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Beaudoin, Bombardier et nos 5 G$

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C’est quand même incroyable de voir à quel point le gouvernement du Québec, par l’entremise d’Investissement Québec et de la Caisse de dépôt et placement du Québec, s’implique financièrement dans les projets de Beaudoin et de Bombardier.

Les engagements financiers de Québec s’élèvent à près de 5,2 milliards, dont 4,7 milliards dans la multinationale Bombardier et 450 millions dans Ciment McInnis.

LA CIMENTERIE

De ce temps-ci, c’est le projet de la cimenterie McInnis, à Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie, qui fait l’objet de critiques. Et pour cause. Le principal actionnaire de la cimenterie c’est Beaudier inc., la société d’investissement privé des familles Beaudoin et Bombardier.

Nous, les Québécois, sommes actionnaires de Ciment McInnis à hauteur de 22 %, à la suite des deux investissements de 100 millions chacun de la part de la Caisse et d’Investissement Québec. S’ajoute à cette injection de capitaux un prêt de 250 millions d’Investissement Québec.

Notre implication financière dans Ciment McInnis s’élève donc à 450 millions. Pour le moment, s’entend! Car je ne serais aucunement surpris d’apprendre un de ces matins que le gouvernement Couillard augmente son aide financière.

Pourquoi? Parce que la construction de la cimenterie va coûter beaucoup plus cher que prévu. On évalue les dépassements de coût à 43 %. Cela représente une facture supplémentaire de 430 millions, par rapport à l’évaluation initiale (1 milliard).

La ministre de l'Économie, Dominique Anglade, a tenu la semaine dernière à réitérer sa confiance dans la «rentabilité» du projet. Et elle a affirmé «qu'aucun fonds public supplémentaire ne sera versé pour couvrir les coûts additionnels associés à la construction» de la cimenterie.

Permettez-moi d’émettre des doutes. Comment un projet peut-il s’avérer aussi rentable avec un dépassement de coût de 43 % ! Il faut rappeler que la future cimenterie des Beaudoin-Bombardier va devoir affronter une vive concurrence des cimenteries actuelles, lesquelles ne fonctionnent qu’à 60 % de leur capacité.

BOMBARDIER

Je vous rappelle les sommes engagées jusqu’à maintenant par le gouvernement du Québec dans Bombardier, la multinationale. Les engagements s’élèvent à 4,7 milliards de dollars, soit 3,3 milliards en capital-actions et 1,4 milliard en prêt remboursable par redevances.

Les engagements en question: 1,3 milliard dans la Société en commandite C Series; 2 milliards de la Caisse dans Bombardier Transport; 1,3 milliard offert sous forme de prêts aux clients du C Series; prêt de 117 millions pour le développement du C Series.

Nos engagements financiers dans Bombardier dépassent présentement la valeur boursière de Bombardier alors qu’on ne possède que 49,5 % du C Series et 30 % de Bombardier Transport.

Quand la ministre Anglade nous dit que son gouvernement a imposé à McInnis des conditions supplémentaires par rapport à son engagement financier, cela ne me rassure aucunement.

Lors de la récente renégociation de l’entente d’investissement de 1,3 milliard dans la C Series, le gouvernement Couillard a accepté de se faire couper de moitié (soit 100 millions) les droits de souscription offerts par Bombardier en retour de l’investissement.