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Violence raciste : ça suffit!

Martin Luther King
Photo Archives Reuters Le combat inachevé de Martin Luther King...

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2016 – malgré le temps qui passe et un premier président des États-Unis lui-même noir, des Afro-Américains tombent encore et toujours sous les balles de policiers blancs.

En deux jours à peine, deux nouvelles victimes. Un homme noir tué par balles par un policier dans le Minnesota et un autre, en Louisiane.

Et dans les deux cas, des vidéos filmées sur le coup par leurs proches. Même incomplètes, même en respectant la présomption d’innocence des policiers, ces vidéos sont révoltantes de déshumanisation.

Dans les deux cas, encore et encore, des policiers paniqués, irrationnels.

Encore et encore, des tirs qui cherchent à tuer.

Encore et encore, l’inextricable impression que ces hommes noirs seraient encore vivants si seulement, oui, si seulement, ils n’avaient pas été noirs au mauvais endroit et au mauvais moment...

La seule «arme», si l’on peut dire, restant encore à leurs proches étant ce pouvoir, nouveau, de «filmer» ces horreurs et de les diffuser rapidement à travers le monde.

Si cette nouvelle «arme» ne ramène pas les morts, elle expose néanmoins un des derniers bastions d'un brutalité raciste entêtée: le pouvoir autoritaire des forces policières.

***

Le «discours» politique officiel aux États-Unis n’en parle évidemment pas trop.

Après tout, comment le «gendarme» de la planète pourrait-il se regarder lui-même crûment dans le miroir au risque d'y voir le reflet d’un «gendarme» qui se retourne encore trop souvent contre les siens ?

Et ce, en même temps qu’aujourd’hui, ce matin même, John Lewis, membre démocrate du Congrès américain et activiste de longue date pour l’égalité des droits et contre le racisme tweetait ceci :

«55yrs ago today I was released from Parchman Penitentiary after being arrested in Jackson for using "white" restroom.»

Traduction: «il y a 55 ans, aujourd’hui, j’étais libéré du pénitencier Parchman après avoir été placé sous arrestation pour avoir utilisé une salle de bain réservé aux «Blancs».

Depuis, bien des avancées dans la lutte pour les droits civiques aux États-Unis ont heureusement été faites. Une telle arrestation serait impensable aujourd'hui.

Or, de toute évidence, le démon pervers du racisme n’y a pas encore été terrassé pour autant.

Tant que des hommes et des femmes noirs innocents trembleront de peur à la seule vue d'un policier aux États-Unis, le combat de Martin Luther King restera inachevé.