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Objectif: champion canadien

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Les Championnats canadiens d’athlétisme débutent jeudi à Edmonton, et j’ai une seule idée en tête: prouver que je suis présentement le plus rapide coureur de 1500 m du pays.

Ça fait deux ans de suite que j’arrive deuxième. Cette fois, j’y vais pour gagner. J’en ai assez de ne pas monter sur la plus haute marche du podium. Dans les dernières semaines, j’ai tout fait à l’entraînement pour gagner et pour démontrer que le titre national me revient.

Brannen dans les pattes

Il n’y a rien de gagné, cependant. C’est sûr qu’il y aura Nathan Brannen. Comme moi, il a réussi le standard olympique et il doit aussi terminer parmi les deux premiers pour être sélectionné officiellement pour les Jeux de Rio. Ça s’annonce encore comme un duel entre lui et moi.

Je suis compétitif moi aussi et j’ai particulièrement envie de le battre parce que ça fait deux ans qu’il me joue le même coup en se rangeant derrière moi pour attendre les 50 derniers mètres afin de me dépasser. Quand tu es toujours celui qui va en avant et qui fait le travail pour les autres, ça devient un peu choquant de subir ce traitement.

Une fois sur la piste, il y a un peu d’animosité entre nous deux, mais lorsqu’on est ensemble dans des camps d’entraînement, il n’y a pas de problème. Je ne suis pas quelqu’un de rancunier et quand on se voit ailleurs que dans un contexte de course, on est bien «chummy».

Il pourrait y avoir une autre menace dans le décor qui s’appelle Justyn Knight, de Toronto. Il a seulement 19 ans et il est extrêmement talentueux. Ce qu’il y a de particulier avec lui, c’est qu’il est d’abord un coureur de 5000 m et que, malgré son jeune âge, il a raté la qualification olympique sur cette distance par seulement une seconde. C’est un peu crève-cœur, alors il a décidé de tenter sa chance au 1500 m.

Mettre l’accent sur les Jeux

Ces Championnats canadiens sont importants à mes yeux parce que ça fait deux ans que je finis deuxième et que je vise de devenir champion national, mais tout mon entraînement de la dernière année a été planifié en fonction des Jeux de Rio. Étant donné qu’on est juste deux coureurs à avoir réussi le standard au 1500 m, j’avais le luxe de prioriser mon entraînement pour les Olympiques.

Il y a un bon niveau d’athlétisme au Canada, mais on n’a pas nécessairement la profondeur d’autres pays, ce qui est un avantage. Si je compare les essais olympiques des États-Unis avec les nôtres, c’est tellement compétitif que leurs athlètes n’ont pas le choix d’arriver au sommet de leur forme à leurs championnats américains pour terminer dans le «top 3» de leur épreuve. Ils doivent ensuite prévoir un autre sommet une fois qu’ils seront rendus aux Jeux.

Ce n’est pas notre cas. Après les essais, il me restera plus d’un mois pour me consacrer à un autre cycle d’entraînement et arriver prêt aux Jeux.

J’avais hâte à cette fin de semaine à Edmonton. Avant tout, ces essais olympiques sont des Championnats canadiens, et c’est toujours l’événement le plus le «fun» dans une année. Il y a une belle camaraderie entre les athlètes.

Il est rare qu’autant d’athlètes canadiens soient rassemblés sur une même ligne de départ. Ça devrait donner de bonnes courses. Surtout au 1500 m!

− Propos recueillis par Alain Bergeron