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Saccage à Montréal-Nord: les casseurs s’en tirent sans accusations

La police n’a identifié aucun vandale de Montréal-Nord

Une manifestation contre la brutalité policière a dégénéré le 6 avril à Montréal-Nord lorsqu’une cinquantaine de casseurs ont vandalisé commerces et voitures.
Photo d'archives, Agence QMI Une manifestation contre la brutalité policière a dégénéré le 6 avril à Montréal-Nord lorsqu’une cinquantaine de casseurs ont vandalisé commerces et voitures.

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Plusieurs décrient vivement le fait que l’enquête policière sur les casseurs de Montréal-Nord se soit conclue sans aucune accusation.

«Quelle déception», se désole l’ex-policier François Doré. «On a laissé une bande de voyous tout saccager et le message qu’on leur envoie, c’est: “pas de trouble”», dénonce-t-il.

Le 6 avril dernier, une manifestation contre la brutalité policière a dégénéré à Montréal-Nord lorsqu’une cinquantaine de casseurs encagoulés ont vandalisé des commerces, des voitures et même le poste de police de quartier, sans que les policiers interviennent.

Décision critiquée

À l’époque, cette décision avait été fortement critiquée, mais le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s’était défendu en disant que c’était une stratégie pour éviter qu’il y ait des blessés.

«Avec tout le visuel qu’on a, on a de bons suspects dans notre mire», avait assuré Ian Lafrenière, alors porte-parole du SPVM.

Jeudi, le SPVM a confirmé au Journal que son enquête était terminée et qu’il n’y aurait pas d’arrestation. «Nous n'avons pas été en mesure d'identifier personne, car les images n'étaient pas d'une qualité suffisante», soutient le commandant Guy Bianchi.

Interrogé à savoir si la stratégie de ne pas intervenir avait été la bonne en rétrospective, il n'a pas voulu commenter.

Un dénouement qui déçoit, mais qui ne surprend pas la criminologue Maria Mourani. «Les casseurs étaient masqués, c’est difficile de les identifier avec des preuves solides», dit-elle.

Commerçants déçus

Elle ne comprend pas non plus pourquoi les images des caméras de surveillance sont, encore aujourd’hui, d’aussi piètre qualité.

Pour sa part, François Doré se demande pourquoi le SPVM termine cette enquête aussi rapidement.

Les commerçants de Montréal-Nord ciblés par les casseurs se désolent quant à eux du manque d’action de la police.

«C’était dommage quand les policiers ne sont pas intervenus et là, personne ne sera arrêté», soutient le propriétaire d’un commerce, Josué Reyes, qui estime qu’à Montréal-Nord la police ne s’occupe «que de la circulation».