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Le Royaume-Uni quittera l'Union européenne

Le Royaume-Uni quittera l'Union européenne
AFP

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Les Britanniques votaient jeudi sur leur appartenance à l’Union européenne lors d’un référendum historique qui se joue sur le fil du rasoir et va déterminer leur avenir et celui de l’Europe.

Dans un référendum historique sur le «Brexit» jeudi, les électeurs du Royaume-Uni ont voté en faveur de quitter l’Union européenne. Dans une lutte serrée, les partisans du camp du «leave » ont eu gain de cause. 

Les Britanniques ont voté pour une sortie de l'Union européenne, selon les projections de la BBC et de Sky News vendredi, après dépouillement des bulletins dans 302 des 382 centres. Aux premières heures de la matinée, le Brexit, ou British Exit, réunissait 52 % des voix. La participation au scrutin a été forte, avec 72,2 % selon le chiffre officiel.

Newcastle, première grande ville à déclarer ses résultats, a voté seulement avec une courte avance en faveur du maintien dans l’UE, alors que Sunderland, autre ville du nord de l’Angleterre, a massivement choisi le Brexit.

Ces premiers résultats officiels ont suscité une certaine inquiétude des partisans d’un maintien dans l’UE et fait fléchir la livre sterling, qui est aussitôt repassée sous les 1,45 $ après avoir grimpé à 1,50 $ une heure plus tôt.

À Newcastle, le «in» ne l’a emporté que par 50,7% contre 49,3%.

«Cela pourrait être un vrai souci pour le camp du “Remain”. Ils comptaient sur un résultat de 59% contre 41%», a commenté devant des journalistes le professeur Simon Hix de la London School of Economics.

À Sunderland, le «out» l’a emporté à 61,34% contre 38,66%, un score là aussi plus favorable au camp du Brexit qu’escompté.

Le résultat officiel de ce référendum aux enjeux colossaux pour l’avenir du Royaume-Uni et du reste de l’Europe devrait être annoncé vendredi au petit matin.

Après une campagne «extraordinaire», le taux de participation a été «exceptionnellement élevé», a déclaré Nigel Farage, leader du parti europhobe Ukip, à la chaîne d’informations en continu Sky News, peu après le début du dépouillement.

Soutien à Cameron

À l’issue d’une campagne passionnée, axée sur l’immigration et l’économie, les électeurs se sont pressés jeudi pour déposer leur bulletin de vote, malgré les intempéries, notamment à Londres.

Dans les bureaux de vote, les électeurs étaient partagés. «Ce serait un désastre pour l’économie si nous partions», s’alarmait Peter Davies, employé dans le secteur informatique de 55 ans, à Havering dans l’est de Londres.

John Thompson, 57 ans, penchait, lui, vers une sortie de l’UE: «Je suis pour la liberté et l’autonomie et je ne pense pas que l’Europe puisse nous l’offrir», a-t-il dit à l’AFP.

Dans l’europhile Écosse certains soulignaient qu’un Brexit pourrait justifier l’organisation d’un nouveau référendum d’indépendance, après celui de septembre 2014.

Le premier ministre britannique David Cameron, qui a mis en jeu sa crédibilité en menant campagne pour le maintien dans l’UE, a voté à Londres sans faire de déclaration. Il a appelé un peu plus tard ses compatriotes à opter pour le maintien, gage selon lui d’un «avenir meilleur».

Le référendum a exposé les profondes divisions au sein des Tories et du gouvernement conservateur, dont plusieurs membres ont fait campagne pour une sortie du bloc des 28.

Malgré ces divisions, 84 députés conservateurs eurosceptiques ont publié quelques minutes après la fermeture des bureaux de vote une lettre affirmant que David Cameron devait rester Premier ministre quel que soit le résultat du référendum.

«Nous, supporters d’une sortie et membres du parti conservateur, vous remercions pour donner au peuple britannique le choix de leur destinée le 23 juin 2016. Nous estimons que, quelle que soit la décision du peuple britannique, vous avez à la fois le mandat et le devoir de continuer à diriger la nation», ont écrit les signataires, dont Boris Johnson, chef de file du camp du Brexit et ex-maire de Londres.

Boîte de Pandore

L’enjeu est de taille et tous les dirigeants européens sont intervenus pour retenir les Britanniques, conscients que leur départ ferait peser une menace de désintégration du club des pays membres de l’UE.

Le président français François Hollande a estimé qu’il faudra «engager une relance de la construction européenne», quelle que soit l’issue du référendum. Il a souhaité apprendre vendredi matin «qu’ils sont restés dans l’Union européenne, parce que c’est leur place». La chancelière allemande Angela Merkel avait formulé le même souhait la veille.

Outre les conséquences économiques immédiates pour le pays et au delà, un Brexit serait dommageable à plus long terme, ont prévenu les grandes institutions financières internationales, du FMI à l’OCDE.

Il ouvrirait aussi une période de turbulences politiques, avec un probable départ de David Cameron qui n’a eu de cesse de plaider pour le maintien dans l’UE.

Cherchant à freiner les divisions au sein de son Parti conservateur sur l’UE, M. Cameron avait annoncé en janvier 2013 la tenue de ce référendum. Mais il a ouvert la boîte de Pandore et déchaîné les passions, attisées par les redoutables tabloïds britanniques, toujours prompts à vilipender l’UE.

Dans cette atmosphère toxique, le meurtre de la députée pro-UE Jo Cox la semaine dernière, par un homme invoquant la «liberté pour le Royaume-Uni», a sidéré le pays, sans que l’impact de ce drame sur le vote ne puisse encore être mesuré. 

 

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