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Le PLQ déclare la guerre à... Greenpeace

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La chasse à Greenpeace est ouverte à l'année

À la fois ridicule et pathétique cette nouvelle attaque agressive du gouvernement libéral du Québec et de son ministre des Forêts, Laurent Lessard, contre les écologistes en général et contre Greenpeace en particulier. Cela démontre encore clairement à quel point ce gouvernement est asservi aux intérêts supérieurs du patronat. Nos élus aiment bien s'en prendre lâchement et tout le temps aux gens ordinaires comme les assistés sociaux, les chômeurs, les syndicats et à leurs services publics (écoles, garderies, soins de santé) et aussi aux écologistes. Jamais ils n'ont fait de sortie épique contre le gratin qui s'adonne à la collusion et à la corruption qui ont coûté des milliards de dollars aux Québécois, et contre les créateurs de richesse, qui sont plutôt des créateurs d'évasion fiscale et pas seulement dans les paradis fiscaux. Pas de sortie en règle de nos députés et ministres contre ces crapules.

Pour défendre plus spécifiquement les Produits forestiers Résolu, qui est loin d'être un modèle, le PLQ de Philippe Couillard prend son courage à deux mains et «Québec déclare la guerre à Greenpeace. Le ministre des Forêts accuse l'organisme de faire de la désinformation» (Le Devoir, 26 ma 2016). Vous savez bien mes amis que la «désinformation» est le lot des groupes communautaires, syndicaux et écologistes qui en ont le monopole.

Hypocrisie notoire du PLQ

Quelle honte de voir le PLQ s'attaquer à Greenpeace alors que le responsable de la perte des certificats environnementaux de Résolu est l'organisme international du Forest Stewardship Council (FSC) qui accuse Québec et le PLQ de saccager des milliers d'hectares de forêts vierges et de quasiment les donner aux forestières et à Résolu : «Des prétentions vertes malmenées. Produits forestiers Résolu perd trois certificats écologiques» ...gracieuseté du FSC et non de Greenpeace (La Presse, 13 décembre 2013).

Et Résolu, qui continue de s'en prendre au FSC et de répandre des faussetés, a trouvé chaussure à ses pieds. Le FSC, c'est pas pantoute de même nature que le PLQ vendu et soumis : «Gestion forestière. Résolu sommé d'arrêter ses attaques contre la certification » (La Presse, 17 mars 2015). En passant, le FSC compte parmi ses membres de grandes entreprises internationales. Ce n'est donc pas un ramassis d'ennemis jurés du privé.

Résolu, un exploiteur et le PLQ est complice

Mes amis, la transnationale forestière Résolu est née de la fusion de plusieurs compagnies dont Abitibi Paper, Price paper, Bowater, Consolidated-Bathurst, Smurfit, etc. Cette compagnie a une longue histoire de fermetures sauvages d'usines au Québec et qui a été prise à partie, pour la forme et pour la galerie seulement, par d'ex-ministres libéraux comme feu Claude Béchard, Nathalie Normandeau, Clément Gignac et même Jean Charest. Mais, ce gouvernement libéral est une véritable tapineuse économique dotée d'une éthique élastique et monnayable.

Prenez, par exemple, le titre de ces quelques articles de journaux où l'on voit des ministres libéraux en furie, mais pas pour longtemps et qui ne feront rien à part leur petite crisette, car n'ayant même pas été informés de la fermeture de nombreuses usines au Québec, gracieuseté de Résolu, un immense B.S. corporatif de luxe :

-«Fermeture : le gouvernement Charest critique la Smurfit-Stone» (Le Journal de Montréal, 6 août 2006). Fermeture d'usine en Gaspésie sans avertir personne au PLQ.

-«Québec demande des comptes. AbitibiBowater devra se justifier pour obtenir des droits de coupe» (Le Devoir, 1er décembre 2007). Québec attend encore les «comptes» et Résolu a bien évidemment eu droit à plus de droits de coupe, même si la compagnie a fermé ses usines à Shawinigan, Donnacona et Gatineau sans informer personne au PLQ.

-«130 millions versées à AbitibiBowter. Ottawa a eu ce qu'il pouvait obtenir de mieux, selon Harper» (La Presse, 27 août 2010). Fermeture de l'usine de Dolbeau-Mistassini et Nathalie Normandeau fait son show. Faudrait lui envoyer des roses et des billets V.I.P. pour aller voir Céline Dion.

-«Fermeture d'une machine à papier à Saguenay(Kénogami). Le ministre libéral Clément Gignac lance un ultimatum à Résolu» (La Presse, 14 décembre 2011). Ultimatum mon œil. Clément Gignac qui menace de retirer les droits hydrauliques à Résolu, comme l'a fait Terre-Neuve-et-Labrador. Allô ultimatum puisqu'en 2012, Gignac et le PLQ ont convenu, à l'amiable, d'acheter à 10,6 cents le kilowattheure (indexé annuellement s.v.p.) pendant 25 ans les 26,5 mégawatts annuels d'électricité produite par Résolu. Une bonne façon pour Résolu d'arrondir ses fins de mois sur la carte de crédit de la population ordinaire. En fin de compte, l'ultimatum est plus frondeur avec la population, les syndicats et les écologistes.

Résolu et le PLQ sont maintenant de bons copains

Pour avoir le gouvernement de son bord, en tout temps et à tout prix, rien de mieux de faire, comme d'autres entreprises d'ailleurs, que d'engager un éminent libéral en la personne de Karl Blackburn: «L'ex-DG du PLQ devient directeur chez Résolu» (Le Quotidien, 22 août 2013). Pas grave si monsieur Balckburn ne connaît rien à la forêt, puisqu'il est devenu directeur principal, affaires publiques et relations gouvernementales, c'est-à-dire un puissant lobbyiste ayant déjà ses entrées au gouvernement libéral. Démocratie vous dites? Vous comprenez maintenant pourquoi le PLQ monte au front pour Résolu et met une croix sur les petites contrariétés passagères du passé comme fermer sauvagement plusieurs usines et flushés des milliers d'emplois? Dans la vie, faut pas être rancunier.

Greenpeace n'a pas vraiment le tour de se faire des amis au gouvernement libéral, comme le souligne le titre de cet article : «Greenpeace s'émeut de la générosité des industriels forestiers envers le PLQ» (Le Devoir, 11 avril 2007). Les dirigeants de Greenpeace devraient me consulter sur l'art de se faire des tonnes d'amis. Si les forestières donnent généreusement au PLQ, ce n'est pas du tout pour recevoir un retour d'ascenseur en privilèges de toute sorte, mais bel et bien comme l'a dit l'ex-premier ministre Jean Charest à propos des garderies privées qui sont devenues millionnaires suite à l'octroi de permis gratuits du PLQ : «Garderies privées. Les propriétaires sont généreux par intérêts pour la démocratie, dit Charest» (Le Devoir, 6 mai 2010). Démocratie à la sauce libérale, s'entend.

Faut montrer patte blanche, même si...

Comme Bombardier, SNC-Lavalin, les alumineries et d'autres, les papetières sont de gigantesques B.S. corporatifs à qui l'État, contrairement aux assistés sociaux, donne toujours plus de notre argent à ces quémandeurs professionnels qui se paient plus de lobbyistes. Tiens, prenez le titre de cet article du 24 mars 2016 paru dans Le Journal de Montréal: «Forêts en cadeau aux entreprises. Des redevances "bonbon" exigées par Québec pour l'exploitation de territoires fragiles». Et, en plus, comme les alumineries: «L'industrie forestière veut aussi un tarif d'électricité réduit» (Le Journal de Montréal, 19 novembre 2013). Des tarifs d'électricité réduits c'est-à-dire des tarifs «bonbon». Et pour Résolu, ce n'est pas assez: «Résolu exige d'autres concessions. L'entreprise veut transférer à la sous-traitance des emplois permanents » (Le Devoir, 13 février 2013).

Normal d'agir de la sorte si l'on veut continuer à payer «honorablement» les boss comme dans: «Résolu. Les millions (17.5) d'un ex-p.d.g. confirmé en pleine tourmente» et: «Résolu. Les primes des patrons critiquées.». Et enfin: «Rémunération des administrateurs. Les forestières trônent en tête de liste» (Le Devoir, 8 mai 2009 et La Presse, 25 mai 2011 et 21 février 2008). Tiens, en plus d'avoir fermé des usines et des machines au Québec pourquoi pas flusher le quart de la main-d’œuvre du siège social de Résolu à Montréal, soit une centaine de personnes : «Licenciements et compressions chez Résolu» (Le Devoir, 6 août 2009). Pas de problèmes à se comporter comme des poltrons puisque: «Forêt. L'industrie pense avoir obtenu une oreille attentive du gouvernement» (Le Devoir, 23 novembre 2013). Pas seulement une oreille attentive, croyez-moi. Et le chroniqueur de La Presse, Jean-Philippe Décarie, d'intituler son poétique papier du 26 avril 2013 ainsi : «La "verte" relance de l'industrie forestière». Après la vie en rose, voilà la vie en vert écolo prônée par nos papetières et l'illustre chroniqueur J.P. Décarie.

Tous à l'attaque contre Greenpeace

En plus du Parti libéral du Québec, il y a le maire de Saguenay, Jean Tremblay, qui lance son cri du cœur lancinant: «Appel à la mobilisation contre Greenpeace et les intellectuels. Sortie remarquée de l'élu de Saguenay appuyée par Nathalie Normandeau» (Le Devoir, 11 mars 2015). Et appuyée aussi par le fantassin patronal, Michel Kelly-Gagnon, président du groupe ultraconservateur de l'Institut économique de Montréal dans son opinion du 12 mars 2015 publiée dans La Presse: «Le maire de Saguenay a raison». Tant qu'à ramasser les écolos aussi bien vilipender les intellos.

Après les tire-pois, voici l'artillerie légère qui charge Greenpeace: «Une coalition veut faire taire Greenpeace. Des maires et des industriels demandent à Ottawa (du temps de Harper) de défendre la réputation de l'industrie forestière, mise à mal par le groupe environnemental» (Le Devoir, 28 mai 2015). Le gouvernement de Stephen Harper est bien d'accord avec ces derniers, lui qui avait déjà déclaré une guerre infernale aux écolos, aux intellectuels et aux scientifiques: «Haro sur les extrémistes écolos. Vic Toews craint le terrorisme de groupes environnementaux» et : «Les écologistes classés (par le conservateurs) parmi les menaces à surveiller» (Le Devoir, 11 février 2012 et La Presse, 10 février 2012). Prenez garde mes amis de Greenpeace, car c'est ce même gouvernement qui a dit : «Conservateurs. La torture serait acceptable» (Le Journal de Montréal, 8 février 2012). Les militants de Greenpeace doivent se compter chanceux que Stephen Harper ne soit plus au pouvoir, car c'est lui qui avait aussi déclaré: « Harper favorable à la peine de mort» (Le Devoir, 20 janvier 2011). Selon vous, pour Stephen Harper, des extrémistes et des terroristes écologistes, ça mériterait quoi? Et aussi le même traitement aux intellos et aux scientifiques qui font peur au monde en affirmant, contrairement à ce que pensent Maxime Bernier et Stephen Harper, qu'il y a réchauffement climatique.

Le combat continue. C'est maintenant au tour du président du conseil de l'industrie forestière du Québec, André Tremblay, de s'exclamer en froids sanglots et en chaudes larmes dans son opinion du 17 décembre 2014 parue dans Le Devoir : «Désinformation de Greenpeace : trop, c'est trop». Ou trop, c'est pas assez, c'est selon. Les «boys», vous devriez parfois changer de cassette puisqu'en 2000, vous entonniez la même complainte : «Ottawa doit contrer la "désinformation écologiste"» (Le Devoir, 28 juin 2000). Tout le contraire du patronat qui dit la vérité et l'honnêteté« incarnées.

Ah ben, il n'y a pas que les forestières, le Parti libéral du Québec et le Parti conservateur fédéral qui s'en sont pris récemment à Greenpeace, il y a aussi cette transnationale : «Shell veut bâillonner Greenpeace» (Le Devoir, 22 septembre 2012). Et Greenpeace n'est pas le seul à être harangué par les pétrolières, il y a aussi les producteurs «éthiques» des sables bitumineux de l'Alberta qui ont tonné et détonné: «Ethical Oil s'attaque au Sierra Club» (Le Devoir, 19 décembre 2012). Le patronat ne désinforme jamais les faits même s'il crée et finance des ONG (organisation non gouvernementale) au noms pompeux et hypocrites comme Ethical Oil, Friends of sciences, la ligue des contribuables canadiens, etc. Vous ne le saviez pas encore, mais le pétrole issu des sables bitumineux est peut-être plus polluants, mais il est supposément «éthique» selon les groupes patronaux Ethical Oil et Friends of science. Avec des amis comme ça, on n'a pas besoin d'ennemis, comme ils disent.

Et la dernière est évidemment la poursuite judiciaire : «Produits forestiers Résolu poursuit Greenpeace pour "manœuvre frauduleuse"» (Le Devoir, 1er juin 2016). Cé à souare qu'on fait peur au monde. Je doute fort que cette mesure légale énarve ben gros Greenpeace qui en a vu d'autres.

Faut conclure que Greenpeace fait à merveille son travail pour que les gros de ce monde et leurs pantins se liguent tous en chœur contre lui. Bravo et merci à Greenpeace, un groupe écologiste qui vaut la peine d'appuyer financièrement et qui a toujours eu mon admiration et mon respect depuis que je suis tout petit. Ça fait donc assez longtemps.

Idem pour le film du poète Richard Desjardins

Comme Greenpeance, l'artiste remarquable Richard Desjardins avait critiqué la gestion désastreuse de notre forêt par les exploiteurs forestiers et leurs élus dans son documentaire à succès, paru en 1999, «L'erreur boréale». Mal lui en prit, car il a goûté aux attaques et aux menaces de l'industrie forestière et du gouvernement péquiste affranchis : «L'erreur boréale, un film démagogique? Le ministre péquiste Jacques Brassard donne la réplique à Richard Desjardins» (Le Devoir, 1er avril 1999). Brassard qui accuse Desjardins de «démagogie», on aura tout vu. Le monsieur péquiste est ben mal placé pour faire, à cet effet, la leçon aux autres.

Il y a aussi, gracieuseté du ministre «progressiste» et même «socialiste» des ressources naturelles du Québec, Jacques Brassard, ces perles qu'il a larguées: «Brassard dénonce la thèse fausse du film de Desjardins» et «Marchés étrangers. Brassard prédit un effet nuisible de l'Erreur boréale. L'Évêque d'Amos salue plutôt le courage et la lucidité des réalisateurs du documentaire» (Le Devoir, 31 mars et 1er avril 1999). Toujours les mêmes rengaines et marottes usées à la corde.

En appui à leurs les commandités, les gens d'affaires en ont rajouté, sans toutefois rien ajouté d'intelligent, mais ont plutôt versé, comme toujours, dans la propagande: «Le président de Donohue sert un réplique à l'Erreur boréale. Ceux qui sonnent l'alarme sont ou bien mal informés ou, encore pire, mal intentionnés » (Le Devoir, 22 avril 1999). Richard, une chance que le p.d.g. a dit «ou» et non pas à la fois mal informés et mal intentionnés.

Aussi, il y a eu Bernard Lemaire, le propriétaire de Cascades et de Boralex qui réalise des millions de dollars en vendant à gros prix et sans risque de l'électricité à l'Hydro-Québec, qui dans un autre de ces larmoiements coutumiers a dit, le plus sérieusement du monde, que : «On a un gouvernement (au Québec) qui écoute beaucoup trop les écolos ...» (Le Journal de Montréal, 26 février 2003). Et le frère de Bernard, Alain, d'en ajouter une grosse couche épaisse : «Alain Lemaire s'en prend aux contestataires. Les groupes de pression mènent les entrepreneurs par le bout du nez dit le patron de Cascades» (Le Devoir, 20 avril 2011). Des groupes de pression comme les écologistes et les syndicats monsieur Lemaire? Et qui, d'après vous, mène par le bout du nez les gouvernements comme celui de Philippe Couillard du PLQ? Le Québec, c'est le goulag pour nos entrepreneurs opprimés.

Mais la meilleure, même si les dernières sont, en terme d'ineptie, excellentes, est venue de l'ex-ministre péquiste (un autre de la trempe de Jacques Brassard), qui, devenu, après son service politique, président de l'industrie forestière du Québec, a sévi encore une fois vers le bas : «Guy Chevrette l'a tourné son "bonheur boréal"» (Le Journal de Montréal, 4 mai 2006). Comme l'a écrit le journaliste Yves Chartrand alors au Journal de Montréal : «Disons-le carrément, d'un strict point de vie cinématographique, le Bonheur boréal de Guy Chevrette est un pur navet comme seules les entreprises savent en produire pour vanter leurs activités.» Un navet ... faut-il s'attendre à autre chose?

Terminons par cet autre pertinent article d'Yves Chartrand paru dans le Journal de Montréal du 27 août 2004 : «Les Québécois sont mal informés affirme l'industrie forestière». On est mal informés à cause de Greenpeace en particulier et à ses semblables tous aussi tordus et jaloux les uns que les autres. Voilà pourquoi il faut anéantir Greenpeace, cet empêcheur notoire de tourner en rond. Faisons un acte de foi et laissons les politiciens et les affairistes nous informer correctement, voir à notre bien-être et protéger l'environnement, la faune et la planète. Si seulement on pouvait se débarrasser de Greenpeace et fassions confiance seulement au patronat et aux élus, on sonnerait le glas du réchauffement climatique. Qu'en pensez-vous les copains?