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Les vraies affaires

FBL-COPAM2016-ARG-CHI
Photo AFP

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Le Portugal est devenu hier le premier pays à obtenir son billet pour les demi-finales de l’Euro.

Voyons rapidement comment se présentent les trois autres matchs des quarts de finale qui auront lieu aujourd’hui, demain et dimanche.

Belgique–Pays de Galles

On a toujours su que les Belges avaient l’une des sélections les plus talentueuses. Leur début de tournoi a été un peu poussif, mais le rodage se fait progressivement.

Hazard joue comme quelqu’un qui veut rappeler sa valeur au monde après son année de misère à Chelsea.

Solide et appliqué, le Pays de Galles confirme qu’il n’a pas volé sa place. Si le match reste serré, tout est possible. Il ne faut donc pas que les Gallois encaissent un but rapide qui les forcerait à ouvrir le jeu.

Cela dit, la Belgique est clairement favorite, même si je ne suis pas encore sûr que tout ce talent en fait une véritable équipe, avec un style clair et des responsabilités comprises par chacun.

France–Islande

Logiquement, le fabuleux conte de fées de l’Islande devrait prendre fin contre la France.

Ces formidables Vikings sont déjà entrés dans la légende du foot. Ils nous font redécouvrir la joie pure du sport de notre enfance.

Quant à la France, elle montre un esprit guerrier qui fait plaisir à voir. On est loin, très loin de l’ère Domenech, quand la fragilité psychologique du collectif faisait peine à regarder.

Deschamps a eu parfaitement raison de laisser Benzema à la maison.

Cette équipe de France sera belle à voir pendant plusieurs années.

Allemagne–Italie

La performance italienne contre l’Espagne a fait écarquiller des yeux le monde entier.

Avec un Buffon protégé par le trio Barzagli-Bonucci-Chiellini, vous avez le meilleur quatuor défensif du monde. Indiscutablement.

On n’attendait cependant pas autant de dynamisme en milieu de terrain et d’opportunisme en attaque de la part de joueurs qui sont loin d’être des mégavedettes.

La Serie A a d’énormes problèmes financiers, mais l’Italie reste une formidable école pour enseigner l’art de jouer intelligemment.

Tout de même, bien qu’une victoire italienne soit très possible, je suis incapable de parier contre les champions du monde. Les Allemands savent sortir le gros match quand il le faut.

Messi

Pendant ce temps, à l’autre bout du monde, en Argentine, les propos de Messi sont devenus une véritable affaire d’État.

Après la défaite crève-cœur de l’Argentine face au Chili, en finale de la Copa América, Messi, qui avait raté son tir de barrage, a annoncé, le cœur brisé, qu’il venait de jouer son dernier match pour l’équipe nationale.

Avec l’Albiceleste, les déceptions lors des tournois majeurs s’accumulent pour la «Puce». La médaille d’or olympique de 2008 est son seul titre majeur sous les couleurs nationales.

En Argentine, depuis longtemps, on casse tout le sucre qu’on peut trouver sur Messi. Il en a eu assez.

S’il voulait provoquer un séisme, c’est réussi. Le président du pays, Mauricio Macri, lui a téléphoné en personne pour qu’il revienne sur sa décision. C’est ça le foot en Argentine.

Diego Maradona, le plus impitoyable critique de Messi, a aussi retourné sa veste. Tout le gratin du foot argentin, pris d’un sentiment de culpabilité, fait pareil.

Meilleur joueur du monde, Messi a le gros bout du bâton. Si j’étais lui, je ne dirais rien pendant un bout de temps et je les laisserais cuire dans leur jus.

coup de cŒur

Quelle scène extraordinaire après le match contre l’Angleterre que ces partisans islandais ­chantant en chœur, dirigés par leurs joueurs! Et ces partisans ne sont pas allés ensuite tout ­saccager en ville. On voudrait que ce soit toujours comme ça.

coup de gueule

L’Angleterre n’a rien gagné ­depuis 50 ans, mais se perçoit ­toujours comme la royauté du ­soccer parce qu’elle a inventé le sport. Une seule question: que vaudrait le championnat anglais

si on enlevait tous les joueurs étrangers?

à surveiller

En fin de semaine, on se ­concentrera évidemment sur les matchs de l’Euro dont je viens de parler. Mais n’oublions pas que l’Impact reçoit, demain, la ­Nouvelle-Angleterre. Les ­Montréalais traversent une période de flottement.