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Subban: Molson a vu venir le coup

Geoff Molson assure que son directeur 
général ne magasinait pas les services de 
P.K. Subban.
photo d’archives, pierre-paul poulin Geoff Molson assure que son directeur général ne magasinait pas les services de P.K. Subban.

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Geoff Molson s’en remet à la formule d’usage quand on lui demande s’il a entendu des échos négatifs au sujet de P.K. Subban à l’intérieur de son organisation avant «l’Échange».

«Je reste en contact étroit avec les joueurs durant la saison, commence-t-il par dire.

«De temps en temps, je leur parle de choses importantes. À d’autres occasions, ce l’est moins.

«Je n’ai pas été surpris lorsque Marc [Bergevin] est venu me voir pour discuter du dossier Subban.» – Geoff Molson

«Cela dit, je ne discuterai jamais de ces conversations sur la place publique parce que cela doit rester dans le vestiaire.

«Par contre, je n’ai pas été surpris lorsque Marc [Bergevin] est venu me voir pour discuter du dossier Subban.»

Si on lit bien entre les lignes, le départ de Subban était dans les astres. On aurait dû le comprendre quand Bergevin a déclaré dans son bilan de saison qu’aucun joueur n’est à l’abri d’une transaction depuis le jour où Wayne Gretzky est passé des Oilers d’Edmonton aux Kings de Los Angeles.

En ajoutant que les services de Subban n’étaient pas sur le marché, mais qu’à titre de directeur général il avait le devoir d’étudier toute offre valable pouvant lui être soumise pour un de ses joueurs, il avait laissé la porte grande ouverte.

Rumeurs et spéculations ont embrasé les médias et les réseaux sociaux.

Pour plusieurs, P.K. était destiné à prendre le chemin d’Edmonton parce que les Oilers possédaient ce qu’il faut pour combler les lacunes du Canadien dans ses deux premiers trios.

Taylor Hall, ç’aurait été bien pour le premier trio, mais Oscar Klefbom pour remplacer Subban à la ligne bleue, ça ne tenait pas la route.

Coup de fil inattendu

Il y a eu une période d’accalmie, mais les tractations ont repris de l’ampleur lors de la fin de semaine du repêchage. Là encore, Bergevin a tenu des propos qui donnaient lieu à interprétation.

«Des gens pensent que Marc ne disait pas la vérité lorsqu’il affirmait ne pas magasiner les services de P.K., continue Molson.

«C’était pourtant bel et bien le cas. Il écoutait ce que ses homologues avaient à lui dire, comme il le fait toujours. C’est quand Nashville nous a donné un coup de fil qu’on a convenu qu’il fallait explorer cette possibilité.»

Le directeur général des Predators, David Poile, offrait en Shea Weber un joueur qui méritait pour le moins d’être pris en considération.

Bergevin a analysé la situation avec ses hommes de hockey durant deux jours. Comme il le fait depuis qu’il l’a embauché, Molson a appuyé sa décision.

Car à partir du moment où un propriétaire d’équipe commence à s’interroger ou à remettre carrément en question les gestes de son directeur général, c’est le commencement de la fin.

Geoff Molson assure que son directeur 
général ne magasinait pas les services de 
P.K. Subban.
Photo d'archives

Inondé de messages Twitter

Bergevin joue gros dans cette histoire. Dans son esprit, il a fait son travail, qui consiste à mettre la meilleure équipe sur la glace.

Molson et lui savaient que la transaction provoquerait une onde de choc. Mais ils sont allés au bâton.

«P.K. est un être plus grand que nature sur la glace comme dans la vie de tous les jours, dit le président et chef de direction du Canadien.

«Les amateurs l’adorent et il en sera toujours ainsi. J’ai reçu beaucoup de messages sur mon compte Twitter. La plupart des gens ne comprennent pas parce que P.K. est un joueur de hockey extraordinaire et qu’il est très impliqué dans la communauté montréalaise.

«La bonne nouvelle, c’est qu’il va continuer à donner son appui à l’Hôpital de Montréal pour enfants. Mais il ne faut pas oublier le soutien que le Canadien apporte à toute la communauté québécoise.

«Notre fondation a distribué au-delà de 18 millions à la jeunesse québécoise depuis 12 ans. Nous avons ouvert notre septième patinoire Bleu Blanc Bouge à Laval l’hiver dernier.»

On parle d’un investissement de 1,4 million donné par la Fondation du Canadien pour l’enfance.

C’est un montant substantiel.

La victoire fait foi de tout

N’empêche que le départ de Subban va laisser des traces un certain temps.

Quantité d’opposants n’ont pas mis de gants blancs pour faire connaître leur opinion à Molson.

C’était même cru dans certains cas.

Le propriétaire du Canadien a redirigé sur-le-champ les commentaires agressifs et haineux vers la poubelle de son compte Twitter.

Pour ce qui est des autres messages réprobateurs, il se donnera une période de réflexion avant de répondre, comme il a l’habitude de le faire dans ces cas.

Mais en fin de compte, il est solidaire de Bergevin.

«Marc a très bien fait les choses ce printemps afin d’améliorer notre équipe, reprend-il.

«C’est une décision très difficile qu’il devait prendre et je le soutiens sans réserve.

«C’est important que les joueurs s’impliquent dans la communauté. Mais il est très important aussi qu’on gagne.»

Le meilleur marketing demeure la victoire, c’est bien connu. Et, à cet égard, les dirigeants du Canadien peuvent s’estimer chanceux que leurs partisans aient une patience d’ange!

Bergevin est passé à autre chose

Geoff Molson assure que son directeur 
général ne magasinait pas les services de 
P.K. Subban.
Photo d'archives

Marc Bergevin avoue avoir eu de la difficulté à dormir la nuit précédant l’annonce de la transaction-choc impliquant P.K. Subban et Shea Weber. Mais il dort très bien depuis que c’est fait.

«J’ai tourné la page, on va de l’avant», a-t-il dit hier, lors de la conférence de presse confirmant le déménagement du club-école du Canadien à Laval pour la saison 2017-2018.

Pourparlers rapides

Dans une entrevue publiée en fin de semaine dernière sur les sites francophone et anglophone de la Ligue nationale, le directeur général du Tricolore a raconté en détail le déroulement de ses pourparlers avec son vis-à-vis David Poile.

Bergevin était sur la route entre Toronto et Buffalo le jour de la première ronde du repêchage lorsque Poile l’a appelé pour lui demander ce qu’il pensait d’un échange Subban-Weber, tout en lui indiquant qu’il n’était pas certain lui-même de sa pertinence.

Bergevin lui a répondu la même chose, tout en ajoutant qu’il vaudrait mieux laisser passer le repê­chage avant d’en discuter concrètement.

Les deux DG se sont reparlé le lundi et ils ont convenu de reprendre le contact le mardi. Le mercredi, c’était officiel.

Autres joueurs mentionnés

Bergevin mentionne aussi dans le texte signé par Dave Stubbs, ancien journaliste au quotidien The Gazette, que Poile et lui ont tenté d’ajouter plus de joueurs dans l’échange. Mais ça n’a pas fonctionné.

«L’appel de Poile m’a surpris, m’a dit Bergevin hier.

«Dans toute transaction, il faut s’assurer d’obtenir quelque chose qui va aider l’équipe. P.K. et Weber sont des défenseurs talentueux, mais différents. Weber est le type de joueur qui nous manquait.»

Qu’on soit d’accord ou non, Bergevin a comblé les lacunes qu’il avait identifiées dans sa revue de la saison.

Il a obtenu du leadership avec Weber, du caractère avec Andrew Shaw et du talent offensif avec Alex Radulov, tout en mettant la main sur deux joueurs (Weber et Radulov) qui devraient rehausser la qualité de l’attaque à cinq de son équipe.