeur est estimée, par les collectionneurs, à 36 millions de dollars! C’est ce que valent les contrats originaux signés par Jackie Robinson avec les Royaux de Montréal et les Dodgers de Brooklyn.

Deux précieux documents sont exposés au public jeudi à l’hôtel de ville de Montréal. Leur valeur est estimée, par les collectionneurs, à 36 millions de dollars! C’est ce que valent les contrats originaux signés par Jackie Robinson avec les Royaux de Montréal et les Dodgers de Brooklyn.

Et dire que Robinson, le premier joueur de race noire à avoir évolué dans les ligues majeures, avait accepté un salaire mensuel de 600 dollars pour porter les couleurs des Royaux en 1946, en plus d’un boni de signature de 3 500$.

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Chantal Poirier / JdeM

Il avait mené l’équipe montréalaise jusqu’à la conquête des petites Séries mondiales dans la Ligue internationale cette année-là.

«C’était tout à fait normal de ramener ces documents officiels dans la ville où tout a commencé pour Robinson il y a 70 ans», a déclaré le propriétaire de ces contrats, Mykalai Kontilai, fondateur de Collector’s Café.

«Si les Royaux n’avaient pas permis à Robinson de briser cette barrière raciale en 1946, le mouvement pour les droits civiques aux États-Unis n’aurait peut-être jamais été amorcé.»

Une anecdote de Larry King

À ce sujet, le légendaire Larry King, ambassadeur pour Collectors Café, a raconté une anecdote au cours de la rencontre de presse qui s’est déroulée dans le hall d’entrée de l’hôtel de ville.

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«J’ai eu la chance de réaliser deux entrevues avec Jackie à l’époque et il m’avait affirmé que l’année 1946 qu’il a passée à Montréal fut la plus belle de sa vie, a-t-il dit. Il avait tellement apprécié l’accueil et le traitement que les Montréalais lui avaient réservés.

«J’ai aussi eu l’honneur de réaliser une entrevue avec Martin Luther King. Après l’avoir présenté comme étant le fondateur du mouvement des droits civiques, il m’avait vite corrigé en soulignant que le véritable fondateur de ce mouvement avait été Jackie Robinson.»

Indissociables

Les noms de Jackie Robinson et de Montréal sont indissociables et le maire Denis Coderre n’a pas manqué de le rappeler, après qu’on lui ait offert en guise de cadeau un buste de Robinson qui fera partie d’une exposition sur l’histoire du baseball l’an prochain à Montréal.

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«Montréal est une ville où les gens peuvent aller au bout de leurs rêves, comme l’a démontré Jackie Robinson il y a 70 ans», a-t-il commenté.

«Montréal est une ville de baseball et le fait que ces documents d’une grande valeur se retrouvent ici confirme une fois de plus ce que la ville représente pour le baseball. Montréal est un incontournable.»

King souhaite le retour des Expos

On sait que Coderre travaille fort pour faire revivre les Expos. Questionné à savoir si on peut s’attendre à des développements dans ce dossier prochainement, il s’est montré prudent.

«J’ai parlé à plusieurs propriétaires d’équipe au cours des derniers mois et il faut attendre qu’une nouvelle convention collective soit signée entre l’Association des joueurs et les autorités des ligues majeures», a répondu Coderre.

«On est en train de planifier les infrastructures et ce ne sont pas les options de sites pour un stade au centre-ville qui manquent», a-t-il ajouté.

Larry King, un fervent de baseball, souhaite que Montréal retrouve un jour son équipe.

«Montréal ne peut rater son coup si un stade de baseball est construit au centre-ville», a-t-il affirmé pendant que Mykalai Kontilai confirmait qu’il serait prêt à être actionnaire minoritaire dans un tel projet.

Les deux contrats signés de la main de Jackie Robinson seront exposés entre 8h00 et 19h00 jeudi seulement à l’hôtel de ville de Montréal. L’accès est gratuit.

Claude Raymond a tout vu...

Claude Raymond a pu tenir dans ses mains l’un des deux contrats signés par Jackie Robinson lors de la conférence de presse qui s’est tenue à l’hôtel de ville.

L’ancien lanceur des Expos a eu la chance de rencontrer Robinson à plusieurs reprises du temps qu’il jouait pour les Braves.

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«Il venait nous rendre visite à l’occasion dans le vestiaire, question de saluer un grand joueur comme Hank Aaron, a rappelé Raymond. J’ai aussi eu la chance de bavarder avec Robinson lorsque je m’étais retrouvé assis derrière lui dans un autobus, après les cérémonies de son intronisation au Temple de la renommée en 1962 à Cooperstown.

«Il avait échangé avec moi des souvenirs de son séjour avec les Royaux de Montréal, a ajouté Raymond, en grande forme malgré ses 79 ans. Il avait grandement apprécié cette année passée dans la métropole.»

Des taudis pour les joueurs noirs

Raymond a déjà lancé un exercice au bâton pour les Royaux au stade Delorimier, mais il n’a pas eu la chance d’assister à un match disputé par Jackie Robinson.

«L’impact qu’il a eu a largement dépassé les cadres du sport, a-t-il dit. Il a été un précurseur. Il a brisé les barrières entre les Blancs et les Noirs.

«À mes débuts dans les majeures, j’ai été témoin de ségrégation raciale, a rappelé Raymond. J’ai joué avec Ed Charles et il fallait lui apporter de la nourriture parce qu’il n’avait pas le droit de manger dans les mêmes restaurants que nous.

«Je me souviens aussi que l’autobus des Braves débarquait Hank Aaron dans un hôtel que je qualifierais de taudis alors que nous, les Blancs, avions droit aux meilleurs hôtels. Ça horripilait des joueurs étoiles comme Warren Spahn, Lew Burdette et Eddie Matthews, qui tenaient qu’Aaron demeure avec le groupe. Ça se passait encore ainsi au début des années 1960!»

En signant son premier contrat professionnel en 1955, Claude Raymond s’était vu accorder un salaire de 165$ par mois...