/24m/transports
Navigation

Explosion du nombre de plaintes contre les taxis depuis janvier

Bloc taxis, véhicule, stationnement, taxi
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

Le nombre de plaintes envers les chauffeurs de taxi a bondi de plus de 60 % pour les cinq premiers mois de l’année, une conséquence directe de l’arrivée d’Uber, estime l’industrie.

«La forte médiatisation du débat a davantage sensibilisé les passagers à leurs droits», avance le porte-parole du Comité provincial de concertation et de développement de l’industrie du taxi (CPCDIT), Georges Tannous.

Une théorie confirmée par Michel Langlois, directeur du département de marketing à l’ESG de l’UQAM, selon qui «Uber a élevé le niveau critique des gens par rapport à l’utilisation des taxis et a déverrouillé les frustrations. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg.»

Il faut dire que depuis l’arrivée d’Uber, les chauffeurs ont constaté une baisse d’achalandage variant entre 10 à 30 % selon les périodes, affirment la CPCDIT et le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos.

Uber aurait aussi eu des effets négatifs sur les chauffeurs, selon Angelo Soares, sociologue du travail et professeur titulaire au Département d’organisation et ressources humaines à l’UQAM. «Il n’y a pas d’excuses ni pour le manque de courtoisie, ni pour le manque de sécurité, mais dans un contexte de grande compétition, les chances de commettre des erreurs sont plus grandes».

Au BTM, on espère plutôt que cette augmentation est le résultat d’une campagne de sensibilisation incitant les clients à déposer une plainte.

Hausse de 63 % des plaintes

Le Bureau du taxi de Montréal (BTM) a reçu 480 plaintes entre le 1er janvier et le 31 mai 2016 contre 294 l’an dernier à la même période, soit une augmentation de 63%, a appris le 24 Heures, en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Pour cette même période, le BTM a émis 526 avis d’infraction, contre 478 l’an dernier.

Mais selon le CPCDIT, ces chiffres indiquent «surtout qu’il y a plus de clients qui se plaignent, pas forcément plus de problèmes».

«Et ce nombre [de plaintes] est minime sachant qu’il se fait 25 millions de courses chaque année à Montréal», relativise M. Tannous, qui se dit conscient que certains chauffeurs doivent changer leurs comportements.

Une bonne chose

Le nombre de plaintes et d’avis d’infraction étonne tout de même le porte-parole du RTAM-Métallos, Benoit Jugand. «Ça veut dire qu’il y a encore du travail à faire au niveau des chauffeurs et des propriétaires», dit-il.

Cependant, avec un retour 24 heures après le dépôt d’une plainte et des évaluations de clients mystères, le BTM espère «améliorer le service à la clientèle».

AU CPCDIT, on pense aussi que ces plaintes permettront de mieux identifier et donc de mieux adresser les problématiques. «Les chauffeurs qui ne respectent pas les règlements ne sont qu’une minorité, faire une plainte est la seule façon de régler les problèmes», conclue M. Tannous

Uber a refusé de nous donner le nombre de courses et de plaintes mensuelles, rappelant que «la note moyenne des chauffeurs à Montréal est de 4,72 sur 5». Les chauffeurs de taxi rencontrés ont également préféré ne pas faire de commentaires.

Quelques chiffres*

Nombre de plaintes du 1er janvier au 31 mai 2016

2016 = 480

2015 = 294

2014 = 294

2013 = 244

2012 = 279

Nombre d’avis d’infraction entre le 1er janvier au 31 mai 2016

2016 = 526

2015 = 478

2014 = 474

2013 = 369

2012 = 383

Nombre de plaintes annuelles

2015 = 810

2014 = 687

2013 = 604

2012 = 618

Top 5 des plaintes reçues en 2016*

Chauffeur n'ayant pas été courtois avec un client = 58 plaintes

Chauffeur n'ayant pas offert une conduite sécuritaire = 27 plaintes

Non-respect du code de sécurité routière = 24 plaintes

Chauffeur n'a pas accepté le paiement électronique = 23 plaintes

Plaintes sur la propreté intérieure du véhicule = 18 plaintes

* Source : Bureau de taxi de Montréal