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Piste cyclable sur la rue Rachel: cyclistes sous le viseur des policiers

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La piste sur la rue Rachel s’est transformée en «trappe à tickets» depuis le début de la semaine, déplorent des cyclistes. Juste mercredi matin, au coin de la rue Frontenac, en pleine heure de pointe, au moins 4 cyclistes se sont fait arrêter en moins de 30 minutes.

«Je lui ai dit, écoutez, je suis désolée, mais je n’ai pas vu le feu», lance Nathalie Caccamo alors qu’elle venait de se faire arrêter par un policier. «Je trouve que le vélo, c’est le moyen le plus facile de circuler en ville, mais si on fait la chasse aux vélos et qu’on met des feux n’importe où, ça ne marche pas», dit-elle furieuse, sachant qu’elle devra payer 48 $ d’amende et aucun point d'inaptitude.

La lumière qu’elle n’a pas vue, c’est celle dédiée aux cyclistes au coin des rues Frontenac et Rachel, un endroit très prisé par les cyclistes. Selon le dernier rapport de Vélo Québec, jusqu’à 7 700 vélos circuleraient quotidiennement sur la piste de Rachel, au coin de l’avenue Papineau, située à 900 mètres de là.

Signalisation confondante

Selon plusieurs cyclistes rencontrés, c’est bien le manque de cohérence de la signalisation entre les intersections qui sème la confusion.

«C’est la seule intersection dans ce coin où il y a un feu avec un petit vélo, confirme Risukè Pilon, lui aussi arrêté mercredi matin par les policiers. Généralement, on suit la signalisation des voitures, j’ai vu que c’était vert [pour les voitures] et personne ne voulait tourner, alors je suis passé.»

Le lieu serait souvent surveillé par les policiers, puisque Patrick Veillette, lui a reçu une contravention au même endroit le 21 juin dernier. «Ils reviennent régulièrement et pendant plusieurs jours», affirme-t-il.

Enjeu sécuritaire ?

À la Coalition Vélo Montréal, on s’interroge sur le caractère sécuritaire de ces interventions.

«Souvent, ces opérations ne sont pas pour des comportements dangereux, mais simplement pour une application très formelle de la signalisation, qui ne prend pas toujours en compte la situation des cyclistes», note Mathieu Séguin, porte-parole de la Coalition. Il souligne par exemple que la lumière dédiée aux cyclistes est très courte à cet endroit, entre 13 et 15 secondes, selon ce qu’à pu constater le «24 Heures».

«Encore ce matin [mercredi], avec une file de 15 à 20 cyclistes, quand le feu part, on n’a pas tous le temps de traverser, alors certains passent à l’orange et se font attraper», constate aussi Éric Léonard, qui passe là régulièrement.

Beaucoup d'efforts

Marc-André Gadoury, responsable des dossiers vélo au sein de l'Administration Coderre, dit «faire beaucoup d'efforts pour faciliter les déplacements à vélo à preuve la synchronisation des feux sur Boyer et les intersections sont une préoccupation constante pour assurer des liens cyclables sécuritaires.»

Il n’a pas été possible de savoir combien de constats d’infraction avaient été donnés par les policiers depuis le début de la semaine.

«Ce n’est pas une demande corporative, mais ça peut être une initiative locale pour une problématique locale», a indiqué André Durocher, de la Division soutien aux opérations et patrouilles spécialisées du SPVM, qui n’a pas été en mesure d’avoir des informations du poste de quartier local.

 

Ce que dit le Code de la sécurité routière pour un vélo

  • Omettre de s’immobiliser à un feu rouge ou à un arrêt obligatoire
  • 15 $ à 30 $ + 3 points d’inaptitude

Source : Société de l'assurance automobile du Québec