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Relancer le RÉA: mais... POURQUOI?

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Un groupe d’experts financiers, coprésidé par Sylvain Vincent de la firme comptable Ernst & Young et Claude Désy du cabinet d’avocats Dunton Rainville, prône le retour du régime d’épargne-actions (RÉA).

C’est à leur avis le meilleur moyen pour permettre aux PME de trouver les fonds requis pour accélérer leur croissance. Et il leur apparaît inconcevable de voir si peu de PME québécoises s’inscrire en Bourse ces dernières années.

Lancé en 1979 par Jacques Parizeau, le RÉA a connu ses années de gloire en 1985 et 1986 alors que les Québécois avaient investi 3 milliards de dollars dans les nouvelles émissions d’actions du RÉA. Puis à la suite du krach d’octobre 1987, où nombre de titres RÉA avaient fortement chuté, les investisseurs échaudés ne voulaient plus rien savoir des émissions RÉA. Après quelques tentatives de relance, le RÉA a rendu l’âme en 2014.

NOUVELLE RECETTE

Le groupe d’experts croit avoir trouvé une meilleure recette pour relancer le RÉA.

Il propose un «régime simplifié», avec ́les caractéristiques suivantes: octroi d’un crédit d’impôt remboursable; simplification de la paperasserie administrative; pas de période de détention minimale du placement; assouplissement des règles fiscales si les gains sont réinvestis dans de nouveaux titres RÉA; compensation financière pour l’inscription en Bourse; etc.

Cela dit, a-t-on vraiment besoin en 2016 du RÉA pour financer des PME?

CAPITAL DISPONIBLE

Il faut savoir que le capital d’investissement est très accessible au Québec. En 2015, nos institutions ont investi dans les entreprises québécoises près d’un milliard en capital de risque et quelqueneuf milliardss en capital de développement, soit 10 milliards au total.

Pour financer la croissance de nos PME, on dispose, au Québec, de trois fonds fiscalisés (Fonds de solidarité FTQ, Fondaction de la CSN, Capital régional et coopératif Desjardins), de la Caisse de dépôt et placement du Québec, d’ Investissement Québec, de Réseau Capital, de la Banque de développement du Canada et de Anges Québec Capital... Mais le groupe d’experts pro-RÉA estime néanmoins que l’inscription en Bourse présente, pour une PME, plusieurs avantages supplémentaires: servir de monnaie d’échange pour réaliser des acquisitions; favoriser la participation des employés à l’actionnariat; accroître la notoriété de l’entreprise; réduire l’endettement; etc.

BILAN RÉA

Quand on fait le bilan du RÉA des «belles» années, de 1979 à 1994, que constate-t-on? Les spécialistes (courtiers, avocats, fiscalistes) impliqués dans les émissions ont fait beaucoup d’argent. Des entreprises ont connu un immense succès. Mais dans l’ensemble, les émissions de PME ont présenté une performance décevante et fait perdre beaucoup d’argent à leurs actionnaires. Et ce, malgré les 867 millions de crédits d’impôt accordés par Québec pour avoir investi dans les titres RÉA.

On jase!

Plusieurs mines juniors, toujours inscrites en Bourse, sont devenues des coquilles vides.

Pourquoi ne pas s’en servir pour lancer de nouvelles émissions d’actions de PME!