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Le fonds d’aide pour Nathalie Normandeau choque en Gaspésie

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BONAVENTURE | Des élus gaspésiens sont choqués par l’initiative de citoyens impliqués dans l’Association libérale de Bonaventure et qui ont mis sur pied un fonds d'aide pour Nathalie Normandeau afin que l'ex-députée de Bonaventure puisse assurer sa défense lors de son procès.

Le préfet de la MRC Bonaventure et libéral notoire, Jean-Guy Poirier, n’est pas du tout d’accord avec la façon de faire des sympathisants de Mme Normandeau.

«J’ai toujours soutenu Mme Normandeau et reconnu sa contribution à notre comté. Mais j’aurais préféré que ça ne vienne pas de l’Association du parti et je ne suis vraiment pas le seul à trouver déplacé que les élus aient été directement et publiquement interpellés pour contribuer», a dit le préfet ce matin.

«Elle ne m’a jamais rien donné personnellement. Elle a très bien tenu son rôle de députée et a contribué de belle façon à la région, mais c’était son travail et personne ne lui doit rien. Je ne dis pas que je ne donnerai pas, mais je ne suis pas d’accord avec la façon dont c’est fait », a ajouté M. Poirier.

L’actuel député péquiste dans Bonaventure choqué

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy, s’est pour sa part dit choqué par l’initiative des sympathisants de Mme Normandeau. Dans un communiqué publié mardi matin, il a même demandé au premier ministre Philippe Couillard de se dissocier de cette démarche.

«Quand on voit que des enfants n’ont rien à manger pour déjeuner, que les banques alimentaires sont vides, j’ai de la misère avec une campagne pour financer la défense de Mme Normandeau. C’est une démarche indécente, un manque flagrant d’éthique», a déclaré Sylvain Roy en ajoutant qu’à son avis, les Québécois préféreraient faire un don à un organisme de leur région pour améliorer le bien-être des gens dans le besoin.

Nathalie Normandeau touchée

Jointe mardi midi par Le Journal, Nathalie Normandeau a dit être touchée par le geste de ses sympathisants et doublement touchée par le fait que l’initiative vienne du comté qu’elle a représenté à l’Assemblée nationale pendant 13 ans.

Concernant la grogne qui monte contre l'initiative, Mme Normandeau a tenu à préciser qu’elle respecte l’opinion de chacun en soulignant que personne n’est obligé de donner.

«Ça me fait du bien de savoir qu’il y a des gens qui sont sensibles à ce qui m’arrive et qui m’apprécient encore assez pour m’aider à traverser cette épreuve», a soutenu l’ancienne vice-première ministre du Québec.

Nathalie Normandeau, qui a également été ministre libérale des Affaires municipales, a été arrêtée en mars par l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Le Journal a tenté de joindre Jean Charest. Un de ses collègues au cabinet d'avocats McCarthy Tetrault fait savoir que l'ancien premier ministre libéral ne commenterait pas ce dossier.