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Souveraineté-association

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Les souverainistes québécois ont tenté désespérément de s’agripper ces dernières années à des courants plus ou moins apparentés, en Catalogne et en Écosse.

Ils y ont même dépêché des délégations dans l’espoir de pouvoir s’associer sur place à des victoires du OUI. Ils souhaitaient que les Québécois aient ainsi des démonstrations que le nationalisme n’est pas démodé et qu’il y a une vie à l’extérieur des grands ensembles politiques et économiques.

Ironiquement, ce sont les dirigeants du «leave» en Grande-Bretagne, pays historiquement présenté chez nous en conquérant assimilateur, qui leur ont fourni la caution recherchée.

Nos souverainistes jubilent néanmoins.

Négociations difficiles

Certaines similitudes frappent avec le référendum de 1980 au Québec. Les dirigeants du OUI ont obtenu le mandat de négocier une formule de souveraineté-association avec les 27 autres de l’Union européenne.

Leur premier défi est de former un gouvernement assez représentatif et de poids pour obtenir le rapatriement de larges pans de pouvoirs, tout en conservant les avantages de l’appartenance à l’UE. Garder le beurre et obtenir l’argent du beurre.

Son rapport de force sera faible face aux représentants des pays membres, certainement pas disposés à faire des cadeaux aux déserteurs.

Le OUI, à moins de 52 %, risque de s’effriter au Royaume-Uni au cours des deux prochaines années.

Des perturbations

Les autonomistes, notamment chez les jeunes électeurs, ont fait un pied de nez aux élites politiques et économiques qui agitaient le spectre de graves perturbations dans le cas d’une victoire du «leave».

Pauline Marois avait déjà évoqué cinq années d’instabilité à la suite d’un Oui à la souveraineté du Québec.

Le résultat final du scrutin en Grande-Bretagne n’était pas encore connu que des perturbations économiques s’enflammaient.

Les Britanniques ont plongé dans l’inconnu, sans l’engagement, comme pour les Québécois en 1980, d’un possible retour en arrière si les négociations avec l’UE ne produisaient pas les fruits attendus. Le coût pourrait être désastreux.