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Saint-Solstice ou Saint-Jean

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À quelques heures de la Saint-Jean, nous ne sentons toujours pas la fièvre qui a déjà enveloppé la fête nationale. L’intérêt est davantage tourné vers l’avenir des pitbulls que vers celui de notre propre race!

Les habituelles grand-messes nationalistes de Québec et de Montréal sont certes encore au programme et les listes des artistes retenus sont prometteuses. Mais les Québécois célèbrent bien plus depuis la fin de semaine dernière l’arrivée en grande de l’été que le pays.

Les fêtes de quartier et de rue de fin juin se sont multipliées ces dernières années.

Les grands événements regroupant jusqu’à des centaines de milliers de personnes des dernières décennies étaient à saveur très souverainiste. Les «autres» n’y étaient d’ailleurs pas les bienvenus. Une personnalité politique fédéraliste s’y présentait à ses risques et périls. Presque tous s’en gardaient bien d’ailleurs.

Le Saint-Solstice

Les choses ont évolué. Les Québécois fêtent de plus en plus le «Saint-Solstice», en famille, entre amis ou voisins, dans la bonne humeur, loin de l’esprit revanchard et de l’agressivité qui ont caractérisé trop de réunions passées du 24 juin. Ces rencontres sont aussi beaucoup plus inclusives.

Conjoncture politique

La conjoncture politique y est certes pour beaucoup. La souveraineté et le Parti québécois sont au plancher dans l’opinion publique. La course à la direction du PQ ne lève pas et aucun candidat n’est inspirant. Il n’y a pas d’intérêt pour un autre référendum. Le premier ministre du Québec est ultra-fédéraliste; celui du Canada, un beau Brummell, bat des records de popularité.

Nous demeurons fiers de notre identité, de notre langue, de notre culture et de nos réussites.

Nous savons aussi cependant relativiser davantage. Le Québec a trop de mauvaises notes dans des missions premières de l’État pour nous péter les bretelles sans retenue, comme nous le faisions, en nous racontant entre nous que nous étions les «plus meilleurs» en tout.