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Sa vie «a été détruite»

Accusé d’agression sexuelle en 2013, un animateur de polyvalente a été déclaré non coupable

André Bordeleau
Photo Facebook À son grand soulagement, un animateur à la vie étudiante a été reconnu non coupable d’agression sexuelle sur une élève, jeudi.

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SAINT-HYACINTHE | Un animateur à la vie étudiante accusé d’agression sexuelle et d’attouchements sur une élève s’est effondré en larmes lorsqu’un juge l’a déclaré non coupable, jeudi.

«Mon fils a été détruit, s’est exclamée la mère d’André Bordeleau à sa sortie de la salle de cour du palais de justice de Saint-Hyacinthe, jeudi. Ça ne se pouvait pas. Je n’ai jamais douté de mon fils, jamais.»

En 2013, l’animateur à la vie étudiante de la polyvalente Monseigneur-Euclide-Théberge de Marieville, en Montérégie, a été accusé d’attouchements sexuels en situation d’autorité et d’agression sexuelle sur une victime de moins de 16 ans.

Une élève, qui avait 15 ans à l’époque, prétendait que M. Bordeleau l’aurait embrassée lors d’un voyage humanitaire au Guatémala en 2012 et qu’il y aurait eu plusieurs gestes déplacés posés l’année précédente.

Or, le juge Gilles Charpentier a retenu la version des faits de l’animateur, qui a toujours nié avoir posé de tels gestes.

«Les sentiments amoureux de la victime étaient unilatéraux [à sens unique]», a-t-il noté, ne manquant pas de souligner les contradictions entre les différentes versions livrées par l’élève.

Une dizaine de proches de M. Bordeleau étaient présents jeudi. La plupart ont éclaté en sanglots en entendant le juge déclarer l’animateur non coupable.

Colère

Toujours fâchée, la mère de M. Bordeleau a dénoncé que «ça n’a pas de bon sens». «Lors de son arrestation, les policiers l’ont menotté, embarqué, puis il a attendu quatre heures dans une cellule avant de savoir qu’est-ce qu’on lui reprochait», a-t-elle poursuivi.

«Je le savais tellement que ce n’était pas vrai, j’étais présente lors des événements, je n’ai jamais douté d’André», a renchéri, émue, une ancienne élève qui a témoigné en faveur de l’animateur au procès.

Visiblement soulagé, le principal intéressé n’a pas souhaité s’adresser aux médias.

«C’est une grande journée aujourd’hui parce que tout le milieu scolaire a été ébranlé et est toujours ébranlé», l’enseignante Mariane Moisan, qui a exprimé sa peine et sa sympathie pour l’élève amoureuse.

Réputation

Sans commenter le cas de M. Bordeleau en particulier, le sexologue clinicien Mario Larivée Côté estime qu’il serait important qu’une personne qui dépose une fausse plainte soit poursuivie en justice pour méfait public.

La réputation des hommes accusés à tort d’agression sexuelle est à rebâtir de A à Z. Certains douteront toujours de leur innocence.

«En 2016, les enseignants doivent absolument se garder une distance avec les adolescentes ou s’assurer d’être dans un endroit où il y aura des gens autour», prévient-il.

 

Ce que le juge a dit

«On peut certes se questionner si la façon de faire de l’accusé est appropriée, mais tel n’est pas le débat», a dit le juge Charpentier. Il faisait alors référence à l’habitude qu’aurait eue M. Bordeleau de faire des câlins, de donner des baisers sur le front et de toucher les genoux de tous ses élèves.

«Les compliments faits par l’accusé et les “je t’aime” dits par l’accusé apparaissent au tribunal comme étant une formule de familiarité décrite par tout un chacun, utilisée couramment par l’accusé dans un contexte d’humanisme et de proximité, peut-être inappropriée, mais pas effectuée dans un contexte sexuel.»

«Toutes les personnes entendues ont dit la même chose: André Bordeleau est une personne impliquée dans tous les projets et tout le monde le connaît. Pour une école qui comporte 1100 élèves, il s’agit d’une personne importante qui est “sur le terrain” et que les élèves côtoient au jour le jour.»

«En ce qui concerne les deux baisers dans le bureau [qui ont été mentionnés devant la cour], il est surprenant de constater que l’élève n’en parle pas aux policiers à plusieurs reprises, alors qu’elle fait des déclarations écrites et vidéo.»

«En conséquence, la preuve faite en défense soulève un doute raisonnable sur chacun des gestes reprochés.»