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Un Montréalais champion canadien de la mémoire

Francis Blondin, Champion de la mémoire
Photo Annabelle Blais Francis Blondin, Champion de la mémoire

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Quand Francis Blondin fait l’épicerie, il n’a pas besoin d’une liste. Ce Montréalais qui peut retenir l’ordre d’un jeu de cartes mélangées en moins de deux minutes a été couronné champion canadien de la mémoire, samedi.

Le Championnat canadien de la mémoire s’est discrètement tenu dans une salle de cours de l’UQAM. Créée en 2012 à Toronto, la compétition avait eu lieu pour la première fois à Montréal cette année et a attiré une vingtaine de participants. Ce type de compétition, très peu connue chez nous, est très populaire en Europe et en Asie.

«Trier, tête, ciel, fil, astuce, détail, attendre.» Ces mots sans aucun lien entre eux, M. Blondin en a retenu 106. «J’ai fait quelques erreurs par contre et obtenu un score de 83 points», dit le vainqueur de l’épreuve.

À sa première participation, Valérie Grenon, qui s’est initiée à la discipline il y a trois mois, s’est fait remarquer en remportant l’épreuve des noms et visages.

«J’ai toujours aimé étudier alors quand j’ai entendu parler des concours, j’ai eu envie de me mettre au défi», dit la femme de 39 ans qui, lorsqu’elle ne s’exerce pas à se souvenir des chiffres et des lettres, travaille comme analyste en comptabilité dans une banque.

« Chut ! »

Une compétition de mémorisation n’est pas des plus dynamique à regarder, mais n’en est pas moins fascinante. Les épreuves se déroulent dans le plus grand silence. Les compétiteurs aguerris portent même des protège-oreilles dignes des travailleurs de la construction.

«C’est pour éviter toute distraction», a dit Darren Michalczuk, un professeur albertain qui a fait le voyage avec sa femme et ses trois enfants pour participer à l’événement.

«J’arrive à retenir jusqu’à 300 mots normalement, mais aujourd’hui j’étais stressé et je n’en ai retenu que 80 environ», a-t-il expliqué.

Pour avoir une bonne mémoire, tout est une question de pratique. «C’est comme s’entraîner à la course sauf que c’est un exercice mental», dit M. Blondin, qui est capable de nommer 2000 chiffres après la décimale du nombre pi.

Valérie Grenon qui en était à sa première compétition de mémoire s’est fait remarquer en terminant deuxième pour l’ensemble des épreuves.
Photo Annabelle Blais
Valérie Grenon qui en était à sa première compétition de mémoire s’est fait remarquer en terminant deuxième pour l’ensemble des épreuves.

Association

«Un chiffre c’est ennuyant, mais quand on le transforme en image, ça devient amusant.»

Le secret est effectivement d’associer des mots ou une carte à un personnage, une action ou un objet. C’est la méthode dite PAO.

Par exemple, pour retenir l’ordre des cartes à jouer, Mme Grenon a associé le cinq de cœur à la lune; le trois de trèfle au capitaine Haddock; et une autre carte au whisky.

Plutôt que retenir une série de chiffres, on crée ainsi des images originales. «Ça semble compliqué, mais en fait c’est beaucoup plus facile à retenir», assure-t-elle.

«Quand on essaie d’enseigner des chiffres et des lettres à l’enfant, c’est abstrait et ennuyant, poursuit M. Michalczuk. Mais avec des histoires, ça change tout.»

Des épreuves pour la mémoire

Numéros aléatoires

Le participant doit retenir la plus grande série de chiffres dans le bon ordre après les avoir lus sur une feuille. Chaque feuille contient 25 rangées de 20 chiffres. Francis Blondin a remporté l’épreuve en retenant 130 chiffres en 5 minutes. Le champion du monde, l’Américain Alex Mullen, peut en mémoriser 550 en 5 minutes.

Noms et visages

Les participants regardent une série de photos en noir et blanc associées à des prénoms et noms.

Les noms sont ensuite retirés et ils ont 15 minutes pour les réécrire correctement à partir des photos uniquement. Valérie Grenon en a mémorisé 28.

Les mots aléatoires

Le participant a 15 minutes pour retenir le plus de mots possible sur les 400 qui sont répartis sur 4 feuilles. Il a ensuite 30 minutes pour les réécrire de mémoire sur une autre feuille. Les fautes d’orthographe font perdre des points. Francis Blondin a mémorisé 106 mots et obtenu un score de 83 points.

Carte à jouer

Le participant doit mémoriser l’ordre d’un jeu de 52 cartes. On lui remet ensuite un deuxième jeu de cartes qu’il doit replacer dans le même ordre que le premier en faisant appel à sa mémoire. Reuben Hosler a retenu samedi l’ordre d’un jeu de cartes en 1,19 minute.

Le champion du monde Alex Mullen peut retenir toutes les 52 cartes en 18,65 secondes.